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18.06.2008
La zone

De retour dans la zone, j’attends
On m’a fouillé, regardé
Sous toutes les coutures
Vérifié mes papiers
Observé ma figure
Et placé dans la zone où j’attends.
Au milieu d’un désert de déchets, de buildings
Qu’on ne traverse à pieds qu’en cas de catastrophe
J’ai été trimballé de parking en parking
A cet énorme endroit où l’on vent des étoffes,
Où l’on vent des produits luxueux et mondains
Au son de morceaux creux supposés à la mode
Qui apprécie ce monde où l’on respire en vain ?
Se voulant libre il est pourri de codes.
Je vais entrer dans la machine
Qui va me transposer
Sur une terre voisine où l’on va me sauver...
Et nous irons alors oublier ces moments
Dans un troquet en ville où d’innombrables gens
Des petits, des tranquilles parleront du temps.
Et sans entraves enfin je serai sans tourments.
Birmingham 04/05/08
11:18 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, société, voyage, urbanisme, ivi, kromm
15.06.2008
Potemkine
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l'océan
M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents
Ma mémoire chante en sourdine
Potemkine
Ils étaient des marins durs à la discipline
Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers
Et le cœur d'un marin au grand vent se burine
Ils étaient des marins sur un grand cuirassé
Sur les flots je t'imagine
Potemkine
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où celui qui a faim va être fusillé
Le crime se prépare et la mer est profonde
Que face aux révoltés montent les fusiliers
C'est mon frère qu'on assassine
Potemkine
Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade
Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint
Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade
Marin ne tire pas sur un autre marin
Ils tournèrent leurs carabines
Potemkine
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l'on punit ainsi qui veut donner la mort
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort
Ce soir j'aime la marine
Potemkine
Au nom de tous ceux qui le voudront bien, Ivi Kromm déclare:
MERCI AUX IRLANDAIS!
Merci d’avoir dit NON, merci d’avoir osé défier la machine, bravo de ne pas avoir cédé à la trouille que j’imagine on a tenté de vous foutre. Nous sommes des millions, nous sommes des milliards, nous sommes un peuple entier à ne pas en vouloir. Nous sommes avec vous. Nous, le peuple, l’unique peuple qui se constitue face à l’ennemi commun : les esclavagistes.
Car on en est là. Et c’est le seul mot qui me vient, puisqu’il ne s’agit plus de noblesse, plus d’aristocratie, plus de bourgeoisie ou de quoi ou de qu’est-ce, plus même de politique, puisqu’il s’agit de nous, de l’homme sans défense face à celui qui joue avec armes et violence.
Vous redonnez de l’assurance à ceux qui vacillaient, pulvérisez les « c’est du franco-français », vous destabilisez notre magnificence, son altesse joggueuse, vous préférez la France. Vous vous battiez encore quand nous les bâillonnés acceptions notre sort après la lutte armée, nous allions à l’échec, nous allions à la mort, vous vous interposez et sauvez nos efforts. Car oui, car toujours, on en est là.
Il avance, il avance ce monde dont nous ne voulons pas.

Il avance ce monde DONT NOUS NE VOULONS PAS !
Jean Ferrat et Kromm, 13/06/08
17:32 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, traité de lisbonne, irlande, europe, poésie, union européenne, referendum