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30.04.2007

Deuxième partie

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- Qu’est-ce qu’il fait celui-là ? s’étonne Madame Cabic, à la vue de ce torse nu au-dessus duquel un visage large profite de la brise sous ses cheveux châtain clair de quatre centimètres, en réglant ses jumelles et en écartant un peu les stores.

    Une petite demi-heure plus tard, une longue voiture rouge métallisé, toute en courbes, passe à vitesse réduite devant la maison des Cabic. A son bord, entre le volant et le dossier du siège avant gauche, un grand homme calme ayant une parfaite maîtrise de ses mains et répondant au prénom d’Alain. On distingue derrière, à travers la vitre teintée, la silhouette mince et molle de Guillaume Louville, assis dans un confortable siège de cuir noir et vêtu d’un costume noir et d’une cravate vert foncé. A ses côtés, une femme.

- Ils sont partis… Ça doit être aujourd’hui le grand jour. Tu crois qu’il nous aurait invité, tiens !

- Oui enfin,… on lui parle une fois toutes les trois semaines pour parler du temps, il nous prend pour des cons et on n’a jamais pu le piffrer. On l’a pas invité à notre anniversaire de mariage…

- Oui, mais je me serais bien vue, une coupe à la main, dans les jardins du ministère…

- Et tu te serais vue aussi assise parmi les gros cons en costard les bras croisés face à l’autre clown, derrière son pupitre bleu blanc rouge en train d’énumérer les nombreuses qualités de ce cher Guillaume, qui nous a quand même bien emmerdé pendant des années...

- Oh, bien emmerdé… T’y vas un peu fort, non ?

- Fort? Parce-que pour toi le mec qui fait détruire nos fleurs par son pote le maire pour faire venir le trottoir jusqu'ici, à deux kilomètres de la ville, qui fait couper les arbres de tout le hameau pour construire sa palissade ultra-moderne, qui fait s'arrêter tout le monde tellement ils sont surpris de voir ça ici, qui ramène les flics dès qu'un oiseau se pose sur son portail, qui s'arrange pour qu'on ne puisse pas vendre les terres... Ça c'est pas emmerder ses voisins, sans doute!

- Oui bon...

- Tu te vois, après tout ça, écouter calmement le ministre vanter son humanité, son altruisme, sa compétence en relations, sa...

- C'est bon, j'ai compris...

- Et puis quand sa femme s'emmerdera devant les petits fours avec un gros bedonnant fils de bourge, le trouver aux toilettes avec la dernière des secrétaires...

- Oui bon d'accord, j'ai compris! Viens plutôt voir ça... C'est le fils de Gabi, regarde... Qu'est-ce qu'il fait?

- Ah le saligaud... Il perd pas son temps oui! Tu m'étonnes qu'il soit devenu comme ça avec les fréquentations qu'il a!

Voir troisième partie

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