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31.10.2007
STUP: SEXE 4
Et c'est quoi, une « ultrabonnasse » au masculin? Comment qualifier le playboy beau gosse sexy tout en muscles et en gel dans les cheveux? Dégueu, c'est peut-être le mot le plus juste. Le beau mâle pur taillé en V, « comme moi mais dans l'autre sens » aime dire Gilbert en abusant un peu. Ce corps sain qui s'occuppe dans ces établissements hautement culturels aux noms si doux (« Garden Gym »; « Physic Form ») passe vraiment à côtés de tout un tas de merveilles. Est-ce qu'une éventuelle satisfaction peut justifier tant d'ennui? Eventuelle, car le pouvoir de séduction obtenu, et c'est la seule satisfaction, celle de se sentir à l'aise en permanence car sûr de son pouvoir, n'est pas en soi suffisant, et peut donc cacher des lacunes, des troubles bien plus graves: mal de vivre, problèmes de santé... De toutes façons, l'efficacité même de cette norme de beauté est remise en cause:
- Que voulez-vous, l'inspecteur Taverner et ses joyeux compères sont plutôt inquiétants! Quant à Laurence, il est liquéfié, probablement?
- Le fait est qu'il n'est pas brillant. Je me demande comment une femme peut s'amouracher d'un type comme ça.!
- Vraiment? Pourtant, il a beaucoup de sex-appeal.
Je restais sceptique.
-
Une mauviette comme lui?
Sophia rit franchement.
-
Pourquoi les hommes se figurent-ils qu'il faut être construit comme un déménageur pour séduire une femme? Du sex-appeal, Laurence en a bel et bien. Mais je ne m'étonne pas que vous ne vous en soyez pas aperçu...
Agatha Christie, La maison biscornue
Alors pourquoi passer du temps à la musculo-gym? Ils ont peur. Peur de ne pas être à l'aise, et leur seule garantie d'être à l'aise, c'est de s'approcher le plus possible d'un stéréotype. Ces gens sont bien des victimes stupides. Voilà de la stupeur. La stupéfaction viendra à l'identification du bourreau. A vous de jouer.
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29.10.2007
STUP: SEXE 3
Alors, le sexe tout au long de la vie? Concrètement, non. Tante Madeleine en est l'exemple même. Mais idéalement? Des parties de jambes en l'air à la maison de retraite, c'est cohérent? Si on retire le blocage mental qui nous rend cette idée dégoûtante, rien ne s'y oppose. Chacun fait ce qu'il veut.
-
Oui mais redescends sur terre Corinne. On peut pas juger de ça, on l'a pas vécu, on peut pas...
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Bien sûr, mais il faut bien avoir une opinion!
-
Et je me vois mal aller demander à mon père s'il a une activité sexuelle!
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Oulah! J'imagine sa tronche...
-
Non, sérieux, c'est leur problème, et ce sera le notre ensuite. C'est quoi cette tendance à mettre le cul au centre de tout? T'as plus de sous? Baise un coup! T'as plus de boulot? Baise un coup! Tes collègues t'aiment pas? Baise un coup!
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T'es tout seul... Baise un coup! Eh bien non. Célibataire = condamné à tout foirer.
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J'aimerais bien voir Chirac dire: « Vous êtes au chômage, vous êtes célibataires et vous galerez... Tant pis pour vous, le gouvernement ne peut pas marier tout le monde! »
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« Moi, si j'ai réussi, c'est grâce à Bernadette. Un sondage négatif? Hop là, un petit tour dans la chambre à coucher et c'est reparti. »
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Un mars et ça repart.
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Ceux-là, j'espère pour eux qu'ils ne baisent plus.
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Ouais...
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Enfin, c'est comme tout le monde. Même les cons évoluent, et apprennent à prendre du plaisir autrement. Faut pas oublier que le cul, malgré tout le plaisir auquel on peut l'associer, ça reste un truc qui sert juste à faire des enfants. A se reproduire. Si ils laissent faire tous ces trucs pornos et autres c'est toujours de la manipulation. Entre l'avancée dans l'entreprise, le foot et la chasse à la femelle, qu'est-ce que tu veux que les jeunes s'interessent à la politique?
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Heureusement qu'ils sont irrésistiblement attirés par l'alcool, ça leur remet les pieds sur terre!
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Buvez les jeunes, buvez!
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Ahlala... Qu'est-ce qui faut pas entendre, j'te jure.
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S'ils connaissaient le tiers des plaisirs non-sexuels qu'on a connu, nous, tu parles qu'ils feraient des études!
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On était pile la bonne génération. Débarassés des trucs d'avant, et pas encore emmerdé par les principes de maintenant. On était libres. On faisait des trucs de fous. On était jeunes quoi!
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On avait pas peur, surtout, tu crois pas que c'est ça? On tentait tout et n'importe quoi, le monde nous semblait pas dangereux comme à eux. Ils osent à peine sortir dans la rue... Ou alors après deux heures de préparations en tous genre! Enfin... C'était bien hein?
-
Sophie, je crois que je vais me réinscrire à la fac.
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27.10.2007
STUP: SEXE 2
Impressionante la nuance entre tout ce que peut évoquer le mot « SEXE » en cette fin de première décennie de XXIème siècle (Platon! Dieu que le temps passe!) et ce qu'en dit notre petit dictionnaire de 1993. SEXE: 1. Caractéristiques physiques qui permettent de différencier le mâle de la femelle, l'homme de la femme. 2. Ensemble des individus de même sexe. 3. Organes génitaux externes.
Hugo est perplexe face à ces définitions. Alors la femme n'aurait pas de sexe? Quatre définitions, rien qui ressemble aux films interdits ou même aux clips de MTV. Approfondir le point 3... Seule piste interessante.
SEXUALITE: Ensemble des caractères et des comportements liés au sexe, à l'instinct sexuel. Voilà qui est plus clair. Quand la pauvre voix du R'n'B français parle de danser « façon sexe », c'est sûrement pour l'aider à repérer les « ultra-bonnasses ». Tout comme Super Zaza prend son super laser pour ratatiner les méga-méchants, une vraie bombe sexuelle, c'est une ultra-bonnasse, selon les racailles que cotoie Juliette. D'où peut venir ce terme? « Bonne », tout d'abord, permet de situer la chose: 1. Qui aime faire le bien [...]. 2. Qui réussit bien dans son travail. (Le rôle de la femme est donc de donner du plaisir à l'homme?) 3. Qui est d'une qualité satisfaisante. 4. Conforme aux règles morales et sociales. (Oui, il faut quand même être un peu à la mode et répondre aux critères physiques du moment... Patti Smith a bien été sex-symbol à son époque! Ce n'est pas universel!) 5. Agréable, savoureux. 6. Favorable. (Les mots parlent d'eux-mêmes...) 7. Juste, correcte, appropriée. (Pile poil ce qui me fait envie...) 8. Qui est important.
Moralité: si vous en trouvez une, ne la laissez pas s'échapper.
Ajoutons le suffixe -asse pour faire de l'adjectif un nom et en même temps y apporter un petit côté sale. Admirons au passage la proximité du terme « bonasse », soit « bon jusqu'à la niaiserie ». Terminons par le préfixe superlatif ridicule « ultra » pour obtenir... Un chat est un chat, une ultra bonnasse, pour celui qui utilise ce terme, est une grosse pute. Salope. Au moins potentielle. Que du bonheur. Impressionnant. Alan a bien compris l'idée, alors pour lui c'est devenu une insulte. Bien sûr vous vous retournez dans la rue en l'entendant dire « Espèce d'ultra-bonnasse! » à sa potesse pour se venger de la dernière vanne.
Autant de subtilité dans une telle vulgarité, c'est le serpent qui se mord la queue! Mais ce n'est pas fini, car on a toujours une face cachée, comme en témoignait Chantal la bourge. La plus complète dénigreuse d'ultra-bonnasses ne peut jurer n'avoir jamais, se laissant divaguer, rêvé de posséder le sex-appeal tout en courbes de Druuna par exemple (Druuna, Druuna, ...héroïne de BD bien sûr!). Vous ne la connaissez pas? Demandez à Hugo, voire à Alan, de soulever son matelas! Quoique, c'est quand même réservé au petit monde du dessin à bulles. Mais il y en a d'autres. Elles sont irrésistibles. N'importe quel jeune homme, même si c'est loin d'être le genre de personnes qu'il recherche dans la vie quotidienne, s'endort un soir de temps en temps en passant à l'une d'elles.

18:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, amour, sexy, musique, écriture, Nouvelles et textes brefs, société
25.10.2007
STUP: SEXE 1
Alors tu n'es pas comme on voudrait que tu sois? Tu t'interesses à autre chose?
Sophie, elle, ne veut pas être la bourge pseudo-séduisante de la pub pour le soin des problèmes d'érection. On se remet en situation: la bourge est dans son salon, chic, propre, desinfecté et douillet si tu es toi même désinfecté, si tu ne pètes jamais et si tu n'as pas de salive dans la bouche... Car petit rappel, parfois on postillone, parfois même l'humain bave! C'est ça l'inconvénient avec la salive. Alors nous nous offrons la toute dernière invention des instituts Pharmacoma: Buccodry, pour des muqueuses sèches en permanence. Bref, vous l'aurez compris, la vieille bourge, sous ses aspects respectables, est une bête de sexe, une vraie chienne, une chaudasse aux courbes plus que généreuses. Vous pensez bien qu'avec sa fraîche cinquantaine est venue la maturité physique de laquelle toute minette rêve. Epanouie, Chantal sait tout de la séduction, et grâce aux progrès de la médecine et des cosmétiques, elle ravivrait la flamme de n'importe quel cadavre. Mais pas de ça! Elle est fidèle, la bourge! Fidèle à son mari, car ça sent le catho à plein nez, le faux catho, le catho du dimanche, la pétasse évoluée, donc, dans les deux sens de la locution: positif à l'horizontal, abject à la verticale. Méprisante, quand elle daigne faire attention à vous, mais vous ignorant dans le cas général. Chieuse, fière, mais avec une maison bien tenue, des enfants bien élevés, qui se sont fait une situation, comme on dit, et puis, les valeurs, les fameuses valeurs. On fait un petit chèque aux assos de charité quand on a le temps. Ah! Quel tableau alléchant pour Charles! Charles, le mari bien sûr, soit l'homme qui dégoûte Sophie. Mais le problème de Charles, hormis celui d'être l'équivalent masculin de Chantal (avec le bonus de l'homme, c'est-à-dire le costard, la classe élégante, l'argent, la stabilité, la sécurité qu'il incarne...), c'est qu'il a beau faire du sport, du tennis, du golf, son corps ne se conserve pas aussi bien que celui de son épouse. Il ne suit plus, le brave! Il ne peut plus assouvir tous les désirs de sa belle. « La première fois que Charles a eu des problèmes d'érection... » C'est la que le scénario s'éloigne de la réalité des personnages. Ils ne diraient jamais ça. Mais bon, c'est ça une pub, ça délivre un message, en l'occurence: « Vieux bourges! Libérez-vous! Osez! Et puis allez en parler à votre médecin, après tout c'est bien naturel! » Et de toutes façons, vous allez passer de plus en plus de temps avec lui dorénavant. Alors, dans la pub, Charles arrive derrière Chantal pour lui glisser un bisou dans le cou. On imagine bien sûr qu'il va ensuite lui arracher ses vêtements pour la baiser comme un fou! Mais pudeur, quand même. Autrement il faudrait aller à confesse.
Tout ceci pose de deux interrogations: le sexe... jusqu'à la mort? Et du coup: est-ce que le sexe c'est la vie?

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23.10.2007
STUP: GUERRE 4
Mélangeons-nous, mélangeons-nous!
Les blancs, les noirs, les bruns, les roux...
Vous remarquerez l'absence totale de la couleur jaune. A la Cité Universitaire d'Alan, ils sont pourtant nombreux, les jaunes. Et là, à l'heure du repas, la guerre est capiteuse. Tout ce qui est capiteux finit par donner la nausée... Bière contre nourriture indéterminée dans une poêle. Mais cette guerre-là se déroule dans la bonne humeur! Alors tout n'est pas perdu.
Hey, c'est Sophie qui vous parle. Je m'excuse de m'interposer dans cette petite discussion mais... Oui, oui, c'est bien à toi que je parle, toi lecteur, ou lectrice, comment veux-tu que je le sache. ...C'est bon t'as réalisé? Ouhouh! Tu réalises oui? Ça y est? Alors... Ça t'étonne? Ça t'étonne que je m'adresse à toi, personnellement? Tu as du mal à réaliser, c'est ça. Mais non, personne n'a réfléchi ces paroles pour leur donner un intérêt quelconque dans le développement de ce que tu lis. C'est moi, quarante-deux ans, infirmière, qui ai décidé toute seule comme une grande d'entrer en contact avec toi, à l'insu de la personne qui a enchainé les phrases dans les pages paragraphes précédents. Tu crois que ça me plait à moi d'être décrite comme ça, que ma vie et celle de ma famille soit étalée au grand jour? Alors joue le jeu. Parle-moi de toi. Je t'écoute. Qu'est-ce que ça t'inspire, toi, l'argent, la guerre? Tu prends de la drogue? Allez, arrête de lire. Ne va pas à la prochaine page. Dis-moi tout. Je suis sûre que tu me vois...
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21.10.2007
STUP: GUERRE 3
Foot, divorces, jeux de guerre et journée anti-racisme, voilà l'univers de quelques garçons de la classe de Juliette. Eux, ce sont les racailles des champs. Car si à Paris « racaille » est devenu un terme choquant, certains dans cette vaste province le voient presque comme un titre de noblesse. Les autres l'utilisent couramment car il a tout perdu de son sens d'origine, il désigne maintenant une personne d'un certain style vestimentaire, avec une certaine coupe de cheveux et un certain comportement. Les racailles des champs, justemement, sont les plus drôles. Ils ne se rendent pas compte de la vie réelle, pourrait-on dire. Ils s'identifient à l'image que leur renvoit la télévision de ce monde parisien. Mais comme le contexte qui les a vus naitre est complètement différent, ils en deviennent des personnages complètement décalés... Au sens propre: ridicules. Bon, dans la petite ville où Juliette est obligée de se rendre pour sa scolarité, on est quand même à l'étage supérieur. Ces racailles là ont une légère conscience de ce qu'ils veulent représenter. Parfois même, elles sont vraiment d'origine étrangère. D'où l'importance des journées anti-racisme. Anti-racisme: LA valeur par excellence, la seule digne de ce nom, car tout ce qu'on pourrait imaginer l'accompagnant (respect d'autrui, ouverture d'esprit, tolérance, curiosité...) ils ne connaissent pas encore. Pas à cet âge. La vraie racaille doit être dominante. Pour eux la journée anti-racisme consiste donc à s'imposer, alors que personne, à la base, ne les refuse... Vous croyez bien sûr que tout cela pourrait être adouci par des discussions avec les professeurs... Cela va de soi, pour les concepteurs de telles journées: dans toutes les écoles de France, des débats auront lieu. Mais les professeurs peuvent-ils vraiment essayer d'instaurer un réel débat entre trente jeunes attendant la cloche quand il reste la moitié du programme à réciter?
A moins que le président, recevant dans son palais les leaders politiques, sportifs et chanteurs noirs, ne réussisse à régler ce léger problème. Juliette, elle, dans sa petite tête de lycéenne, sait combien le président se fout d'elle mais s'interesse quand même de près à tout cela et pire: elle a un avis sur la question: le problème avec une guerre, c'est qu'elle en fait oublier les autres. Elle constate à son niveau que le racisme, elle ne l'a jamais vraiment connu. Elle en vient à se demander si ça existe. Mais on en fait un tel foin que ça doit bien exister! A Paris. Alors s'il n'y a que ça, pourquoi ne pas permettre aux étrangers qui le souhaitent de s'installer partout ailleurs? Bien sûr, elle ne comprend pas encore que son opinion est à la base d'une conception de la société qui n'a pas sa place dans les jardins de l'Elysée.
Pareil pour Israël! Pareil pour tous les pays en guerre: on prend une grosse louche et on mélange la soupe. Avec un peu de chance, elle aura du goût. C'est très niais, mais comme le monde serait beau si on pouvait résoudre les conflits avec des louches! Peut-être que ça permettrait de faire remonter les morceaux de légumes mal hachés, de mieux distinguer les grumeaux... Bref, de voir les vrais problèmes, de s'attaquer aux changement en profondeur, puisqu'en remontant à la surface, ils deviendraient visibles.
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19.10.2007
STUP: GUERRE 2
GUERRE. Conflit armé entre des nations, des Etats, des groupes humains. La guerre s'oppose au PACIFISME: recherche systématique de la paix en toutes circonstances, et aux doctrines ANTIMILITARISTES; hostiles à l'esprit ou aux institutions militaires. Eh bien oui. Certaines circonstances peuvent transformer les plus pacifiques antimilitaristes en fous furieux près à prendre les armes.
Alors, évidemment, on se pose la question: peut-on aller, pour défendre ses opinions, jusqu'à se mettre en contracdiction avec ses opinions? Non, vous ne vous posez pas cette question chaque matin au réveil?
Gilbert, lui, se la pose quand il a le temps. Quand il ne travaille pas. Il réfléchit à ce genre de choses, car il sait qu'il perd parfois les pédales, et qu'il est presque violent quand sa nervosité chronique l'empêche de garder son calme. Alors qu'il serait le premier à s'ériger contre la douleur.
On dirait un grand débat, comme ça, mais parfois c'est très concret. Par exemple, pour le jeune père de famille: dois-je foutre une fessée à mon fils parce-qu'il a frappé sa petite-soeur?
Mais comment réfléchir quand des hystériques klaxonnent sans s'arrêter en polluant la ville? Un ballon de football est-il une arme? Si oui, est-ce qu'un match France-Espagne est un conflit armé? Si oui, est-ce qu'une coupe du monde est une série de guerres, et puis allons-y carrément, une guerre mondiale? A ce rythme, on doit être à la trentième guerre mondiale cette année. Pas de camps de concentration, mais des boxs à prostituées. « Oh, mon bon monsieur! Mais il ne s'agit que de plaisir! Personne n'y trouve la mort! » Non, bien sûr. La dignité est déjà morte depuis longtemps! Alors pourquoi se battre? Depuis quelques temps, Sophie ne va plus aux réunions de la ligue de défense des droits de l'homme. Elle a finit par penser que la seule manière de changer le monde, c'était l'éducation de ses enfants. Si elle réussit, ils pourront le faire à leur tour, et ainsi de suite... Le monde alors pourra être meilleur.
Tante Madeleine s'en fout du foot. Mais il faut bien discuter avec la clientèle! L'autre jour, quand même, elle a été honnête. « Je me suis endormie devant dis-donc! » a-t-elle dit à la mère de famille qui a décidé d'offrir une plante à des amis pour leur mariage. L'été: l'époque des mariages. Comment se fait-il que les gens soient si prompts à répéter des adages foireux tout en les mettant de côté dès qu'ils trouvent plus confortable? « Mariage pluvieux, mariage heureux! » ...« Cause toujours! » répond l'employée de l'office du tourisme au café du coin à l'heure où toute la rue laisse la boutique aux jeunes engagés pour l'été le temps d'une pause. « Moi je me suis mariée un jour de pluie, et bien on a divorcé! Et dire qu'on était allés aux Seychelles pour ça... On dira ce qu'on voudra, le divorce reste une arme de paix.
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17.10.2007
STUP: GUERRE 1
...
Non, je ne vous aime pas.
Non, je ne vous trouve pas beaux.
Non, vos capacités ne m'impressionnent pas.
Et pour tout ça, j'ai des raisons.
La meilleure, peut-être, c'est qu'il n'y en a pas de vous aimer.
Je ne peux offrir à des inconnus cet amour facile, gratuit, traditionnel, automatique, imposé, malsain. Je ne peux poser sur des inconnus ces regards envieux, séduits, reconnaissants. Vous n'avez rien fait pour moi. Vous n'avez rien fait pour personne. Au contraire: vous détournez les regards pour cacher la vérité. Vous vous moquez d'autrui, vous ne voyez que vous... Et quand bien même j'aurais tort, vous ne cherchez pas à me faire changer d'avis. Vous avancez sans réfléchir. Ce que vous représentez ne me représente pas. C'est monté de toutes pièces, vous vous jouez de nous comme on se joue de vous. Vous me faites horreur. Vous êtes laids. Vous êtes lisses, vous êtes plats dans vos uniformes, cultivant l'immobilisme, la fermeture d'esprit, l'inferiorité. Vous vous laissez posséder des choses qui tournent, gravitent autour de vous, ramassant vos miettes puis vous laissant les leurs. Vous dictez la beauté sans jamais la connaître, vous érigez en symboles, ignorant tout principe, coupez la parole comme des chiens aboient après autorisation.
Vous ne valez pas plus que les bovins gagnant les comices agricoles, et ces derniers m'inspirent même plus de sympathie. Comment vous admirer? Dès que votre heure sonne, je ne ressens que du dégoût.
Ce soir, Alan a du suivre des amis au Kébab. Le journal de vingt heures, présenté par l'atout « séduisant quadragénaire » de la chaîne la plus importante du continent, dit-on, donnait à voir ce dernier sur fond vert pelouse... Anomalie? Non. C'est la coupe du monde. Que dire? Que dire sinon que la marseillaise se marie étrangement mal à la musique turque. La soirée en ville s'annonçait mal, après ces vingt-huit minutes de football, puis deux d'actualités, puis sept de publicité. Payer pour ça... Vous l'aurez compris, Alan fait partie des quarante millions de français qui n'aiment pas ce doux sport. Qui, au fur et à mesure que l'évennement progresse, ne supportent même plus la vue de la couleur bleue. Trop, c'est trop: les unes de journeaux, les suppléments, les pannonceaux « soirée foot » sur les devantures des bars à jeunes, les discussions des pochtrons dans les PMU, le ballon à trois euros avec la pizza achetée, les drapeaux français à la boucherie ou dans la main d'un jeune beauf qui le fait voler au vent pendant que sa copine conduit, le tout au son d'une musique techno usante, les étiquettes sur les pots de yaourts, les chansons de variété...
La dernière fois Corinne était partie faire la touriste sur un fort dans la baie de Morlaix, histoire d'échapper à tout ça. Une heure et quart avant le retour sur le continent, le capitaine s'était mis à gueuler sur tout le monde pour qu'ils reviennent dans le bateau, afin d'être rentrés pour le début du match imminent. Corinne s'était rarement sentie si désarmée.
On ne peut y échapper. C'est l'horreur.
18:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, rugby, Beauté, sport, écriture, Nouvelles et textes brefs, société
15.10.2007
STUP: DROGUE 4
La totale, pour le jeune « alternatif »? Après un bon p'tit repas entre potes, un spice cake comme dessert, un bon rouge et un p'tit pèt' qui tourne. Allez, ajoutons une touche de peinture au patchwork: un disque de Peter Tosh.

Juliette, elle aime bien ça, mais pas que. Elle n'est pas une pure alternative, mais plutôt touche-à-tout. Elle peut accepter, pour rire, de mettre les pieds et de les agiter dans un endroit anti-artistique au possible: une boîte. Tant qu'il y a de l'alcool, elle est prête à tout, où du moins elle va l'être au cours des prochaines années, les années fac. Beaucoup de jeunes de sa génération l'apprécient, parce-qu'on rigole bien avec elle, mais bizarrement, elle intimide quelque rares personnes. Des amis, de vrais amis, elle en a bien sûr, mais étrangement... Elle a du mal à être totalement vraie, à s'offrir complètement. C'est une vraie girouette, qui parfois se rebelle contre le vent, bien qu'elle aime le suivre. Alcool, alcool, quand tu nous tiends, elle aura beaucoup de problèmes de coeur. C'est une fille qui se posera toujours des questions. Il y a des gens comme ça. Surtout des aînés. Ils cachent une morale solide sous une apparence complètement déviée, ou trompeuse. Les girouettes sont des caméléons. Et comme elle aura toujours des relations ambigües avec ses parents, ceux-ci se rendront parfois compte de quelque chose sans vraiment pouvoir y faire... Quelque chose. Un vrai comportement de droguée.
Et on pourrait analyser ainsi tout un chacun, ou presque. Presque, oui, car certains résistent au regards de l'observateur. Surtout les drogués. Ils ont une organisation mentale sur laquelle il est difficile de se brancher. Les vrais drogués ne sont pas ceux qu'on croit, voyez-vous. Et ça, il faudrait probablement l'expliquer aux douaniers. Alan et ses fumeurs de joints ne sont pas dangereux. Vous vous trompez de cible, et vous laissez passer le danger. Il est partout.
18:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : famille, rock, alcool, société, santé, psychologie, politique
13.10.2007
STUP: DROGUE 3
La question centrale, bien qu'on imagine la réponse, est: a-t-on l'O.C.B. en CDD ou en CDI? Dans quel sens tourbillonera l'harmonisation européenne qui sert de sauce à tout plat politique bien cuisiné? Va-t-on vers l'interdiction de fumer partout, ou vers la légalisation de la fumette? Ça a le mérite de lancer le débat dans la salle à café de la clinique, quand la parole est libre, c'est-à-dire quand Sylvie, droguée à la connerie, est partie draguer le jeune chirurgien-tennisman, un esprit puissant dans un corps puissant, du moins à travers le regard de la femme actuelle... Car à travers celui de Sophie, il est prétentieux et ultra-chiant, et dans celui de Valérie, il est lourd et effeminé. C'est sûr qu'il ne fume pas, lui, en tous cas.
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Moi je serais pour un système à la hollandaise, ça s'achète et ça se fume dans les bars.
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Déjà qu'on pourra bientôt plus fumer de clopes, dans les bars... Ouais mais c'est aussi le risque que ça devienne un vrai produit de consommation, comme les clopes, et du coup ils te foutent un tas de saloperies dedans, des agents de ci, des agents de ça...
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C'est toujours mieux que l'agent de police, excuse-moi.
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Ouais. Il paraît que les espagnols ont droit de faire pousser tant qu'ils le vendent pas après.
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Hum... J'voudrais pas voir mon fils dépenser tout son fric en matos ultra-perfectionné, les lampes spéciales et tout... Et puis savoir qu'il en aurait toujours à portée de main... Là, c'est le risque de devenir vraiment dépendant.
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Oh, tu sais... J'suis pas sûr qu'ça revienne à beaucoup plus cher que d'acheter toutes les semaines ou tous les mois au dealeur du coin... Ça évite les problèmes aussi...
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Quoi? Et le contact humain, qu'est-ce que t'en fais du contact humain? Ahlala... Ouais. Ben en tous cas c'est clair que pour moi, dépénaliser c'est ouvrir plus grand la porte aux drogues dures. Les jeunes veulent toujours dépasser les interdits, mais jusqu'à un certain point quand même. Alors si on légalise le cannabis, vers quoi ils vont se tourner?
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Faudra qu'on leur apprenne à se piquer.
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Hé... T'es conne. Tiens tu sais quoi j'en parlais avec Alan l'autre jour. Devine ce qu'il m'a dit... Il était énervé contre Chirac ou je sais plus qui... Bref il a finit par nous sortir que si les politiques fumaient du shit, ça éviterait pas mal de problèmes.
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Ah ouais?
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Ouais. Qu'ils seraient plus... qu'ils se monteraient moins la tête avec des histoires d'économie, de startagèmes à la con, qu'ils penseraient moins à « faire chier le peuple ».
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Ça se tiend, remarque.
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Ouais... Et puis il a étendu ça à tout le peuple, justement. Genre si tout le monde fumait, la vie serait moins stressante, on pourrait abolir le travail et l'argent, chacun s'occupperait que de ce qu'il a vraiment besoin et on serait trop fatigué pour construire des maisons dégueus partout et des grandes surfaces...
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C'est ça ouais... Par contre le jour où il sera hospitalisé, est-ce qu'il sera d'accord qu'on se fume un gros joint avant de s'occupper de lui?
Mais n'oublions pas, s'il vous plait, que la drogue, ça se mange aussi...
Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi
Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi
C'est le chant du psylo qui supplie
Qui joue avec les âmes
Et ouvre les volets de la perception...
18:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : rock, alcool, drogue, santé, écriture, Nouvelles et textes brefs, société




