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30.12.2007

Carrefour continu

Aujourd'hui c'est le réveillon dans le monde d'Ivi Kromm.
Voilà. Comme toutes les dates de réveillons, celle-ci est arbitraire.

Cadeaux: quelques liens. Ces cadeaux sont à partager. Non mais.

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Pour commencer, le BIG BANG BLOG. C'est du réchauffé, me direz-vous, eh bien oui et non. Parce que d'abord pas sûr que vous le connaissiez, comme Ivi Kromm d'ailleurs qui l'a découvert il y a quelques temps seulement. Ensuite parce que son dernier occupant après migration des autres est Judith Bernard et que Judith Bernard travaille les mots, ce qu'on apprécie pas mal comme vous le savez ici dans le monde d'Ivi Kromm, alors oui, elle mérite de figurer dans la liste des revanchards. Et puis c'est un espace de discussion comme il n'y en a pas tant que ça sur Internet finalement. Voilà.

Ensuite, vous vous souvenez peut-être qu'Ivi avait dédié une maison aux grévistes, sans vraiment savoir ce qu'il advenait de ces derniers car, faut-il le rappeler mais que coûte un rappel? Ivi n'est pas en France en ce moment. Eh bien ils ne sont pas tous morts, les grévistes! Non! Et il y en a même qui sont des amis d'Ivi et qui ouvrent des blogs très pointilleux avec une foule de renseignements! Alors si la LRU, ça vous (dé)branche (pas gagné), allez faire un tour chez Malo.

Et puis alors, là c'est cadeau de chez cadeau, si l'Ethiopie vous interesse... On ne sait jamais! Ben c'est là. Bon blog pour découvrir ou approfondir, deux en un, bref, c'est parfait.

Pêle-mêle, pour finir, quelques mises à jour des amis KROMM:
- Les traits de crayons de La Coco apparaissent maintenant ici.
- Nonow explore la Norvège et bientôt la Macédoine ici.
- Une nouvelle amie, Marilou, attend vos exégèses .
- Le mec fait aussi de la musique.
- Ivi Kromm lui-même digère tout, légèreté et préparation au monde, par là.

Voilà, surfeurs des neiges (ça vous va tellement bien). Bon dimanche! Et surtout, dans les prochains jours, faîtes comme si vous n'étiez au courant de rien...

29.12.2007

Bienvenue dans la nouvelle ère du MOI

Bienvenue dans la nouvelle ère du Moi.
Bienvenue chez Moi.
Bienvenue chez Nous.

Il est trop tard pour vous demander où vous avez foutu les pieds. Nous sommes les nouveaux penseurs de la miette, nous ne sommes rien et pourtant vous êtes là. Car Nous sommes le lac. Nous sommes, vous êtes les gouttes. Vous allez entrer en nous et si vous en ressortez, vous aurez été coloré. Par le Moi, par Nous, nous transformons les alentours sans même le vouloir. Nous ne voulons rien. Nous avons voulu crier, chanter, ou simplement sourire. Nous l’avons fait et y avons pris gout. Nous sommes les drogués du Moi car le Moi va Nous sauver. En explorant le Moi, nous l’affirmons, dénichons la merde et les fleurs, gardons la bonne merde et coupons les mauvaises fleurs, rejetant l’évidence pour la facilité, écartant l’obligation pour l’inutile, crachant à tout va sur Eux car Eux n’existera plus.

Que Moi et Moi. Et Je. Parce que.

27/12/2007. ST IVI KROMM A PARLE.

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Voyez les carrefours.

28.12.2007

Souvenirs d'indépendance et voeux

"Ah ben moi j’dis d’accord, très bien l’indépendance, on vous la donne mais alors plus question de profiter de tous nos trucs économiques, hein, terminé ! …Attends, là, ils veulent jouer à ça, ils vont être servis."

"Ecoute moi quand j’ouvre un atlas je vois le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, la Pologne, d’accord, point. Alors tu peux me dire tout ce que tu veux, c’est comme ça ! Qu’il y ait des gens qui parlent des langues là, bon d’accord, mais que je sache t’as pas besoin de connaître ces langues pour travailler je me trompe ?"

"C’est vraiment trop stupide ça. Non mais je comprends pas sérieusement, on est tous ensemble non ? Pourquoi vouloir se séparer comme ça ? Ah ben non pas les Etats, non, l’Europe d’accord mais on garde nos pays respectifs, hein, c’est pas pareil !"

"Comment ça il y a cinq cents ans ? Ben c’est quand même long cinq cents ans, excuse moi, alors non c’est pas un pays ! Comment ça j’y connaît rien ? Toi non plus que je sache ! Attends deux segondes, toi. Non c’est pas un pays. Oui je sais qu’il a dit ça, mais je suis pas d’accord !"

 

...Et puis chacun a son petit avis. Etrange sujet qui révèle tout ce que tu veux : hypocrisie, mépris, fierté, idéologèmes, préjugés, conceptions irréfléchies, nationalisme, tension, colonialisme, fermeture, autoritarisme… Mais ma vieille Europe, t’es tellement confortablement assise sur la démocratie que t’es en train de lui chier dessus ma parole !

Encore et toujours le même constat. Ce dont on ne parle pas constitue une bombe à déchirement humain inégalable. Alors parlons en, par pitié. Et commençons par laisser s’exprimer ceux qui sont concernés.

VOEUX KROMM:

Joyeuses fêtes pourries à tous !
Et spécialement à la Bretagne qui me manque, et à mes amis basques, gallois et silésiens. Salut à toi communauté des étrangers, tribus des voyageurs, et enfin à la France, mon amante aimée et détestée dont parfois je me résigne à porter les couleurs, tu es belle dans ce que tu as de plus plouc. Tu es belle dans ton fromage et ton vin, tu es belle dans tes gens. Dans ton cru. Et ton cru, voilà ce qu’il est, voilà comment il me fait rêver, étrangement plus moderne et excitant que ton... Ton côté clinquant, bling bling, jouant à l’héroïne droguée qui écrase les autres pour exister, on la prend quelques nuits et puis elle dégoûte comme elle est presque fière d'être écoeurante.

 

Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux. On serait même prêts à te pardonner et t’accueillir, tiens, tellement on est bouffés par le positivisme. Celui d’où nait l’espoir et la lutte.

Alex hall 26/12/07 vers midi.

Qu'est-ce que tu fais pour Noël?

Je nettoie des cadeaux vides.

Je nettoie des cadeaux vides. Des boîtes oranges et mauves, toutes de la même taille, avec un gros ruban factice en plastique. Je passe le chiffon. J’enlève la poussière: les cadeaux vides doivent toujours être propres et donner envie. Envie, envie, ils sont placés là où on va avoir envie, sur les étagères, et juste en-dessous une grosse promo, un article qui est pratiquement épuisé après moins d’un mois de mise en vente, on le réduit de 1%. Ils sont placés là où l’on a besoin de gaieté, au-dessus des caisses, là où l’on se rend compte que c’est trop, qu’on a pas les moyens, là où l’on a mal d’avoir envie d’être comme les riches en calculant le nombre de repas que ça va nous coûter. Là où l’on cherche la source d’un sourire quand on sera face à eux, faire comme si de rien n’était, comme si on avait assuré, alors qu’on a été faible, point.

Faire croire à sa force. Bien sûr. Et si un peu de vraie force nous revenait au dernier moment, ils sont là, mes cadeaux vides, pour nous achever. Je les ai bien essuyés, ils sont efficaces.

Je suis le vrai mouton noir. J’entretiens le décor, j’alimente le rêve qui conduit mes frères vers la gueule du loup, je chante « Donnons notre amour pour Noël » et je nettoie derrière eux pour les prochains. Pourquoi je fais ça ? Hein ? La carotte. Toujours la carotte. On me fait miroiter des piécettes, et j’ai bien conscience que leur lueur est lointaine, on pourrait m’effacer d’un coup de chiffon sur un cadeau vide. Je n’ai rien signé. Je ne suis rien. Mais très utile.

Alors je nettoie des cadeaux vides. Vides de sens, vides de la joie qu’ils semblent renfermer, vide de l’esprit de Noël. Toute cette soupe dans les hauts parleurs est semblable à mes cadeaux : vide. Une soupe de rien, une soupe d’eau avec les restes de l’année dernière. On reprend les textes, la musique et on met un autre chanteur à qui on fait miroiter les piécettes du succès. Tous, ils répètent la même merde, ils savent bien que ça n’a jamais marché mais ils se disent peut-être cette fois, peut-être que moi je vais attrapper la carotte que tous les autres ont râté. Et nous qui arpentons les rayons, nous qui avons conscience de tout ça, nous nous surprenons quand même parfois à esquisser un sourire, à risquer un pas de danse, en se tapant sur l'épaule, en se disant allez ! Après tout c’est la fête, non ? Et on va se trouver tout un tas de justifications : la famille, la tradition, la religion même pourquoi pas, ce côté ancestral…

Ancestral de rien évidemment. Les cadeaux sont vides, la fête est vide. Les sapins de Noël, le père Noël, et puis on mélange tout, on passe des lutins aux elfes, on met de la neige partout alors qu’il pleut et que la neige ça fait quinze ans qu’on en a pas vu, les décorations, tout ça, allez on prend… Deux générations, ça suffit. Est-ce que nos grand-parents faisaient tout ça ? Demandons, pour voir. Et encore, à ce stade, on replonge, on se dit et alors ? Ça fait de mal à personne, c’est que de la joie, allez ! Rien n’est inutile, pourtant. Cette fête inventée, cette obligation d’être joyeux sert à quelqu’un. Elle sert à justifier la douleur du reste de l’année. Vous aurez des pauses, bien sûr, des anniversaires, des occasions où vous aurez le droit de sourire, mais pas trop. Le reste du temps, il faudra vous saigner. La nation a besoin de vous, et tout ça c’est pour vous, hein, ne l’oublions pas ! C’est vous qui voulez la carotte.

C’est vous qui voulez la carotte, hein ? C’est vous qui la voulez !

Et bien sachez-le maintenant. Tous ça est faux. Les cadeaux sont vides, et c’est votre frère qui les nettoie pour vous attirer.

Vers midi le mercredi 26/12/2007 à Aberystwyth, Alex Hall.

20.12.2007

Sarkozy

Dans l'intimité d'Ivi Kromm! 

Ça y est je connais des français. Des françaises, même. Deux, trois, que je voulais pas approcher au départ mais voilà, en quelques jours, les choses et Anne-Gab ont fait que. On a même joué au tarot, c'est dire! Et savez-vous ce que j'ai trouvé? Je savais, je l'attendais, je le redoutais mais le voulais en silence. J'ai trouvé Sarko.

Et pourtant le couplet était philosophiquement séduisant, et physiquement bien mis.

Alors bon, l'expérience était d'autant plus interessante que Sarko avait un peu honte, hein, comme celui qui vote FN mais qui sait pas encore s'il peut s'exprimer librement, il teste, il lance des petits trucs, des balles en l'air, voir si on les attrappe. Non Sarko là non plus n'est pas arrivé en force, il s'est immiscé dans une atmosphère de rencontres, d'ouverture culturelle, de folie un peu, de douce folie n'abusons pas quoi que mais bon moi aussi ça m'arrive.

Et pire encore: assez intéressant, le morceau. Le genre qui peut t'emmener un peu dans toutes les directions, le gâteau au yaourt, tiens. Il peut être sec, il peut être coulant, il peut être sucré et sweet comme ils disent ici ou épicé sans qu'on sache d'où ça vient, des choses inattendues arrivent fatalement même si on connait le type.

J'ai pas trop lutté, non, c'était pas le quart d'heure, mais j'ai senti que c'était pas non plus le Sarko borné, c'est un Sarko qui n'a pas trop peur de réfléchir. Du moins, j'en sais pas beaucoup, c'est ce que j'ai cru. Alors des choses sont possibles, les amis, toujours cette même conclusion, faut y aller, installer des trucs, des bandes réfléchissantes « attention travaux », des chantiers qui encombrent, et qui prennent du temps, évidemment, mais tant pis, le jeu en vaut la chandelle, le débat vaut largement les émeutes. Ils ont donné, là-dedans, ça marche pas. On fait pas une révolution sans les gens, il faudrait commencer à le comprendre.

Jeudi 13 décembre 2007, vers 15 h 30, Alex Hall.

15.12.2007

Enjoy

Bien sûr je voulais pas y aller. Mais bon, ça les faisait triper, et puis après tout c'était pas si cher, non, 2£10 le café, ouais, pas si cher. Alors on est allé. On a traversé le hall devant les secrétaires type hôtesse de l'air, trempés comme des sardines.

Bien sûr c'était atroce. La fausse classe. Le faux marbre. Le faux air conditionné. Les faux fauteuils confortables. Le faux bon café. La fausse bonne musique joyeuse de Noël à l'écran de la télé faussement moderne. Au mur: les fausses grandes photos façon imitation Paris vu par un soi-disant oeil d'un faux-Doisneau, une fille faussement belle peut-être bonne qui soi-disant attire tous les regards, bref, du toc, partout, de la daube, qui en plus coûte son prix et ne nous étalons pas sur ce que ça finance.

Inutile de dire que je tirais à moitié la gueule, rêvant d'une clope dans un troquet dégueulasse, quand...

Quand a il apporté les derniers cafés, le faux beau serveur clean. Oh, lui je lui en veux pas hein, faut bien bosser... Mais alors... Le voilà qui pose les tasses sur la table, souriant comme il faut et puis, alors qu'il pivote langoureusement pour nous quitter, sa main accrochant encore un bout de cuiller, il glisse d'une voix... suave, on va dire pour le style...

« Enjoy... ».

J'ai failli éclater de rire, mais les autres n'ont pas bronché. Est-ce que j'étais le seul à l'avoir entendu? Est-ce qu'ils étaient habitués à ce genre de soupirs de serveurs? Va savoir.

Ce « Enjoy... » du bout des lèvres, je le trouve fabuleux. Tout ce qu'il y a derrière. « Profitez... Profitez du plaisir que vous allez ressentir en trempant vos lèvres dans ce café, que nous, Hilton corporation, vous offrons sur un plateau... Hilton, nous vous offrons le plaisir. » Ça ferait un bon slogan, non? C'est exactement ça, je me croyais dans une pub. Comme si j'allais m'envoler dans la fumée de mon expresso, léger et nu, touchant du bout des doigts le bout des doigts de la blonde de la photo au mur.

Mais non, mon gars, rien de tout ça! Rien de tout ça ne peut arriver entre le nouveau « Spice Girls » et ta musique de Noël insupportable! Rien de tout ça ne peut arriver sur ta banquette synthétique minable, dans le courant d'air de la porte des toilettes, avec à côtés des vieux bourges et des hommes d'affaires en costard tapotant sur leur clavier! Et allez, avouons-le, il est fadasse ton café.

03/12

13.12.2007

Il est toujours mort.

Finalement, Ivi a retrouvé Le Monde dans un coin de la grosse Librairy. Alors ça continue, hein? Des petites journées, je vois... Bon. Prenez vous les mains, quand même. Autrement, aujourd'hui, autre chose.

Dans votre monde, le temps a passé et on va l'oublier jusqu'à la prochaine apparition de Catherine Ringer. Mouais. Ivi n'a pas trop aimé les hommages pourraves, il dirait même "indignes de lui" si le poids du ridicule de ce genre de formules ne lui pesait un peu trop lourd sur le cerveau. Enfin voilà, qu'est-ce que c'était nul de rebalancer Marcia en permanence... Je veux dire, ça puait le commentateur qui décidément non, n'a jamais su ce que sont les Rita Mitsouko.

L'été dernier, dans l'usine dégueulasse à concerts, plus communément appelée les Vieilles Charrues, il y avait une femme, parmi d'autres, mais quand même. Rickie Lee Jones. Ivi écoutait tranquillement avec un fameux chateau quand un chevelu que Sarko aurait immédiatement repéré comme un dangereux déchet de Mai 68 s'adresse à eux en demandant "Alors vous aimez Rickie Lee Jones 2007?" ..."Ouais, carrément!" ..."Et alors dites-moi ce que vous trouvez de bien exactement là...?" ..."Bon écoute ta gueule, ça va faire vingt minutes que tu nous pourris le concert en faisant tes commentaires avec tes potes alors si ça te fait jouir vas les faire plus loin qu'on puisse écouter, nous on était pas né quand tu tripais dessus, ça fait trente ans d'ailleurs, donc à moins que tu sois exactement la même personne qu'il y a trente ans dégage et fous nous la paix."

Non, évidemment Ivi ne le lui pas dit ça comme ça. Plus gentiment. Mais le message est passé.

Encore qu'on pourrait aller plus loin et se demander pourquoi on va voir un concert.

Qu'est-ce que vous en dites? Toutes les réponses sont bonnes, mais posez-vous la question quand même, car ces derniers temps le bras de fer "musique intello / merde de télé-réalité" a le monopole du débat artistique et musical a tel point qu'on pourrait croire qu'on aime tous la musique pour les mêmes raisons. Oulah Ben-Hur. Evidemment tu vois pas le danger, plus flou tu meurs.

Bon voilà c'était le billet d'humeur. Au début c'était une introduction à la vraie réaction, au vrai amour, que vous pouvez toujours lire ici. Mais c'est trop long maintenant, les gens ne lisent pas quand c'est trop long. C'est con hein?

Ma grand-mère disait, quand un de ses petits-enfants faisait des réfléxions sur ce qu'il avait dans son assiette, "N'en dégoûte pas les autres!".

Bon raisonnement. Dans un monde ou on aurait tous la même façon de goûter. Mais ici, dans le Monde d'Ivi Kromm, on - et par conséquent vous aussi - veut bien se goinfrer de choses dégoûtantes pour peu qu'on les aime, et on ne croit surtout pas que parce que le papier a dit que c'est ça qu'il fallait aimer, il faut l'aimer. On goûte, et on voit ce que ça a nous dire, comment ça nous transforme.

A demain, surfeurs des neiges.

11.12.2007

La maison, onzième et dernière partie.

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie
Dixième partie

Le pinçant entre son pouce et son index, Catherine écrase son mégot dans le joli cendrier de la table qui n’a pas été débarrassée, puis jette son paquet vide à la poubelle. Ceci fait, dansant toujours au son de Valentin, elle entreprend de rejoindre son grenier… Elle pousse la porte. Du coin de l’œil, alors qu’elle avance vers les tas de vêtements, elle aperçoit Hannah et Samson, entrelacés et à demi couverts par les draps, terminant dans la joie et les cris leur étreinte passionnelle. Catherine, elle, sort d’un coin perdu un large chapeau noir sur l’avant duquel trône une grosse rose rouge en tissu. Après l’avoir posé sur sa tête et consulté, avec un sourire, le miroir, elle se retourne vers le couple qui, encore tout essoufflé, s’assoit pour la regarder et comprendre ce qu’elle fait. Ce qu’elle fait ? De l’un des cartons qui jonchent le sol, elle sort un paquet de tabac et revient vers Samson et Hannah.
-  Cigarette ?

Ensuite, comme ils tirent leurs premières bouffées, elle va chercher quelques mètres plus loin un tabouret et le ramène devant eux. Puis c’est le chevalet, la toile, les pots de peinture et les pinceaux.
-  A présent, oubliez-moi !

Le piano s’est fait plus doux mais les entoure comme un nuage. Fumant en toute tranquillité, la blonde et le brun se regardent amoureusement, blottis l’un dans les bras de l’autre. « Toc toc »… C’est Tim, il n’a plus de chemise. Il entre. Dans ses mains, il tient le collier qu’il vient de faire à partir de perles vertes et roses. Lentement, il s’avance vers le couple, s’agenouille juste devant eux, et passe le collier au cou d’Hannah. Interloquée, cette dernière pose sa main sur sa joue… puis la passe dans ses cheveux, jusqu’à lui attraper la nuque, et l’embrasser subitement. Mais elle revient se blottir dans les bras de Samson, qui prend la main droite de Tim et y dépose un baiser.
-  Demain, tu y verras plus clair et tout ira bien, dit-il.
-  Ecris, écris tout ce que tu crois, ajoute Hannah avec aplomb.

Lentement, Tim tourne la tête alors que le piano joue de plus en plus fort et que ces deux corps si proches se diluent dans l’air et dans ce décor de grenier. La bouche de Catherine s’entrouvre, s’ouvre, s’ouvre de plus en plus grand alors que tout se mélange, que tout tangue, elle ouvre grand la bouche, elle va crier…

 

-  Maintenant, disparais !

 

FIN

09.12.2007

La maison, dixième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie

C’est presque uniquement cette dernière phrase qui fait fondre Samson, qui lui donne envie d’essayer de lui faire vivre le contraire. Il relève donc le visage mouillé de larmes de la blonde en jupe fendue – fente qu’il élargit rapidement – et, après l’avoir longuement regardé dans les yeux, il l’embrasse passionnément. Comme elle semble plutôt apprécier la situation, il n’hésite pas à retirer son poncho, dévoilant son corps fin et musclé. Elle s’accroche tellement à ses épaules, gardant ses lèves, que c’est lui aussi qui fait disparaître la jupe fendue, le pantalon de toile, et l’immense pull rouge, comme tous les sous-vêtements. C’est lui enfin qui la traîne sur le matelas tout proche pour unir leurs corps dans les draps fins… Samson bouge comme un médecin fou amoureux d’une droguée, alors qu’un piano résonne magnifiquement dans toute la maison. Car pendant ce temps, les autres n’ont pas perdu le leur : Valentin, ayant finit de fumer, est monté dans sa chambre où, plein d’énergie, il s’est assis face à son piano, se lançant dans un Mozart qu’il n’avait pas joué depuis des années… Et c’est réussi, car la maison entière prend une dimension magique à mesure qu’il appuie sur les touches de son instrument majestueux.

Il n’est en effet pas le seul à y trouver son bonheur… En haut, on va jusqu’à se caler sur son rythme, en bas, Catherine, sa cigarette à la main, se laisse ballotter par la musique, les yeux fermés… Tim, lui, retombe en enfance, bouleversé par la question que lui a posé Samson tout à l’heure. Instinctivement, il a attrapé un bocal contenant des perles de bois multicolores, et se met à en faire un collier…

...Onzième et dernière partie.

06.12.2007

La maison, neuvième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie

-  Je m’appelle Hannah Falsburry, et voici mon histoire.

Comme elle se lance dans un long récit, Samson s’agenouille à ses côtés et la regarde, attendri et à l’écoute.

-  J’ai grandi dans une riche famille américaine qui ne m’a jamais rien appris d’intéressant. N’étant pas franchement douée pour les études, j’ai vite abandonné pour devenir la secrétaire particulière de mon père… Jusqu’à ce que je comprenne que je n’était pour lui qu’un appât à clients, car il suffisait que je me laisse draguer par un jeune homme qu’il aurait aimé voir dans ses associés pour qu’il m’encourage au lieu de me dire de me méfier. C’est donc le cœur brisé par ce constat et d’innombrables échecs amoureux que j’ai quitté mes parents à vingt-trois ans pour aller m’installer chez le premier garçon venu. J’ai vécu ainsi d’homme en homme jusqu’à rencontrer Henry Falsburry, un riche homme d’affaires que j’ai épousé. Je croyais avoir enfin trouvé la sécurité. Belle erreur ! J’ai réalisé que pour lui non plus je n’étais rien, rien qu’une jolie fille sage pour le distraire. En cas de divorce ou de décès, il avait tout prévu pour que je me retrouve sur la paille. Il se trouve que cet homme avait deux fils : Dick et Raphaël, vingt-six et vingt-et-un ans. J’ai eu une idée folle pour m’en sortir : mettre de l’argent de côté au cas où, et cet argent, le voler. Pour cela, j’ai séduit le cadet des frères, et l’ai convaincu de me voler une grosse somme dans une banque où son père avait rendez-vous. Il y parvint. Malheureusement, Dick avait compris notre stratagème et me vola la valise remplie de billets pour la remettre à mon mari, tout cela sans que je m’en rende compte, jusqu’à l’arrivée des policiers. Je m’en souviens comme si c’était hier : ils étaient cinq, deux femmes et trois hommes. L’un de ceux-ci me fit tout avouer en me séduisant… Au procès, je n’ai eu qu’une amende. Le divorce a été prononcé et Henry a été obligé de me verser des sous… J’ai pris un appartement, mais ma vie ne s’est pas stabilisée du tout. J’ai rencontré un homme, un médecin, Mark. Il était génial… Mais Raphaël est revenu vers moi. Bien sûr, au départ, je ne l’avais séduit que pour parvenir à mes fins, mais finalement c’est lui qui m’a eue. J’ai été conquise par sa jeunesse, son corps magnifique, son côté aventureux… Mark nous a surpris, il a été blessé et j’ai dû le quitter, car je savais pertinemment que d’autres hommes encore pourraient venir à bout de toute ma bonne volonté, comme Sam, le policier qui s’était occupé de moi, ou encore Fred, le fils de l’inspecteur. Ma vie a toujours été un énorme désordre sentimental, les hommes m’attirent dans leur filets et je cède car j’ai besoin d’eux, de leurs corps… Je suis programmée pour le plaisir, mais pas pour l’amour.

...dixième partie.

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