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23.08.2007

Bon allez, demain j'arrête la télé!

Tout à fait! J'ai encore regardé les Z'amours. Ben oui. Bon ben oui ça va! Ils étaient dans le public, mes jeunes de l'autre fois. J'ai vu Aurore. Ils doivent enregistrer je sais pas combien d'émission dans la foulée, avec à peu près le même public... Et cette fois, j'ai vu autre couple passionnant. Georges et Alice. Beaucoup moins beaux. Beaucoup plus vieux. Même pas des beaux vieux. Des vieux difformes, des vieux moches, répugnant les adolescent.

Pourtant ils m'ont plu. Pas tout de suite, il a fallu que je les écoute un peu... Ils étaient complètement décalés. Lents, décalés... Des Parisiens ayant quitté Paris pour s'installer dans un bled pourri d'une centaine d'habitants. Comme ça. Ayant fait un métier assez pourri à priori. Elle, Alice, elle était montée à Paris pour être prof de dessin. Mais elle a rencontré Georges, qui l'a emmenée au 42ème ciel, disent-ils, alors elle l'a suivi dans son affaire.

Elle est montée à Paris. Mais de où? Je vous le donne en mille: de Bretagne. Et voilà qu'elle y va, elle, la bonne vieille déformée, simple, tranquille, face au flot de clichés à la con que nous sort le brave Tex (« ah vous êtes Bigouden et gnagngagna... »... Ben non elle vient de Quimper. Abruti. Mais bon c'est pas de ta faute). Et elle balance « Peus 'ket mezh? » (t'as pas honte?) quand ce petit présentateur lui demande de nous sortir des instultes en breton. Elle n'avait pas honte, elle, contrairement à plein de vieux d'ici. Elle était ce qu'elle était, sans se poser de questions. Comme elle avait échappé à la Bretagne juste avant que l'Etat français atteigne réellement le peuple. Elle dira d'autres chose, après, poussée par son mari. Une langue brute. Ivi Kromm aurait bien fait un peu de dialectologie avec elle (Eh oui, Ivi a une petite formation universitaire...). En tous cas, autre chose que la présentatrice de la « Carte aux trésors » de l'autre fois... Elle disait qu'elle s'excusait auprès des « puristes » et puis avait déclamé quelque chose d'incompréhensible. C'était la base de l'indice. Elle aurait pu demander à quelqu'un de lui noter ça en phonétique... Elle a préféré s'excuser auprès des puristes. Vous croyez qu'elle aurait dit ça sur une autre langue, Allemand, Espagnol...

Allez, pour deux vieux sympas qui s'en foutront, et pour la culture de Nathalie Simon (qu'est pas si mauvaise que ça dans le fond...), la prochaine note sera un petit poème en breton. Ça parle d'une fleur... Alice ne savait plus comment on disait « amour » en breton, et bien voici la preuve qu'on peut faire des exercices de style cul-cul dans toutes les langues (et encore Ivi en est assez fier)!

22.08.2007

Chant

Vous avez les bras longs, vous pouvez tout atteindre
Mon argent, ma maison, je ne possède rien
Si tout n'est qu'illusion - car vous savez tout feindre
C'est que votre bastion est le plus vieux terrien.

Saison après saison, il a gagné en force
Aujourd'hui ses tours sont au-delà du possible
D'où vous voyez les fonds les plus creux de l'écorce:
Les ports sont des prisons, les refuges des cibles.

Mais il reste un domaine à l'accès tortueux
Invisible, intouchable, il résiste à vos ondes
Acceuille et s'enrichit, alimentant la fronde!

Ainsi s'il m'arrivait d'échouer à ce jeu
Qu'est pour moi d'échapper aux cachots matériels
J'échapperai encor, ressourcerai ma moelle!

Début août 2007

21.08.2007

Dans la tête d'Ivi Kromm 3

Qui a cru que cet été, l'actualité était vide? Elle bouillonne!

On s'en fout de cette loi sur les grèves. Ce droit, il se prend, il ne se négocie pas. Comme le droit de vivre. Comme on l'entend. Ne plus avoir peur, de personne, ni de la grande gueule ni de l'handicapé, ni du CRS ni du clodo, ni du mafioso ni du costard-cravate. Ne plus avoir peur de rien. Vivre avec les risques de la vie. Laisser à l'homme le choix de prendre un risque si ça lui chante. De remettre sa propre vie en cause. Pas de permis pour tout et n'importe quoi, pas de cage en coton, pas de contrôle permanents, pas de proctection ettouffante. Reconnaître à l'homme le droit de mourir. Le droit de réflechir aussi.

Est-ce que la mort c'est fun? Devons-nous aller rire là où d'autres sont morts? Est-ce que le deuil doit avoir une durée précise? Doit-il exister? Doit-on chercher à comprendre pourquoi on rit? Et si ça ne valait pas le coup, finalement, est-ce qu'il est interessant de risquer sa vie pour de la merde? Encore faut-il savoir que c'est de la merde. Encore faut-il se poser, les doigts de pieds en éventails sur un bout de banquette et écouter Yolande Moreau vous parler de Maria Dolores, sa poule, pour réfléchir, à tout vite fait, avant de faire quoi que ce soit. Vivre lentement pour pouvoir vivre à fond. Pas suivre les foules. Se méfier un peu. Pas faire partie de ces grosses foules qui écrasent tout sur leurs passages, celles des rave parties ou des rassemblement manouches, ces bonnes grosses foules pleines de bon sentiments comme l'éléphant dans la fourmillière.

Ecouter ce tribunal de merde qui se permet d'interdire une grève. Couper les infos quand comencent les sujets de saisons, les vidéos que font les journalistes pour s'amuser, se détendre, avec des jeux de mots et des bribes de musiques, que le présentateur conclue en général d'un sourire consensuel insupportable.

Et pour finir, refuser le savoir-vivre. Ne pas aimer les coupes du monde. Ne pas parler anglais. Cracher par terre. Ne jamais se mettre en ordre, en file d'attente, ne jamais se ranger. Si possible, ralentir l'économie. On n'en peut plus. On va en crever de l'économie. Foutons-nous de sa gueule. Puisque l'UMP met ses valets aux commandes de TF1, mettons Benjamin Castaldi au commandes de l'UMP. Peut-être qu'enfin il réussira à nous faire rire.

Vous savez qu'il déconne pas, là, Ivi Kromm.
Il déconne pas un poil.
On en est limite à la résistance.
Une douche froide, pour se calmer.
Et un sonnet.
Ecrivez donc des sonnets! Tous!

Si vous avez lu cette note, écrivez un sonnet. Mettez le temps qu'il vous faudra, écrivez ce que vous voulez, lâchez-vous. Ça fera du bien à Ivi Kromm. Il sentira que vous êtes vivants! Et avec un peu de chance, ça vous fera du bien à vous aussi.

15-16/08/07

20.08.2007

Dans la tête d'Ivi Kromm 2

Un enfant disparaît
Ça paraît ridicule.
Mais alors notre roi
Croyez-vous qu'il est fou?
Ou qu'il le fait exprès
De garder son sérieux?
Il dit qu'il ne boit pas
Mais faut-il qu'il soit saoûl!
C'est qu'il me rend muet
Quand tous grommelent un peu
Comme si débat il y avait!
Arrêtez la pendule!

Pause!

Non mais sans blague!

Il est tellement énorme que ça en devient grotesque! Toute cette mascarade, ça peut pas être vrai quand même! Ça peut pas être ça de la « politique »! Stop, là, car le plus gros risque c'est de se prendre au jeu, de rentrer dans sa façon de voir, comme un psychiatre convaincu par un fou! Ne dîtes plus un mot, ne répondez plus à rien, arrêtons-nous, point! Ne faisons plus rien. Grève générale. Avant la loi. Parce que c'est grotesque mais ça va devenir réel si on laisse faire! Et on laisse faire, ce qu'il a promis, remettre la France au travail! Supprimer les grèves, que les derniers naïfs voient ce qui s'est passé à Nuremberg (hasard ou réalité scientifique) la semaine dernière, supprimer les grèves, donc, et sur notre temps personnel, nous faire des « ALERTE! On ne sait rien du tout mais surtout, on ne sait jamais... ». Vous trouvez ça sécurisant, vous?

Mais non, je déconne, bien sûr qu'il n'y aura pas de grève générale. Il n'y a plus d'hirondelles, vous avez entendu? Des fois je me demande si on a tous les mêmes infos, comme je vous parle des hirondelles, de Nuremberg... J'entends au sommaire du 13h de France Inter un début de scandale sur Roselyne Bachelot, je vais manger devant la télé... Pas un mot. Ni France 2, ni TF1. Mais c'est bien ça, en quelques années, je sais plus moi, peut-être un demi-siècle, moins 80% d'hirondelles dans notre beau pays. Elles sont où, vous croyez? Elles sont toutes tombées dans le nid de coucous.

Faut le cramer, ce nid. C'est plus possible.

Et si on pouvait cramer Benjamin Castaldi avec, Ivi Kromm se sentirait beaucoup, beaucoup mieux.

19.08.2007

Dans la tête d'Ivi Kromm 1

 - Vous comprenez, bien sûr que vous avez le droit de faire grève, d'avoir des revendications. Mais vous devez comprendre que nous, à la direction, on tiend compte de ce que vous dîtes, mais on a aussi l'oeil sur les comptes, sur les investissements, les charges... Vous voyez, si vous faîtes grève et que l'on perd trop de contrats, que se passera-t-il à votre avis? Eh bien l'entreprise sera en situation de déficit et nous devrons licencier. Alors oui, on veut bien des grèves, oui, mais dans une certaine limite, et c'est du bon sens, sinon c'est la porte ouverte au n'importe quoi. D'ailleurs, tiends, comme par hasard, un sondage vient de tomber: 95% des français sont d'accord. Ben oui: ils sont comme nous les français, ils veulent bien que vous disiez ce que vous voulez, mais si vous les bloquez ça deviez gênant quand même. On est donc bien d'accord qu'il faut mettre des règles. D'ailleurs c'est la loi. Elle dit que le droit de grève, en France, s'exerce dans les modalités fixées par les législateurs. Nous sommes tous d'accord: le patronat, les français, les législateurs... Et vous? Vous ne pouvez pas bloquer la France pour vos petits problèmes... Merde à la fin, je le dis comme je le pense, ce n'est pas parce-qu'il vous manque quelques euros que vous avez le droit de bloquer la croissance de l'Etat! Et qu'on ne me parle pas d'intérêt collectif! Qu'est-ce que c'est ça si ce n'est pas de l'intérêt collectif? D'autant plus que je vous le rappelle, à long terme la grève est un danger pour vos emplois!

 

ALERTE ROUGE! ALERTE ROUGE! ALERTE ROUGE!

Un petit garçon a disparu. Il de longues chaussettes Nike, pratique ce logo pour reconnaître les enfants disparus, n'est-ce pas? Il a disparu à Roubaix, mais qui sait, vous le verrez peut-être? Il pourrait être n'importe où! Les flics prennent l'apéro, alors regardez tous par la fenêtre, vous le verrez peut-être... Si vous le voyez, n'intervenez pas! Appelez Sarkozy. Ou plutôt Alliot-Marie, lui est en vacances avec des milliardaires aux Etats-Unis. On jugera le coupable dès le retour de l'horrible Mme Dati qui est avec lui. Et c'est bien normal. Et c'est bien normal qu'elle est été nommée ministre puisque c'est une amie proche de Cécilia, qui je vous le rappelle a dénoué un conflit vieux de dix ans sur la scène internationale en moins de deux. Alors!

HOP! HOP! HOP!

Ça y est on l'a retrouvé! C'est sûrement grâce à vous... Comme quoi ça valait la peine de vous emmerder pendant Cold Case Affaires Classées, hein? Et vous avez vu au Journal la fille Bétancourt qui confirme que Sarkozy va dans le bon sens? Alors, puiqu'on vous le dit! Habituez-vous à ces alertes, au fait, parce qu'il y en aura de plus en plus, maintenant, dès qu'il faudra vous re-stimuler un peu, dès que vous vous relâcherez, par exemple sur cette loi sur le droit de grève. On vous a expliqué que c'était bien, que les français étaient pour, alors vous êtes qui vous pour aller contre la volonté des Français?

18.08.2007

Attends, là...

Lui, il voudrait le faire tout le temps, dès que les petits sont couchés. Il n'arrête pas de l'appeler pour lui dire qu'il l'aime... Et il l'aime, j'crois bien. Il avait seize ans quand il l'a encontrée. Avec sa petite gueule de beau gosse, son visage... fin, ses traits bien définis, il avait dû en séduire déjà une bonne louchée, mais quelque chose a fait que cette petite blonde de quinze ans, il l'a trouvée belle et voilà, ça fait quatre ans.

Quatre ans dans la face, quatre ans d'un amour de jeunesse sans grand intérêt, croyez-vous? Quatre ans à se priver d'une vie plus vagabonde? C'est tout l'inverse. Vingt ans. L'âge où tant de petits fils et petites filles à papa sont encore en crise, ou tant d'étudiants glandent sur des terrases, ou tant de guignols s'habillent chez Nike et se donnent des airs ridicules pour traverser la rue. D'ailleurs les miens, là, ceux dont je vous parle, Aurore et Kevin, ils ont leurs petits côtés comme ça. Ils passent inaperçus dans ce flot de jeunes. Grands, beaux, habillés selon les derniers critères à la mode... Elle est maigre, bien coiffée, avec un pantalon serré et un « haut bleu azur » moche, étroit, qui met sa poitrine en valeur. Il a un genre de chemise large aux épaules pour les larges d'épaules et un jean bien droit, du gel dans les cheveux en brosse, on va dire. Il a l'air fin et musclé. Ils iraient bien en boîte. Et pourtant... Ce petit couple de petits cons sont des jeunes parents. Leur petite fille est née quand Aurore débutait son année de terminale, le petit garçon il y a dix mois, avant qu'elle ne décide de se lancer dans une fac de médecine. Cette pétasse qui rigole tout le temps est en fait une jeune femme courageuse, qui à dix-neuf ans se lance dans une filière sélective avec deux enfants en bas-âge dont une avec laquelle elle a passé son bac. Et l'air de rien, comme si c'était simple! Elle s'en fout, elle le fait, elle n'attend pas de compliments! Lui, il est cuisinier. Il a fait un CAP. Il ne connait pas le mot « culinaire », il a d'ailleurs peu de vocabulaire et s'exprime mal. Il est beau, très beau, il sourit, il rigole, il accepte qu'on se moque de lui, et il adore sa vie, on dirait, il aime son petit resto sympa pas trop près de Paris ou il fait des « plats du jour », des entrecôtes et d'autres viandes pour des menus à 9 et 15 euros. Ils ont un appart.

Alors je sais pas, peut-être qu'elle est ridicule de s'engager dans la médecine, peut-être que c'est leurs parents qui s'occuppent tout le temps des gosses, peut-être... Je ne connais rien de leur vie et ils illuminent ma pauvre télé. Ils ont juste l'air heureux. L'air de dire « On est amoureux, on est super bien ensemble, on a fondé notre famille alors qu'on à peine quitté la notre et c'est génial, on est vivant et on est bien, voilà. Et on va le rester. » Ils ont l'air magnifique.

Vous savez où je les ai vus ces gens? A la télé, oui, en prenant mon petit déj' vers onze heures et demie. A cette heure là, il y Joël Robuchon, Le destin de Lisa et Les Z'amours. Si je m'attendais à voir ça aux Z'amours. C'est con les Z'amours, non?

Et c'est con cet espèce de ton solennel que je prends dès que j'ai été émerveillé par quelque chose, par exemple aussi les échasses dans les festivals médiévaux ou autre. Vous voyez pas le rapport? Ça m'émerveille. J'me détends. Ben là, j'ai été émerveillé. J'ai eu envie de les connaître, comme d'autres ont envie de rencontrer les « stars », et en les voyant, ils se mettent les mains sur la bouche grande ouverte, comme leurs yeux sont prêts à verser une petite larme d'émotion. J'étais un peu dans cet état là, mais un peu plus amusé, parce-qu'ils rigolaient, je partageais sans les connaître. Etre dans cet état-là devant France 2 à onze heures et demie, je vous raconte pas, je dois être la pire victime de la télé au monde.

J'm'en fous. Ça fait du bien de voir des gens bien.

Mes chers Aurore et Kevin, si vous tombez sur ma note... Ouais, bon, si vous tombez sur ma note, par hasard, tout est possible après tout... Un grand salut de la part d'Ivi Kromm. Avec toute mon amitié.

17.08.2007

Où tu veux en venir?

Environ 21h30. Une gare silencieuse, que les guichets électroniques, les horloges digitales et toutes les autres formes de nouvelle modernité n'ont pas encore envahie. Ils ne le feront sans doute jamais. Pas assez rentable. Devant, un muret de briques, deux, même, aux milieux desquels trônent des fleurs colorées et parfumées, en harmonie avec le chant des oiseaux qui ne se couchent pas avec les poules.

Moi, assis sur un bord du muret de droite, et le chant de mes narines grasses dans mon odeur de merde et de tabac. Je ne suis pas un clochard. Juste un jeune en rade...

Un chat! Là-bas, sur le parking aux trois quarts vide – seize voitures pour une bonne quarantaine de places... – le temps que je compte, il a déjà disparu. Il était prêt à bondir, les pattes arrières fléchies, les moustaches aux aguets, remuant la queue... Mais le revoilà qui longe le trottoir et qui me jette un regard interrogateur avant de passer à travers la barrière qui nous sépare des voies.

J'aimerais bien être un chat! Et je parle très sérieusement! Et non, je ne suis pas dingue! Ce chat libre de ses mouvements, qui va et vien à son bon vouloir, sans autre préoccupation que sa distraction, car il n'a rien à payer, à donner, à feindre. Il vit. Le reste du temps, il dort. Je dormirais bien, mais mon muret n'a pas le confort de son supposé canapé.

Finalement, un TGV rompt sa ballade et mon fantasme en traversant notre espace commun à toute vitesse. Il ne s'arrête pas, bien sûr. Si des trains s'arrêtaient plus souvent ici, je ne serais pas là à disserter sur un chat qui vient de toutes manières de regagner la rue... disons plutôt la route, peu séduit sans doute par le sifflement de cet énorme serpent.

Tiens! Quelqu'un s'arrête le long du parking, là-bas... Un homme gros... Démarche engourdie... Je dirais bien « bourru ». Est-ce bien cela, « bourru »? Pas sûr, mais le son du mot lui va comme une moufle. Il baragouine à voix haute des mots incompréhensibles, entre dans la cabine téléphonique, déclame sa part d'un dialogue aussi court que brumeux puis retrouve sa voiture et file.

Deux voitures rouges, trois blanches, une verte. Le reste: du métalisé, du gris, du marron, du bleu foncé, du noir... De l'indivisible. La rouge c'est celle d'une jeune fille. Je l'ai vue sortir tout à l'heure. Deux autres éléments à noter dans cette cour: un arrêt de car du conseil général et un monument à la mémoire de la « bataille du rail ».

En face, une grosse bâtisse baptisée « O'Term ». Fermé, bien sûr, le « bar, snack, chambres » à la barrière rouge et blanche. On imagine l'intérieur en piteux état. Par dessus le haut toit orné de deux grosses cheminées qui sortent des pignons, des nuages noirs chassent lentement un coin de ciel bleu et plus loin, des nuages blancs. Il va falloir que je rentre dans le hall où je ne pourrai pas m'acheter de billet car le guichet est fermé aussi.

Enfin, vous m'avez compris... Tout ça pour dire... Tout ça pour dire qu'on dirait pas, mais des gens vivent ici. Beaucoup! Ici, il y a un curé, un maire, une dizaine de bars et de restaurants pour tous ceux qui habitent toutes les maisons que je vois à trois, quatre cents mètres. Pour eux et pour d'autres car oui, des gens d'ailleurs viennent passer des soirées, ici. Il y a même un dealeur! Vous l'auriez su, ça?

Alors voilà. Il y a de la vie dans ce trou. Faudrait le savoir. Faudrait le crier. Faudrait arrêter de faire semblant que ces gens n'existent pas. Ou bien qu'on m'explique en quoi ils sont négligeables, et là, comme je vois les cerveaux en ébullition mais les langues immobiles, je pousserai des portes.

Je pousserai des portes et... Chiche?

17/07/07

16.08.2007

Le jeune homme

Chronique du jeune homme

De quoi as-tu peur, jeune homme?
Toi qui n'en finit plus de te construire?
Tu voudrais que l'on croque ta pomme
Savoir où mènent tes délires.
Comme il doit être gênant de te voir aujourd'hui!
Anxieux, tentant d'être discret
Mais toujours en avant, forcé à fuir!
Ton corps en qui tu n'as plus confiance
De ton zèle te fait payer le prix
Un prix bien sâle, puant à souhait
Le jour où tu te dis « J'avance! »...
Ta vie avance... et ton esprit?
Ton corps s'acharne, ton corps suit
Te rappelant que si tu dors
Tu n'auras rien fait, à ta mort.

17/07/07, train Brest-Guingamp

Mais oui tout va bien, même si le temps fait pas ce qu'ont prévu les mecs en costard. Ivi voudrait que chacun ait une vie utile, et comme dirait Chrissie, "I wanna die for something" et d'ailleurs on est tous des chats. Tu le crois ça? Ivi Kromm a l'air sérieux, il est complètement barj. Il fait des trucs qui veulent rien dire. Et ça tu le crois? La photo, c'est un mec qu'a pas forcément grand chose à voir avec Le Jeune Homme, mais c'est un loubard et il m'intéresse.

Le voilà.

15.08.2007

14 juillet

On vit du sexe, on dort du sexe, on mange du sexe, on pense du sexe et on parle du sexe. De Secret Story aux défilés nationaux... Du sexe, encore et toujours, du sexe.
Ivi vous propose de trouver un air joyeux, enfantin, et con pour chanter ceci:

Fête

Faisons une pause
Faison la fête
Fêtons l'osmose
Qui nous fait tourner la tête...

Isolons-nous
Fermons les portes
Buvons un coup
Qu'un à un les perdants sortent!

Allez, allez
Admirons-nous!
Bien maquillés
Méprisons, ignorons tout.

Roulons des mécaniques
Ô beaux étalons!
La sensation magique
Dans vos pantalons

Et...
Qu'importe si derrière
Nos murs fortifiés
Les faibles manquent d'air
A nous voir nous vautrer
Dans notre puissance
Dans notre richesse
Avec insouciance
D'un grand rituel de caresses
Jouissons de luxure
Du plaisir interdit
Evitant toute usure
Stériles et sans merci
Mais tous toujours pareils
Que dans les sentiers battus
Et avec à l'oreille...
Un refrain stupide et cru!

15/07/2007 à St Brieuc.

14.08.2007

Pénultième

Il y environ un mois et demi, Ivi vous racontait l'histoire de la belle, du chapelier et du tigron.
Cette trilogie n'avait pas vu sa fin, la voici.

Acte III (le tigron)

L'un à l'autre donné avec outrecuidance
Ma belle et moi prenions en charge les plus fous
Puis un jour elle me dit profitant de la transe:
« Ma maison va fleurir, et la fleur est de nous!

Ne reste pas ici, va chercher d'autres routes
Laisse l'histoire lire avec moi ce tigron
Il sera des chapeaux qui ont orné mon front
Va, mon amour bancroche, illuminer tes doutes »

Et me voilà parti, en faquin libéré
Pétuner chez les forts, dormir chez les goualeuses
Sachant qu'en mon refuge brille une veilleuse.

Et me voilà parti m'abreuver dans les sources
Où se trouve la force de mon nouveau-né
Que j'ai quitté d'un chant avant la grande course...

(Conclu à la Glycine, Guingamp, le 14 juillet)

Voir 1ère partie
Voir 2ème partie 

Fin août, le dernier sonnet. Fin de période pour Ivi.

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