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16.11.2007

A la tête

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Partout, partout on entend, si l'on tend l'oreille, le bruit sourd, le grondement de la France ces temps-ci. Un coup d'oeil sur le Monde, première fois que je l'ouvrais. Mais ici c'est le seul à arriver. Alors bon, un tour rapide sur les mobilisations, étudiantes en particulier... Le Monde retransmet la coordination nationale!

Et puis allez, poussons le vice, voilà que j'ai regardé le journal en ligne de TF1. Quelle tristesse, la France, quel enfer.

Evidemment ça se mobilise de partout, mais voilà, les reportages sont très critiques, on met en valeur la mobilisation anti-mobilisation, Sarko dit "nous avons tous les éléments pour que ça cesse", les syndicats font encore tout et n'importe quoi en négociations, discours, désaccords, prises de positions... Un peu d'espoir dans l'international? Ma coloc doit rédiger une dissert sur les raisons qui font de la France un pays exemplaire et influent. Les étudiants allemands sont aussi en grève. Qui le sait? Non, ce qu'on sait, c'est qu'un flic italien a tué un de ses compatriotes. J'ai vu la vidéo de Nanterre, au fait... On sait aussi qu'un gouverneur américain, de quel état? Il y en a tellement! Qu'un gouverneur américain avait tout simplement organisé une prière géante pour faire tomber la pluie sur son état en sécheresse... Je le revois encore, devant des centaines de personnes, les mains vers le ciel, sortant son discours...

Et puis la cerise sur le gateau, l'espace. Il ne manquait que ça pour que tout soit noir. Une expédiation japonaise sur la lune, et puis, le commentaire, le message... « Faire rêver. »

Que veux-tu que je te dise, France?

J'espère, bien sûr, j'espère que tu vas réussir. J'entends que les étudiants s'associent aux cheminots, je sens que des choses sont possibles, que des forces émergent mais... J'ai peur, peur qu'il soit trop tard, que tu les écrases comme tu sais si bien le faire. Et ils le sentent, et leur rage augmente et ils perdent pied. Tu les broies, c'est ça, tu les fait bouillir pour qu'ils s'auto-consument, et qu'on n'approche pas, de peur de se brûler.

A toutes ces torches humaines, je veux dire:

Foncez, et bouffez-en tous.

Foncez.

Foncez droit devant!
Tentez, ruez-vous dans la France
La plus ténébreuse, celle qui suit la cadence
Et enfumez les gens!

Ouvrez-leur les yeux,
Retenez les paupières
Que ça les pique un peu
Qu'ils revoient comme hier!

Ne les détestez pas.
Prenez-les par la main,
Parlez-leur, soyez là,
Et qu'ils comprennent enfin...

N'allez plus au front, réparez le cerveau.

Commentaires

Bien envoyé ! Et bien dit... Mais, franchement, le grand soir, je n'y crois pas pour l'instant, quand on voit que chacun prêche pour sa paroisse. Le problème, c'est que les mouvements sociaux d'en ce moment sont ramenés au problème des régimes spéciaux. Les revendications ne sont pas claires, je trouve.

Ecrit par : Justine | 17.11.2007

Ouais, c'est vrai. Pendant les grèves dites du "CPE", auxquelles j'ai participé, c'était exactement ça le problème, on n'a pas su trouver l'équilibre entre des revendications claires et précises d'une part et une réelle envie de changer la société d'une autre, résultat: échec dans les deux.
Je pense sincèrement que ce sont les syndicats qui mettent les mouvements dans cette situation où chacun prêche pour sa paroisse. Quand Sarko est venu au Guilvinec faire sa visite aux pêcheurs, au-delà de la fierté qui m'est montée au crâne à voir la réaction des bretons, j'ai bien retenu ce que l'un d'eux lui disait "Moi je demande pas une augmentation de 140%... Et puis il y a nous mais c'est toute la France qui crève!" Les mouvements renvoient cette image individualistes, mais je n'ai pas l'impression que les gens eux-mêmes le soient.

Ecrit par : Ivi Kromm | 17.11.2007

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