19.10.2007

STUP: GUERRE 2

GUERRE. Conflit armé entre des nations, des Etats, des groupes humains. La guerre s'oppose au PACIFISME: recherche systématique de la paix en toutes circonstances, et aux doctrines ANTIMILITARISTES; hostiles à l'esprit ou aux institutions militaires. Eh bien oui. Certaines circonstances peuvent transformer les plus pacifiques antimilitaristes en fous furieux près à prendre les armes.

Alors, évidemment, on se pose la question: peut-on aller, pour défendre ses opinions, jusqu'à se mettre en contracdiction avec ses opinions? Non, vous ne vous posez pas cette question chaque matin au réveil?

Gilbert, lui, se la pose quand il a le temps. Quand il ne travaille pas. Il réfléchit à ce genre de choses, car il sait qu'il perd parfois les pédales, et qu'il est presque violent quand sa nervosité chronique l'empêche de garder son calme. Alors qu'il serait le premier à s'ériger contre la douleur.

On dirait un grand débat, comme ça, mais parfois c'est très concret. Par exemple, pour le jeune père de famille: dois-je foutre une fessée à mon fils parce-qu'il a frappé sa petite-soeur?

Mais comment réfléchir quand des hystériques klaxonnent sans s'arrêter en polluant la ville? Un ballon de football est-il une arme? Si oui, est-ce qu'un match France-Espagne est un conflit armé? Si oui, est-ce qu'une coupe du monde est une série de guerres, et puis allons-y carrément, une guerre mondiale? A ce rythme, on doit être à la trentième guerre mondiale cette année. Pas de camps de concentration, mais des boxs à prostituées. « Oh, mon bon monsieur! Mais il ne s'agit que de plaisir! Personne n'y trouve la mort! » Non, bien sûr. La dignité est déjà morte depuis longtemps! Alors pourquoi se battre? Depuis quelques temps, Sophie ne va plus aux réunions de la ligue de défense des droits de l'homme. Elle a finit par penser que la seule manière de changer le monde, c'était l'éducation de ses enfants. Si elle réussit, ils pourront le faire à leur tour, et ainsi de suite... Le monde alors pourra être meilleur.

Tante Madeleine s'en fout du foot. Mais il faut bien discuter avec la clientèle! L'autre jour, quand même, elle a été honnête. « Je me suis endormie devant dis-donc! » a-t-elle dit à la mère de famille qui a décidé d'offrir une plante à des amis pour leur mariage. L'été: l'époque des mariages. Comment se fait-il que les gens soient si prompts à répéter des adages foireux tout en les mettant de côté dès qu'ils trouvent plus confortable? « Mariage pluvieux, mariage heureux! » ...« Cause toujours! » répond l'employée de l'office du tourisme au café du coin à l'heure où toute la rue laisse la boutique aux jeunes engagés pour l'été le temps d'une pause. « Moi je me suis mariée un jour de pluie, et bien on a divorcé! Et dire qu'on était allés aux Seychelles pour ça... On dira ce qu'on voudra, le divorce reste une arme de paix.

17.10.2007

STUP: GUERRE 1

...
Non, je ne vous aime pas.
Non, je ne vous trouve pas beaux.
Non, vos capacités ne m'impressionnent pas.
Et pour tout ça, j'ai des raisons.
La meilleure, peut-être, c'est qu'il n'y en a pas de vous aimer.
Je ne peux offrir à des inconnus cet amour facile, gratuit, traditionnel, automatique, imposé, malsain. Je ne peux poser sur des inconnus ces regards envieux, séduits, reconnaissants. Vous n'avez rien fait pour moi. Vous n'avez rien fait pour personne. Au contraire: vous détournez les regards pour cacher la vérité. Vous vous moquez d'autrui, vous ne voyez que vous... Et quand bien même j'aurais tort, vous ne cherchez pas à me faire changer d'avis. Vous avancez sans réfléchir. Ce que vous représentez ne me représente pas. C'est monté de toutes pièces, vous vous jouez de nous comme on se joue de vous. Vous me faites horreur. Vous êtes laids. Vous êtes lisses, vous êtes plats dans vos uniformes, cultivant l'immobilisme, la fermeture d'esprit, l'inferiorité. Vous vous laissez posséder des choses qui tournent, gravitent autour de vous, ramassant vos miettes puis vous laissant les leurs. Vous dictez la beauté sans jamais la connaître, vous érigez en symboles, ignorant tout principe, coupez la parole comme des chiens aboient après autorisation.

Vous ne valez pas plus que les bovins gagnant les comices agricoles, et ces derniers m'inspirent même plus de sympathie. Comment vous admirer? Dès que votre heure sonne, je ne ressens que du dégoût.

Ce soir, Alan a du suivre des amis au Kébab. Le journal de vingt heures, présenté par l'atout « séduisant quadragénaire » de la chaîne la plus importante du continent, dit-on, donnait à voir ce dernier sur fond vert pelouse... Anomalie? Non. C'est la coupe du monde. Que dire? Que dire sinon que la marseillaise se marie étrangement mal à la musique turque. La soirée en ville s'annonçait mal, après ces vingt-huit minutes de football, puis deux d'actualités, puis sept de publicité. Payer pour ça... Vous l'aurez compris, Alan fait partie des quarante millions de français qui n'aiment pas ce doux sport. Qui, au fur et à mesure que l'évennement progresse, ne supportent même plus la vue de la couleur bleue. Trop, c'est trop: les unes de journeaux, les suppléments, les pannonceaux « soirée foot » sur les devantures des bars à jeunes, les discussions des pochtrons dans les PMU, le ballon à trois euros avec la pizza achetée, les drapeaux français à la boucherie ou dans la main d'un jeune beauf qui le fait voler au vent pendant que sa copine conduit, le tout au son d'une musique techno usante, les étiquettes sur les pots de yaourts, les chansons de variété...

La dernière fois Corinne était partie faire la touriste sur un fort dans la baie de Morlaix, histoire d'échapper à tout ça. Une heure et quart avant le retour sur le continent, le capitaine s'était mis à gueuler sur tout le monde pour qu'ils reviennent dans le bateau, afin d'être rentrés pour le début du match imminent. Corinne s'était rarement sentie si désarmée.

On ne peut y échapper. C'est l'horreur.