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04.05.2007

Troisième partie

Non non, je ne parlerai plus des élections.
J'irai la tête basse voter pour Royal.
Que chacun fasse ce qui lui plait!
Racontons-nous des histoires, ça vaut mieux.

Voir première partie
Voir deuxième partie
...

  • Qu'est-ce qu'on fait?

  • Bô, rien! On n'est pas concernés après tout!

  • Sacré Gabi... J'sais pas où il l'a pêché celui-là... A moins que ce soit sa femme qui lui ait transmis ça...

  • Oh, tu peux te moquer, mais en attendant, nous on n'a pas d'enfants et il est plutôt sympa l'garçon. Comment ils l'appellent les jeunes? Zic, j'crois bien.

  • Zic? Et d'où ça sort ça? De triphasique ou quelque chose comme ça!

  • Mais non c'est triphasé. Et puis ça n'a aucun rapport! Tu vois le mal partout.

  • Je me demande ce qu'il prépare avec cette fille-là. Elle m'a jamais adressé plus que bonjour celle-là...

  • Et toi? Tu lui as dit d'autres choses?

  • Oui bon...

  • Bizarre qu'il n'y ait pas d'alarme, aujourd'hui...

  • Tu parles, elle doit bien savoir comment désactiver tout ça la fouineuse.

  • Et lui fait des études d'électricité ou quelque chose comme ça.

  • Oui... Si les handicapés peuvent faire de l'électricité alors j'vais p'têt' bien aller à Hollywood!

  • Oh! ...Oh, oh, oh... T'es... Ah.

  • Ben quoi! Y a pas de classes sociales ni rien du tout... Je vais tenter ma chance.

  • Ouais. Quoi de neuf à la fenêtre?

  • Rien de bien passionnant... Ils sont montés dans la maison, le portail est resté ouvert.

  • Bô, je continue mes mots croisés. Préviens moi s'il y a du nouveau.



  • Oh là là... Amène-toi vite fait. C'est pas tous les jours qu'on voit ça!

  • Quoi?

  • Regarde là à droite, le car...


    Sur le bas côté vient de se garer un long car blanc qui a l'air plus qu'usé. La porte avant s'ouvre lentement... Un grand homme noir, maigre, sans âge, pose un pied à terre en s'agrippant à la carrosserie, jette un regard - qui entraîne ses dreads longs d'un bon mètre en avant - vers la maison, lance un rire aigu, cassé, convulsif, un sourire large sur le visage.C'est un artiste, un animal. Alors il fonce vers les soutes qu'il ouvre et sont il sort tout un tas de matériel pendant que dans l'encadrement de la porte apparaissent, les uns après les autres, des dizaines d'individus de toutes sortent qui sortes, qui sortent, inépuisables, jusqu'à former un sacré groupe sur le faux-trottoir: des jeunes filles noires aux cheveux tressés et colorés, des jeunes hommes blancs en survêtement, des asiatiques en habits inconnus ou en costume, des filles arabes avec un voile sur la tête, d'autres blancs avec des habits d'enfants des années 90, des jeunes rebelles aux vêtements déchirés, d'autres dreads sur de l'original, du presque nu, de l'indien, rien de cohérent. Et ils sont bruyants. Ça rit, ça crie, ça baragouine des langages inconnus. Et puis ça s'étale, près des murs, ça observe, ça cueille des fleurs... Puis le grand noir torse-nu du début lance sa voix cassée dans un cri plus grave... La troupe se reforme puis se disloque à nouveau, chacun munit de tréteaux, d'une caisse, d'une plaque, d'une baffle... Et un par un, à la queue-leu-leu, ils passent le portail de la grande maison de Guillaume Louville.

  • Incroyable!

  • Quand il va voir ce désordre!

  • C'est super...

  • Un vrai bordel oui. Mais c'est vrai que ça à l'air bien.

Voir quatrième partie

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