18.06.2008

La zone

De retour dans la zone, j’attends
On m’a fouillé, regardé
Sous toutes les coutures
Vérifié mes papiers
Observé ma figure
Et placé dans la zone où j’attends.
Au milieu d’un désert de déchets, de buildings
Qu’on ne traverse à pieds qu’en cas de catastrophe
J’ai été trimballé de parking en parking
A cet énorme endroit où l’on vent des étoffes,
Où l’on vent des produits luxueux et mondains
Au son de morceaux creux supposés à la mode
Qui apprécie ce monde où l’on respire en vain ?
Se voulant libre il est pourri de codes.

Je vais entrer dans la machine
Qui va me transposer
Sur une terre voisine où l’on va me sauver...
Et nous irons alors oublier ces moments
Dans un troquet en ville où d’innombrables gens
Des petits, des tranquilles parleront du temps.
Et sans entraves enfin je serai sans tourments.

Birmingham 04/05/08

14.04.2008

Dans le midi

Agen.

Agen contient un pli que tout le pays avant semblait attendre, traversé par un canal enuyeux, un long couloir droit et propre, ça a l'air triste, ça a l'air... Le versant du pli évoque le passé, les grand-mères esseulées, ennuyées, usantes, comme la voix du chef de bord dans les wagons. Des usines, le long de la Garonne. La grosse Garonne qui à Toulouse chantait sous le soleil ou dormait, illuminée, est une mère pauvre de dessin animé. C'est le personnage à la vie difficile, au destin malheureux. Elle voudrait être belle et bienveillante mais elle n'a plus de force, dépouillée de tous ses biens dans ce désert, n'ayant pas les moyens de se prendre des cachetons alors elle reste saine mais hélas! Elle se blesse sur les poubelles des villes dans lesquelles elle habite.

On sent ce pays étouffant où les gens vivent encore pour travailler, on le sent agoniser, mourir, et n'être bientôt qu'un grand terrain plein de détritus pour pesticides tombés de satellite.

Pourtant, Toulouse la Belle, quatrième ville de France, Toulouse l'infidèle, Toulouse aux raisonnances des grandes avenues dans les sombres ruelles qui étouffent les cris comme les murs d'église, Toulouse... aux cent clochers, Toulouse qui rappelle une prison dorée.

Toulouse est envahie de poulets et d'Agen de toutes sortes qui virent les joyeux d'un beau centre bourgeois et moi qui suis passé sous toutes ses caméras je ne peux maintenant que trembler, Oh oui la France va mal mais ce n'est pas de réformes - mes chers cons! - dont elle a besoin, c'est de joie.

Et si par la même occasion vous aviez quelques plantes vertes pour le pays de Tonneins alors envoyez-les.

17/03/08, train Toulouse - Bordeaux.

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Quelques temps après Marmande, une petite route goudronnée longe la voie ferrée. Une large bande d'herbe grasse les sépare. De l'autre côté, un immense champ vide. Terre à nu, quelques pieds d'on ne sait quoi morts sur place. Et voilà le paysage inchangeant sur de longues minutes.
Et puis tout à coup: un vieux! Un vieux courbé avec un pantalon de velours et un pull de laine, une casquette de vieux... Un vieux qui avance lentement le long de la petite route, sans rien, comme ça. Et il avance, répétant les mêmes mouvements, ceux qui permettent à un corps d'avancer. Le train le dépasse à toute allure et continue à longer la même petite et interminable route.

11.02.2008

Sur le terrain.

Qu’est-ce qu’ils sont chiants ces « techniciens de surface » - comme il faudrait qu’on les appelle, la bonne blague, enfin – tu crois pas qu’ils se baisseraient pour ramasser les papiers non, ils diront qu’ils ont pas vu, bien sûr… Et alors ne parlons pas de la serpillère, hein, je sais pas où ils ont appris à la passer, surtout le petit con qui arrive toujours cinq minutes en retard en m’obligeant à m’arrêter dans mon tour des rayons pour aller lui ouvrir, et qui me regarde en soupirant là, celui-là j’te jure je le casserais si j’étais son patron ! Je sais pas combien il est payé mais de toute manière c’est toujours trop pour un travail aussi mal fait, franchement. Mais je disais, la serpillère... Si je lavais comme ça chez moi mais j'aurais jamais personne à dîner! Ils sont mais ils sont… Et alors va leur faire une remarque à ces imbéciles… Ils comprennent pas un mot ! Ils bafouillent un bonjour le matin et c’est tout ce qu’ils savent ! On trouve vraiment de tout dans ce pays. S’il y a bien une chose qui me fait sortir de moi c’est de me lever à six heures du matin pour voir leurs sales gueules d’analphabètes à chaque coin de rayon à faire semblant de bosser quand je passe !

Ça me fait bien rire quand j’entends les petits apprentis politiciens de gauche extrêmiste là, de… Parce que quand t’y réfléchis ils prétendent s’exprimer au nom des gens comme ça, comme mes techniciens là ! Non mais… C’est grotesque ! Déjà faudrait qu'ils sachent s’exprimer, si je peux me permettre un peu d’humour, encore que! Encore que! Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien vouloir de plus ? Attends... Ils sont payés à rien foutre, ils bossent deux heures par jour ! Et ils seraient encore foutus de se plaindre ? En plus la plupart ils prennent un deuxième boulot, hein, ils ont le temps, évidemment ! Ils se font des couilles en or en sachant à peine parler c’est hallucinant, excuse ma vulgarité, tu sais que c'est pas mon genre mais franchement... Ils ont aucune espèce de responsabilité, aucune, rien. Des fois je me dis vraiment, il y a vraiment des profiteurs.

(8/2/8 Alex hall, un peu avant onze heures)

06.01.2008

Philosophie des feux d'artifice

 

- Alors ils ont ouvert le champagne. Et tout à coup j’ai eu un genre d’illumination, tu vois, j’étais là debout au milieu du salon avec ma bière dans la main – oui bon d’accord j’étais bourré, mais bon, ça ne change rien au problème. Je les ai vu commencer à se sauter dessus, et comme Nathalie se précipitait vers moi pour m’embrasser aussi dans les cris et les bulles qui nous éclataient à la gueule là j’te jure, je me suis dit… « Mais qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’il se passe exactement ? » Et tu vois j’arrête pas d’y repenser depuis mais quand on y pense en fait… C’est d’une connerie monstrueuse tout ça. Comme si ça changeait quelque chose là du 31, 23h59 au 1er, 00h01 ! Mais rien ! Rien ne change ! Et je me suis dit alors pourquoi on fait la fête ?

- Au ben parce que tout le monde le fait ! C’est une occasion, c’est tout, faut pas…

- Ben c’est ça le problème tu vois. C’est pas une occasion. C’est ce qu’on croit. C’est comme une obligation car si il te venait à l’idée de pas fêter ça mais tu passerais pour un fou ! C’est une telle évidence qu’on n’ose pas la remettre en question. Mais quelle évidence bon dieu ! Une fête c’est quand on a quelque chose à fêter, non ? Mais on a rien à fêter ! Ça ne correspond strictement à rien tout ça ! Le calendrier c’est nous qui l’avons inventé, ça pourrait très bien être deux jours plus tard je sais pas tu vois, je… Ça correspond même pas aux saisons. Même pas ! Rien de naturel, rien, il n’y a rien de rien !

- Pourtant il doit bien…

- Oui ! Oui ! J’vais te le dire moi, c’est comme par hasard une semaine jour pour jour après noël ! Et on ose dire qu’on est laïcs. Oui bien sûr il n’y que moi pour penser à ça, bien sûr ça fait chier, c’est des détails on n’a qu’à profiter de la fête et puis c’est tout c’est ça ? Ben non. C’est à force de plus réfléchir à rien, de tout accepter, même des petites choses à la con comme ça, qu’on se fait avoir tout le temps. On sait plus se méfier. On accepte tout car on croit que « c’est comme ça ».

- Mais attends moi je veux bien mais j’ai pas envie d’avoir une vie morose là, où je reste tout seul à faire la gueule pour des raisons bon… voilà, quand tout le monde fait la fête. Merde, écoute !

- Ehe… Tu me connais plus j’ai l’impression… Tu crois que c’est mon genre de rester tout seul à déprimer ? Non, moi aussi j’aime bien la cuite avec les potes. Le tout c’est de savoir ce qu’on fait là. Si on fait la fête, c’est parce qu’on en a envie, point. Faut assumer un peu. Oui, on aime se prendre des cuites ! Et non, on en a rien à foutre de ce changement de chiffre. Les « meilleurs vœux » d’usage, on oublie. On arrête de sauter en l’air en faisant le décompte. Etc. Enfin moi j’arrête, hein, voilà. Et je sens bien que je suis pas le seul à vouloir un peu remettre du sens dans tout ça. Mettre du sens c’est déjà en chercher et reconnaître quand il n’y en a pas, je crois.

- Hum… Pourquoi pas après tout. Tu sais dans le Pub où j’étais ils faisaient n’importe quoi, ils ont crié le décompte une dizaine de fois, avant l’heure et après l’heure enfin… Finalement ils disaient comme toi, hein, enfin sans nous faire le discours philosphique là, sans s’en rendre compte sûrement… Mais quand on y pense c’est le même sentiment que tout ça c’est une vieille mascarade à deux balles. Alors détruisons-là, ouais, faisons-en un truc tripant !

28.12.2007

Souvenirs d'indépendance et voeux

"Ah ben moi j’dis d’accord, très bien l’indépendance, on vous la donne mais alors plus question de profiter de tous nos trucs économiques, hein, terminé ! …Attends, là, ils veulent jouer à ça, ils vont être servis."

"Ecoute moi quand j’ouvre un atlas je vois le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, la Pologne, d’accord, point. Alors tu peux me dire tout ce que tu veux, c’est comme ça ! Qu’il y ait des gens qui parlent des langues là, bon d’accord, mais que je sache t’as pas besoin de connaître ces langues pour travailler je me trompe ?"

"C’est vraiment trop stupide ça. Non mais je comprends pas sérieusement, on est tous ensemble non ? Pourquoi vouloir se séparer comme ça ? Ah ben non pas les Etats, non, l’Europe d’accord mais on garde nos pays respectifs, hein, c’est pas pareil !"

"Comment ça il y a cinq cents ans ? Ben c’est quand même long cinq cents ans, excuse moi, alors non c’est pas un pays ! Comment ça j’y connaît rien ? Toi non plus que je sache ! Attends deux segondes, toi. Non c’est pas un pays. Oui je sais qu’il a dit ça, mais je suis pas d’accord !"

 

...Et puis chacun a son petit avis. Etrange sujet qui révèle tout ce que tu veux : hypocrisie, mépris, fierté, idéologèmes, préjugés, conceptions irréfléchies, nationalisme, tension, colonialisme, fermeture, autoritarisme… Mais ma vieille Europe, t’es tellement confortablement assise sur la démocratie que t’es en train de lui chier dessus ma parole !

Encore et toujours le même constat. Ce dont on ne parle pas constitue une bombe à déchirement humain inégalable. Alors parlons en, par pitié. Et commençons par laisser s’exprimer ceux qui sont concernés.

VOEUX KROMM:

Joyeuses fêtes pourries à tous !
Et spécialement à la Bretagne qui me manque, et à mes amis basques, gallois et silésiens. Salut à toi communauté des étrangers, tribus des voyageurs, et enfin à la France, mon amante aimée et détestée dont parfois je me résigne à porter les couleurs, tu es belle dans ce que tu as de plus plouc. Tu es belle dans ton fromage et ton vin, tu es belle dans tes gens. Dans ton cru. Et ton cru, voilà ce qu’il est, voilà comment il me fait rêver, étrangement plus moderne et excitant que ton... Ton côté clinquant, bling bling, jouant à l’héroïne droguée qui écrase les autres pour exister, on la prend quelques nuits et puis elle dégoûte comme elle est presque fière d'être écoeurante.

 

Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux. On serait même prêts à te pardonner et t’accueillir, tiens, tellement on est bouffés par le positivisme. Celui d’où nait l’espoir et la lutte.

Alex hall 26/12/07 vers midi.

16.09.2007

Spécial K

(Conclusion sur l'apparence)

La femme

Elle aime la robe, elle aime le bijou
De façon passionnée, profonde et étrange
Ses yeux ont alors le reflet métallique
Que prend l'oeil du chat pour la souris qu'il mange.
Le bijou sur son cou, le bijou sur sa main
C'est elle, c'est un peu d'elle incrusté dans sa chair
La robe est une peau qu'elle vêt pour se plaire
Elle palpe le tissu d'une chaude caresse
Puis elle va légère, heureuse et un peu fière
Et elle n'est plus du tout ce qu'elle était hier.

Yvonne Le Mage

Tuons cette femme!

11.09.2007

Raaaah les dieux du stade...

Les dieux du pieu
Les dieux du sexe!
Avec leurs gros ballons ovales
Ils donnent envie d'une grosse caresse.

« Défonce-moi mon lion! »

Non mais franchement...
Il a l'air futé là, à se trémousser sur du carrelage?

Eh bien non!
Pas tout le monde, encore une fois.
Qui aurait cru que le petit instituteur Laurence Brown...

  • Le fait est qu'il n'est pas brillant. Je me demande comment une femme peut s'amouracher d'un type comme ça!

  • Vraiment? Pourtant, il a beaucoup de sex-appeal.

Je restais sceptique.

  • Une mauviette comme lui?

Sophia rit franchement.

  • Pourquoi les hommes se figurent-ils qu'il faut être construit comme un déménageur pour séduire une femme? Du sex-appeal, Laurence en a bel et bien. Mais je ne m'étonne pas que vous ne vous en soyez pas aperçu...

Agatha Christie, La maison biscornue (Crooked house), Club des Masques 1951

03.09.2007

L'Europe, même sous Sarko!

          Ben moi j'veux bien être relogée! Ils disent, elle dit, la bourge qu'a été élue, là, que je dois choisir entre le logement et mes chiens! Comment je peux faire ça? J'vais pas du jour au lendemain, comme ça, dire adieu à mes neufs chiens! Surtout qu'ils vont en faire quoi? Les piquer? Ben non, hein. Moi j'préfère rester sous ma tente. Là c'est l'été ça va. J'espère qu'ils m'accepteront pour cet hiver quoi parce que sinon... Ça va être dur quoi. Ben non, elle m'a jamais proposé de compromis, la mairesse. C'est comme ça elle... Elle fait en sorte que ce soit de ma faute. Elle tourne les choses à son avantage, elle dit « C'est elle qui veut pas être relogée, elle doit faire un choix entre ses chiens et un logement, elle choisit les chiens », mais c'est elle qui me donne ce choix là! Pourquoi elle m'interdit de venir avec mes chiens, ça elle dit pas. Elle doit penser qu'ils vont tout casser mais ils sont gentils mes chiens! Et puis y a pas de milieu de toutes façons. C'est comme si elle voulait m'éduquer là, me dire que c'est de ma faute, que c'est mon choix. Mais on éduque pas les gens de quarante-sept ans quand même! Moi j'ai même pas pu discuter. J'ai pas mon mot à dire. C'est la mère supérieure qui prend ses décisions toute seule, et après elle vient dire que c'est de ma faute. On a plus le droit d'avoir des chiens alors? Moi si je pouvais, j'aurais pas un logement, j'aurais une maison déjà. On n'est que des pions, on n'est rien, on est des esclaves avec ces bourges. Il nous faut un travail, et un logement. Pour se loger quoi! Pour être au repos avant le prochain jour de travail. Et si je les emmenais quand même dans le logement mes chiens? Ils mettraient des caméras pour vérifier? Ils veulent encore en rajouter à Paris à cause de l'Italien, là. Ici il nous ont supprimé les policiers alors tu parles, qu'ils nous mettent des caméras! Bravo! Comme dans les lycées où c'est la télé qui fait les cours... Moi je l'ai vu, hein, avec ma nièce! Vidéoconférence, ils appellent ça. Un prof pour toute la région, et des télés. Dans les classes, dans les rues, dans les appart! Et alors l'Europe, l'Europe, qu'on m'en parle plus! Harmonisation européenne, c'est toujours c'qui arrange les bourges, jamais les gens. Parce-qu'au Danemark par exemple, c'est interdit les caméras de surveillance! Hein! Vous le saviez, ça, le journaliste? Vous qui devez nous informer? Vous le dites, ça? Que c'est interdit les caméras de surveillance au Danemark! Et que l'Europe, là, elle a dit oui aux patates OGM! Vous nous le dites, ça? Ben non, hein... Voilà aussi.

17/08/07

18.08.2007

Attends, là...

Lui, il voudrait le faire tout le temps, dès que les petits sont couchés. Il n'arrête pas de l'appeler pour lui dire qu'il l'aime... Et il l'aime, j'crois bien. Il avait seize ans quand il l'a encontrée. Avec sa petite gueule de beau gosse, son visage... fin, ses traits bien définis, il avait dû en séduire déjà une bonne louchée, mais quelque chose a fait que cette petite blonde de quinze ans, il l'a trouvée belle et voilà, ça fait quatre ans.

Quatre ans dans la face, quatre ans d'un amour de jeunesse sans grand intérêt, croyez-vous? Quatre ans à se priver d'une vie plus vagabonde? C'est tout l'inverse. Vingt ans. L'âge où tant de petits fils et petites filles à papa sont encore en crise, ou tant d'étudiants glandent sur des terrases, ou tant de guignols s'habillent chez Nike et se donnent des airs ridicules pour traverser la rue. D'ailleurs les miens, là, ceux dont je vous parle, Aurore et Kevin, ils ont leurs petits côtés comme ça. Ils passent inaperçus dans ce flot de jeunes. Grands, beaux, habillés selon les derniers critères à la mode... Elle est maigre, bien coiffée, avec un pantalon serré et un « haut bleu azur » moche, étroit, qui met sa poitrine en valeur. Il a un genre de chemise large aux épaules pour les larges d'épaules et un jean bien droit, du gel dans les cheveux en brosse, on va dire. Il a l'air fin et musclé. Ils iraient bien en boîte. Et pourtant... Ce petit couple de petits cons sont des jeunes parents. Leur petite fille est née quand Aurore débutait son année de terminale, le petit garçon il y a dix mois, avant qu'elle ne décide de se lancer dans une fac de médecine. Cette pétasse qui rigole tout le temps est en fait une jeune femme courageuse, qui à dix-neuf ans se lance dans une filière sélective avec deux enfants en bas-âge dont une avec laquelle elle a passé son bac. Et l'air de rien, comme si c'était simple! Elle s'en fout, elle le fait, elle n'attend pas de compliments! Lui, il est cuisinier. Il a fait un CAP. Il ne connait pas le mot « culinaire », il a d'ailleurs peu de vocabulaire et s'exprime mal. Il est beau, très beau, il sourit, il rigole, il accepte qu'on se moque de lui, et il adore sa vie, on dirait, il aime son petit resto sympa pas trop près de Paris ou il fait des « plats du jour », des entrecôtes et d'autres viandes pour des menus à 9 et 15 euros. Ils ont un appart.

Alors je sais pas, peut-être qu'elle est ridicule de s'engager dans la médecine, peut-être que c'est leurs parents qui s'occuppent tout le temps des gosses, peut-être... Je ne connais rien de leur vie et ils illuminent ma pauvre télé. Ils ont juste l'air heureux. L'air de dire « On est amoureux, on est super bien ensemble, on a fondé notre famille alors qu'on à peine quitté la notre et c'est génial, on est vivant et on est bien, voilà. Et on va le rester. » Ils ont l'air magnifique.

Vous savez où je les ai vus ces gens? A la télé, oui, en prenant mon petit déj' vers onze heures et demie. A cette heure là, il y Joël Robuchon, Le destin de Lisa et Les Z'amours. Si je m'attendais à voir ça aux Z'amours. C'est con les Z'amours, non?

Et c'est con cet espèce de ton solennel que je prends dès que j'ai été émerveillé par quelque chose, par exemple aussi les échasses dans les festivals médiévaux ou autre. Vous voyez pas le rapport? Ça m'émerveille. J'me détends. Ben là, j'ai été émerveillé. J'ai eu envie de les connaître, comme d'autres ont envie de rencontrer les « stars », et en les voyant, ils se mettent les mains sur la bouche grande ouverte, comme leurs yeux sont prêts à verser une petite larme d'émotion. J'étais un peu dans cet état là, mais un peu plus amusé, parce-qu'ils rigolaient, je partageais sans les connaître. Etre dans cet état-là devant France 2 à onze heures et demie, je vous raconte pas, je dois être la pire victime de la télé au monde.

J'm'en fous. Ça fait du bien de voir des gens bien.

Mes chers Aurore et Kevin, si vous tombez sur ma note... Ouais, bon, si vous tombez sur ma note, par hasard, tout est possible après tout... Un grand salut de la part d'Ivi Kromm. Avec toute mon amitié.

15.08.2007

14 juillet

On vit du sexe, on dort du sexe, on mange du sexe, on pense du sexe et on parle du sexe. De Secret Story aux défilés nationaux... Du sexe, encore et toujours, du sexe.
Ivi vous propose de trouver un air joyeux, enfantin, et con pour chanter ceci:

Fête

Faisons une pause
Faison la fête
Fêtons l'osmose
Qui nous fait tourner la tête...

Isolons-nous
Fermons les portes
Buvons un coup
Qu'un à un les perdants sortent!

Allez, allez
Admirons-nous!
Bien maquillés
Méprisons, ignorons tout.

Roulons des mécaniques
Ô beaux étalons!
La sensation magique
Dans vos pantalons

Et...
Qu'importe si derrière
Nos murs fortifiés
Les faibles manquent d'air
A nous voir nous vautrer
Dans notre puissance
Dans notre richesse
Avec insouciance
D'un grand rituel de caresses
Jouissons de luxure
Du plaisir interdit
Evitant toute usure
Stériles et sans merci
Mais tous toujours pareils
Que dans les sentiers battus
Et avec à l'oreille...
Un refrain stupide et cru!

15/07/2007 à St Brieuc.

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