14.05.2007

Plus loin que la nuit et le jour

Voyage

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Voilà encor l'été! Mais pour rien je ne veux
M'évader dans le clos d'un chevaleresque âne
Avec de viles chiffes, gros colimaçons creux
Ironie de la fleur qui au soleil se fane!

Tant qu'à me retrouver sur le sol chérifien
Je ne vais pas moisir, faiblard au bord de l'eau
Je veux fouiller, chiader, les souks tôt le matin
Trouver le perroquet qui dit "Coco! Coco!"

Et dans cette chienlit je veux devenir fou!
Me mettre au chuintement, m'écorcher les genoux
Décorer mon falzar, me tartiner de fange

Et puis rentrer le soir, le regard fatidique
Compter mes vieux fafiots pour une chambre épique
Enfin pourvoir rêver à des fumées étranges...

Minuit, le 02/04/2007
Le Bouguen.

10.05.2007

Le bal des saisons...

...toute la journée...
Comme promis, voici des sonnets.

Un jour de pluie

Un jour de pluie, un de soleil, puis un de vent
Frappe-t-il à ma porte? Veut-il vraiment entrer?
Ou rester sur le seuil, ce lourd, ce fol été
A tirer sur sa clope avec le vieux Printemps.

Ah! Laissez-moi rêver de l'entrée fracassante
Qu'en place du vieillard la hongroise princesse
Ferait dans un immeuble en chantant "Que ça cesse!"
Brandissant tout à coup sa lame étincelante...

Elle découperait nos corps vieillis en miettes
Et trouverait au fond d'une fine pochette
La bouillante eau-de-vie qu'elle tiend du Roi-Serpent!

Ainsi chacun de nous révélé au grand jour
Pourrait fermer sa porte à l'été hésitant
Ou lui dire en souriant "Viens me faire l'amour"!

04/05/2007
Début de soirée.

Par pitié ne voyez pas de rapport entre notre nouveau Président et la princesse dont il est question... Elle ne sort pas d'un chapeau, elle vient plutôt de l'imaginaire ancestral.

20.03.2007

Dans ta face!

Waouh! Il fait mal, ce retour du froid alors que février semblait être le premier mois de l'été.
Mais je n'oserais m'en plaindre... Au contraire!
Ce sont bien les saisons qui rythment la planète!
Alors voici Emile pour fêter l'hiver.
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Ivi Kromm, en direct d'un drôle de Brest surpris par ce mélange soudain de grêle, de neige, de pluie et de vent.
Comme un rayon de soleil dans les nuages:

Hiver sentimental

Loin des vitres ! clairs yeux dont je bois les liqueurs,
Et ne vous souillez pas à contempler les plèbes.
Des gels norvégiens métallisent les glèbes,
Que le froid des hivers nous réchauffe les coeurs !

Tels des guerriers pleurant les ruines de Thèbes,
Ma mie, ainsi toujours courtisons nos rancoeurs,
Et, dédaignant la vie aux chants sophistiqueurs,
Laissons le bon Trépas nous conduire aux Erèbes.

Tu nous visiteras comme un spectre de givre ;
Nous ne serons pas vieux, mais déjà las de vivre,
Mort ! que ne nous prends-tu par telle après-midi,

Languides au divan, bercés par sa guitare,
Dont les motifs rêveurs, en un rythme assourdi,
Scandent nos ennuis lourds sur la valse tartare !

Emile Nelligan,
Les pieds sur les chenets 

05.01.2007

Retour d'Emile

Ce petit froid de janvier...
Ah, si tout pouvait être aussi calme.

Rondel à ma pipe

Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, ma bonne pipe,
Selon notre amical principe
Rêvons à deux, ce soir d'hiver.

Puisque le ciel me prend en grippe
(N'ai-je pourtant assez souffert ?)
Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, rêvons, ma pipe.

Preste, la mort que j'anticipe
Va me tirer de cet enfer
Pour celui du vieux Lucifer ;
Soit ! nous fumons chez ce type,

Les pieds sur les chenets de fer.

Emile Nelligan

01.01.2007

Alors alors...

Salut, surfeur des neiges.
Malgré la petite touche de mélancolie et de problèmes de santé qui m'atteint en cette période de fêtes, voici un peu d'espièglerie bien loin du monde de Candy pour prendre ces grosses merdes de bonnes résolutions.

Bonne année à tous.

On exposait une peinture
Où l'artisan avait tracé
Un Lion d'immense stature
Par un seul homme terrassé.
Les regardants en tiraient gloire.
Un Lion en passant rabattit leur caquet.
"Je vois bien, dit-il, qu'en effet
On vous donne ici la victoire ;
Mais l'Ouvrier vous a déçus :
Il avait liberté de feindre.
Avec plus de raison nous aurions le dessus,
Si mes confrères savaient peindre. "

Le lion abattu par l'homme,
Jean de la Fontaine, Les fables.

28.12.2006

Pause brittophone

Etre Nedeleg ha Kalanna

Ar profoù 'gouezh deus an oabl
Da gentañ 'kichen an tan
Deus fent ha boued eo graet ar bed
Deus ma godell 'gouezh an arc'hant.

Etre Nedeleg ha Kalanna
'Vez iskis an amzer ha
'Tre Nedeleg ha Kalanna
'C'hell c'hoarvezout forzh petra.

Tabutoù, huchadennoù vil
Poent eo mont da gousket
Ha setu devezhioù goullo
Yenijen ha tud marvet.

Etre Nedeleg ha Kalanna
'Vez iskis an amzer ha
'Tre Nedeleg ha Kalanna
'C'hell c'hoarvezout pep tra.

Rediet eo ar blijadur
En em soñjal, en em soñjal
Na gorreg eo an orolaj
Prientiñ traoù prientet fall.

Etre Nedeleg ha Kalanna
'Vez iskis an amzer ha
Na gorreg eo an orolaj
'Tre Nedeleg ha Kalanna.

Etre Nedeleg ha Kalanna
Erc'h deus beure, avel deus noz
'Tre Nedeleg ha Kalanna
E c'hell mervel forzh petra.

Echuet d'an 29/12/2005
Logivi, araok 3 eur beure.

Hier c'était la fête d'Ivi Kromm...
C'est la fête!

02.11.2006

Dépression

Arnev

Div goumoulenn o pourmen

Fall o imor, teñval o fenn.

Tommet-mat dezho diouzh feson

Rak un nebeud a-dreuz e kerzhont

Ha daoust m’eo ledan an hent

Emaint aet da ’n em dourtal

A-walc’h. Keta ? ’vit kounnariñ

Ha lakaat an traoù da dreiñ fall.

… Oi ! Setu trouz o sevel,

Malañ gros a reont a lajadoù

Teurel outo tan ha luc’hed

Erfin ’n em gannañ ken a foeltr,

Ma tever an dour outo a dakadennoù.

— A dakadennoù ? A-ruilh, a-builh, a-struilh !

Ret eo lazhañ tan ar gounnar…

            Torret ivez e sec’hed d’an douar !

Mezheven 1964

Anjela Duval 

  

La pluie, l'orage... Et la joie de vivre. 

04.10.2006

Problèmes d'automne

L'automne, c'est la saison où le moral va et vient, la période où certaines émotions sont ressenties plus particulièrement que le reste de l'année... La mélancolie, bien sûr, mais aussi la détermination ou la joie de vivre... Chez Ivi Kromm, les jours de grand vent sont propices aux montées en puissances autant qu'aux descentes aux enfers. Mais un autre phénomène marque l'automne: les premières vraies grosses pluies, pas encore tout à fait froides, mais parfois déjà bien lourdes de tout ce que nous venons de citer. Elles accompagnent les longues nuits de réflexion...

C'est alors

Et c'est alors que vient l'aurore
Et ses moments perdus si durs
Où il faut être si grands, si forts
Mais la lumière sur nous trop pure
Nous force à tout accepter
Et le courage n'a plus d'armée.

Puis
C'est alors

C'est alors que la nuit s'endort
et répend partout son aura de mort
Et c'est alors que la pluie se rentre
Elle sent tomber quelque chose de son ventre!
Et c'est alors que moi j'arrive
J'ai enfin rejoint l'autre rive
J'ai laissé la mort de l'autre côté
J'ai laissé la pluie me lâcher
Et me voilà sauvé.

Et ça fait des années que le monde d'Ivi Kromm tourne ainsi...
Que tous les mondes tournent ainsi...
C'est un processus. Voilà l'interêt.
Et de simples petits gestes ralentissent sa disparition,
Menace, gouffre au-dessus duquel nous sommes des funambules.
Revenons tranquilement, sans panique, sur nos pas,
Et comblons ce gouffre avec notre volonté.

28.09.2006

Et il y a des régions où c'est la sécheresse!

La fontaine
(ou la valeur de l’eau)

Le chemin est long jusqu’à la fontaine
Les mauvais sentiers nous emportent au tourment
Il faut traverser mille arides champs
Et lutter comme jamais contre l’épée d’ébène.

Le chemin est long jusqu’à la fontaine

Mais j’irai jusqu’au bout peut-être hurlant ton nom

Et j’y boirai notre eau qui jadis à foison

Courait dans nos rivières pour détacher nos chaînes.

(Bénite ou bénie, avec ou sans nitrates, l’eau est un cadeau dont il faut savoir profiter. Pourtant, un certain respect lui est dû... Mais c'est à vous d’interpréter à votre manière les multiples facettes de la fontaine.)

24.09.2006

Magie de l'été

Diskuizh war al leton
(ou la magie de l'été)

Arri eo seizh eur…

Arri eo an eur

Ha diouzh an tour toullet

‘Deu trouz er bourkig tavet !

Sioul, seder, met nerzhus o son
Kleier Berlevenez ‘grog gant an ton
Na burzhudus kêr Lannuon:
Kar setu St Yann o respont!
Ar selaouer neuze ac’h astenn
Met n’eo ket echu an abadenn
Rak adarre ‘glever o c’han
Gant ar skalier diskennit buan
Ha dañsomp tudoù war ar vali
Arri eo bremañ an eur da c’hoari.

Juillet 2006, Brélevenez.

Eh oui, pour ceux qui l’ignoraient, Ivi Kromm est brittophone...