« STUP: Stupidité... | Page d'accueil | STUP: ARGENT 1 »

29.09.2007

STUP: Stupéfaction...

Le croirez-vous? Sophie a un frère. Notamment un frère. Frère dont la femme, Valérie, travaille aussi à la clinique! Aide- Soignante. Bien que Frère soit plus jeune que Sophie, Valérie et lui ont eu leur premier plus tôt. Alan a vingt ans, mais ne se croit pas invincible. C'est un jeune « bien » pensent les gens qui le connaissent, les vieux par exemple, malgré sa dégaine. Et si nous nous immiscions dans la vie d'Alan?

C'est une vie d'artiste. Une vie d'artiste en grève, car créer c'est travailler, et comme ce travail n'est pas payé, son syndicat intérieur a donné cette consigne: stoppez le travail, revendiquez vos droits. A la fac, les cours n'ont plus lieu depuis que lui et ses co-gribouilleurs de tables d'amphi la bloquent. Et quand Alan, enflammé comme lorsqu'il ouvre « Bridge over troubled water » et voit la stupéfiante photo sous le CD, lève la main pour voter en Assemblée Générale, il ne peut s'empêcher d'imaginer que Paul et Arthur vont sortir de leur prison de plastique pour clouer le bec à ces morceaux choisis de fils de riches, d'inconscients politiques, de pétasses et d'effeminés qui lève le poing en suppliant: « Laissez-nous aller en cours! ». Paul et Arthur s'approchent donc du mécontent ou de la mécontente et selon les jours, adaptent leur méthode de persuasion: caresses, coups de poing, baisers, insultes, sodomie... Ils y arrivent toujours. Et puis Bob Dylan débarque sur scène, car tout amphithéâtre est un peu une salle de spectacle, et chacun sans exception frappe dans ses mains au rythme de sa guitare: ça y est, le gouvernement va devoir céder. Bon d'accord, Alan fume quelques joints une fois de temps en temps.

Famille de fous? Peut-être. Mais cette famille a sa dose de propre-sur-soi. Elle a ses propres-sur-eux. Bon, c'est vrai qu'ils ne sont pas nombreux. Tante Madeleine, cousine de Gilbert... le mari de Sophie... Vous vous souvenez quand même! Oh! Madeleine, donc, cousine germaine de Gibert, est une prout-prout mais quoi de plus pardonnable: est est fleuriste. Enfin, plus pour longtemps: bientôt la retraite! Sa fille est une vraie jeune femme d'affaires qui vit dans une petite maison bien rangée. Elle est sympa quand même, ne tombons pas dans la caricature. Ah! Il nous manque le prénom qui aide à situer. Mettons... Stéphanie, d'accord? Et Isabelle, l'aînée, tout le contraire. D'autres cousins, de Rennes, sont un peu costard-tailleur aussi. De toutes façons, on n'est pas adepte des repas de famille dans cette famille. Les rendez-vous du dimanche, très peu pour Sophie. Chacun chez soi. Pourquoi se forcer? Si l'un veut voir l'autre, il y a va et puis c'est tout. Non mais! D'ailleurs il est hors de question de faire entrer des dizaines de personnes en scène en même temps. Ça ferait le coup des ronds-points, nous en avons déjà parlé. Et puis nous avons fait un tour d'horizon suffisamment large pour se lancer sur la voie express, non? Nous avons assez de participants, non? Sophie, Gilbert, Juliette, Hugo, Léa, Corinne qui nous est encore inconnue, Sylvie, Valérie, Frère qui n'est pas encore éclairé des feux de la rampe, Alan, Madeleine, Stéphanie et Isabelle. Vous noterez la forte présence de prenoms en S, environ 23%, un score parfait pour accéder au deuxième tour des présidentielles françaises. « Comment? » s'insurge-t-on au parti Socialiste, « un prénom en S? Alors que nous venons de voter la parité? Pas question! ». Le décalage entre l'époque de l'écriture et celle de la lecture nous montre ici que les insurgés sont toujours vaincus par les statistiques.

Rien n'est complètement inutile. Le tout est de savoir à quel type de lecteur on a affaire. S'agit-il de l'homme d'esprit avec des lunettes sur le bout du nez? S'agit-il du lecteur-téléspectateur? Aussi, doit-on mener plus loins les investigations spirituelles... Ou annoncer le programme: sexe, drogue, argent, guerre? Sophie veut bien être le sexe. Alan, par défaut, la drogue. Stéphanie, l'argent. Mais la guerre? Ah, Sylvie, peut-être. Quoique les rôles peuvent très bien être dispachés autrement: Madeleine peut avoir besoin de raconter sa jeunesse... Alors, comment vous allécher, lecteurs? Comment vous donner ennvie de garder l'oeil sur la serrure? Nous avons dit que rien, je répète: rien, n'est complètement inutile. Croyez-vous que votre oeil l'est? Alors optons pour les investigations spitituelles.

Ecrire un commentaire