18.06.2008
La zone

De retour dans la zone, j’attends
On m’a fouillé, regardé
Sous toutes les coutures
Vérifié mes papiers
Observé ma figure
Et placé dans la zone où j’attends.
Au milieu d’un désert de déchets, de buildings
Qu’on ne traverse à pieds qu’en cas de catastrophe
J’ai été trimballé de parking en parking
A cet énorme endroit où l’on vent des étoffes,
Où l’on vent des produits luxueux et mondains
Au son de morceaux creux supposés à la mode
Qui apprécie ce monde où l’on respire en vain ?
Se voulant libre il est pourri de codes.
Je vais entrer dans la machine
Qui va me transposer
Sur une terre voisine où l’on va me sauver...
Et nous irons alors oublier ces moments
Dans un troquet en ville où d’innombrables gens
Des petits, des tranquilles parleront du temps.
Et sans entraves enfin je serai sans tourments.
Birmingham 04/05/08
11:18 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, société, voyage, urbanisme, ivi, kromm
10.04.2008
Poésie éphémère d'orientation

Culture
L'art est travail. Si parfois
L'artiste n'a rien fait ou n'existe même pas
Le travail est ailleurs, dans nos têtes
Nous allons le trouver, l'accepter ou le fuir
Le laisser transformer nos douleurs et nos rires
Ou réveiller nos nerfs tout en gâchant la fête.
L'art est réflexion.
La beauté est sensation.
Et si l'artiste est beau c'est pour mieux nous traverser.
Un jeune homme bien fait
Fera meilleur effet
Que ton parfait discours...
Ainsi si tu es laid
Tu ne sauras jamais le pouvoir de l'amour!
Pas son pouvoir sur toi, non, pas ce qu'il te donne
Ça tu y goûteras tôt ou tard si chacun
A quelqu'un qui l'attend et qui le trouve enfin
Quand dans un brouillard sombre un rayon l'illusionne.
"Je n'avais défailli depuis tant de matins!"
La culture... Du cerveau, de la terre...
Tout est travail et exigence
Tout est nouvelles expériences
Et connaissance après les heures de guerre.
Ainsi nous sommes tous destinés au bonheur
Bonheur qui éclabousse et parfois qui fait peur
Aux fraîches jeunes pousses
Qui cherchent leur labeur
Mais viens donc toi ma rousse
Avant que le vieux... ne meure.
Alex, 29/02/2008
Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, interview par Leslie Bedos 1994,
Charles Bukowski, Nouveaux contes de la folie ordinaire.
Photo : Jacques Dutronc.
16:33 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, art, culture, musique, écriture, travail
06.03.2008
Promouvoir l’identité pour mieux la détruire

- Tu vois, c’est marrant de se rencontrer ici comme ça, on avait tous nos petites idées sur les gens des autres pays et finalement on se rend compte qu’on est tous pareils.
- Pareils ? T’es fou si je mangeais comme elle je serais mort !
- Non mais bien sûr mais tu vois sur des petites choses comme ça mais grosso-modo si on compare, en fait on a plus ou moins la même vie quoi. C’est vrai qu’il y a une certaine « culture européenne »… Tu vois ce que je veux dire ?
- Moi je crois qu’on est différent quand même. Je sais pas non, je suis pas comme vous. On n’est pas pareils, on est… tu vois là on est comme ça mais ma grand-mère…
- Ouais… J’crois qu’il y a aussi la… Les principes. J’parle pas de ménage et tout à la Marta non je veux dire, tu vois quand on parlait du président à la messe, là je crois vraiment qu’il y a une différence culturelle.
- C’est quoi cette histoire ?
- Ben en fait l’autre jour on parlait de je sais plus quoi là et on se disait que cette laïcité française c’est quand même un truc… Eux ça les choque pas tu vois des choses comme ça, ils réalisent même pas… Alors que pour nous c’est fondamental, enfin tu vois on est très différents tous et on a fait le même bon quand on a entendu ça tu vois, eux ça ressort par l’autre oreille, c’est pas… Un principe.
- Oui t’as pas tort.
- Vous voyez ! Moi je crois vraiment que c’est ça qui définit nos identités, c’est les principes qu’on a acquis à tel point qu’on s’en rend même plus compte. Et vous les français eh bien nous y voilà : cette laïcité absurde là, et puis… tu sais plein de petites choses. Vous êtes vraiment, vous avez pas peur, vous avez un genre de liberté, même les timides là… Pourquoi c’est toujours les français qui fument par exemple ? Pourquoi sur une quarantaine de nouveaux, quand y a que une fumeuse il faut qu’elle soit française ? Ce petit côté provoc, et fier de vous, de votre langue, et à la fois vous êtes toujours à défendre les autres, avec les flics, avec… j’hallucine !
- Ah ben quel portrait dis donc !
- Non mais tu vois quoi…
- Et y a autre chose aussi, ça m’y fait penser là quand je vous entends, c’est le côté Paris, l’amour… Oui je sais que t’es pas de Paris et que c’est ridicule de dire ça mais quand même tu vois, vous buvez du vin dans des vrais verres à pied alors qu’elle ça lui fait pas peur de se le faire au goulot et en même temps vous finissez plus minable que tout le monde, vous rigolez tout le temps vous parlez avec des voix débiles et dans la rue vous arrêtez pas de vous arrêter, vous voyez des choses interessantes partout, vous vous mettez à réfléchir comme ça sans qu’on s’y attende et quand je dis Paris tu vois j’ai remarqué que… vous aimez les émotions, vous… nous on se prend dans les bras comme ça mais vous vous vous lâchez des fois c’est impressionnant, vous aimez bien traîner dans les rues juste à se ballader comme ça et quand moi je trouve quelque chose beau… Ouais les couchers de soleil sur la plage super, c’est sympa sur le moment mais alors quand tu te tapes les douze milles photos du coucher de soleil…
- Enfin bon pour conclure… elle est là l’identité française tu comprends ? Je pense, hein, vous êtes peut-être pas d’accord, mais c’est sur ces principes là que je vous reconnais, autrement on est pareils. Laïcité, liberté, combat des injustices, reflexion… Et puis plaisir, plaisir ouais vraiment.
- Non mais arrêtes tout le monde est pareil ! Toi ! Me dis pas que tu réfléchis jamais, et que t’aimes pas le plaisir !
- Non mais si, bien sûr, mais c’est plus… Quand je dis réflexion et liberté c’est que nous tu vois je me rends compte qu’on n’ose moins remettre tout en cause comme ça. On croit, on se laisse impressionner par les gens, ou alors on fait semblant, mais on affronte pas comme vous. Et le plaisir, on n’ose pas pareil non plus, on… On reste plus dans les clous… Y a quand même que vous pour faire la gueule au nouvel an et après on vous retrouve bourrés à trois à 21heures en veille de partiels enfin… Bon voilà. T’en penses quoi toi tu parles pas trop l’autre français là !
- Non mais en fait ça me frappe ce que tu dis parce que tu vois depuis les élections on en fait tout un foin de l’identité, avant on se prenait pas la tête comme ça, mais la tout le monde s’est mis à en parler à tel point qu’on a un ministère là-dessus tu vois c’est pas de la rigolade et je me rends compte en t’écoutant que ce que tu dis être notre identité, le gouvernement actuel va complètement à l’inverse de ça. Sarko devient curé du pape là enfin me demande pas les détails hein, l’amour ben m’en parle pas ça se marie ça divorce devant les caméras bonjour le romantisme et Paris la ville de l’amour l’une des Christines là elle veut justement arrêter ça, elle a dit la ville des musées je crois, alors les français qui s’interessent aux trucs, à la beauté cause toujours, elle veut en faire une capitale économique qui rivalise avec Londres et New York… Alors la défense des victimes d’injustice, tout ça, s’exprimer, mais c’est de la folie, là je crois… Quand on voit les flics partout dès que Sarko approche, et pourtant tu sais que moi je le soutiens plutôt mais bon, enfin je veux dire, il bouge au moins, mais on vire tout le monde, et les médias sont au plus bas de tout là ils repètent bêtement il n’y a aucune opposition et les principes de rigueur qu’on avait je dois bien reconnaître que.. c’est de la merde quoi. On le voit bien. Je sais pas pourquoi on se perd comme ça mais tu m’as vraiment fait réaliser qu’on a vraiment un problème d’identité, et finalement je ne vois plus celle que Sarko veut défendre, je ne vois pas à quoi ça correspond !
Février 2008.
Photo: Amiina.
03:20 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, europe, identitaire, écriture, société, identité
28.02.2008
Un peu de soleil, et tout à coup quelque chose se passe... Bien sûr c'est un désastre écologique, mais tant pis, on a lutté, alors maintenant, vivons.

Partout sur la montagne, sur la ville qu'elle abrite, un soleil radieux illumine la vie. Une chaleur heureuse sur les rochers froids que la mer engloutit avant de disparaitre et partout sur la plage des gens vont et viennent; les parents aux pas tranquilles, les enfants qui gambadent et gravissent le moindre amas de graviers...
Des jeunes. Des lycéens aux pantalons courts, les pieds nus et la bière à la main tournent autour de nous le torse fier et la tête touffue. La jeunesse. Je me voyais vieillir, je l'avais oubliée, les bonheurs incroyables, le bien-être anodin de ces jours d'été dans l'hiver froid, cette sensation d'une vie facile et généreuse car après tout le monde se fout bien de nous et nous nous en foutons puisqu'on est heureux.
Et je suis là seul avec mes souvenirs, perché sur un coin d'herbe puisque je suis parti en explorateur, je suis là et soudainement me reviennent les douceurs d'un passé proche mais enfoui, Coco et Pierricko sur le rocher rouge, Rozenn à la terrasse d'un café, Chato et Elod dans l'herbe près d'une tente, Guylaine au volant de la liberté, Klervi bourrée qui délire et tant d'autres, Anno il y a longtemps, le sourire de Tang et l'insouciance, l'insouciance bien consciente que le monde nous appartient et que toujours on y trouvera un morceau de pain, un diabolo et une clope.
Mon foyer du moment pourrait bien s'écrouler sur tous mes objets...
Je suis là sur la roche entouré de cette odeur d'herbe folle, autour de moi l'essentiel: ma veste, mon stylo, mon sac à dos.
Je suis toujours vivant.
9/2/8 Constitution Hill.
00:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, musique, actualité, écriture, environnement, vie, voyage
11.02.2008
Sur le terrain.
Qu’est-ce qu’ils sont chiants ces « techniciens de surface » - comme il faudrait qu’on les appelle, la bonne blague, enfin – tu crois pas qu’ils se baisseraient pour ramasser les papiers non, ils diront qu’ils ont pas vu, bien sûr… Et alors ne parlons pas de la serpillère, hein, je sais pas où ils ont appris à la passer, surtout le petit con qui arrive toujours cinq minutes en retard en m’obligeant à m’arrêter dans mon tour des rayons pour aller lui ouvrir, et qui me regarde en soupirant là, celui-là j’te jure je le casserais si j’étais son patron ! Je sais pas combien il est payé mais de toute manière c’est toujours trop pour un travail aussi mal fait, franchement. Mais je disais, la serpillère... Si je lavais comme ça chez moi mais j'aurais jamais personne à dîner! Ils sont mais ils sont… Et alors va leur faire une remarque à ces imbéciles… Ils comprennent pas un mot ! Ils bafouillent un bonjour le matin et c’est tout ce qu’ils savent ! On trouve vraiment de tout dans ce pays. S’il y a bien une chose qui me fait sortir de moi c’est de me lever à six heures du matin pour voir leurs sales gueules d’analphabètes à chaque coin de rayon à faire semblant de bosser quand je passe !
Ça me fait bien rire quand j’entends les petits apprentis politiciens de gauche extrêmiste là, de… Parce que quand t’y réfléchis ils prétendent s’exprimer au nom des gens comme ça, comme mes techniciens là ! Non mais… C’est grotesque ! Déjà faudrait qu'ils sachent s’exprimer, si je peux me permettre un peu d’humour, encore que! Encore que! Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien vouloir de plus ? Attends... Ils sont payés à rien foutre, ils bossent deux heures par jour ! Et ils seraient encore foutus de se plaindre ? En plus la plupart ils prennent un deuxième boulot, hein, ils ont le temps, évidemment ! Ils se font des couilles en or en sachant à peine parler c’est hallucinant, excuse ma vulgarité, tu sais que c'est pas mon genre mais franchement... Ils ont aucune espèce de responsabilité, aucune, rien. Des fois je me dis vraiment, il y a vraiment des profiteurs.
(8/2/8 Alex hall, un peu avant onze heures)
20:55 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, entreprise, emploi, nouvelles et textes brefs, Communication, écriture
30.01.2008
Oser faire chier.

Parfois j’aimerais crier, voir ce que ça donne
Si les gens se retourneraient, tremblants, surpris
Oh comme j’aimerais hurler pour qu’ils entonnent
Leurs refrains de murmures ahuris.
Il se peut qu’ils me poursuivent et qu’ils me talonnent
Dans une course folle et puis qu’ils m’asphyxient
De leurs insultes rageuses qu’ils m’empoisonnent
Je me tairai dans la paix de ce bruit.
Mais il se peut aussi que quand ma voix claironne
Ils s’immobilisent et le regard indécis
Attendent quelque chose… Je sors un trombonne
Et sonne tant qu’aucun ne réagit !
Llanbadarn, Aberystwyth, 17/01/2007 vers 15h30.
18:30 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, poèmes, poésie, société, politique, écriture, musique
23.01.2008
Les troupeaux 2/2
Les râleurs sur les bords du champ peuvent bien faire la grève de la faim. Ils mourront, et ça fera des râleurs en moins. Il ne faut pas qu’ils en meurent trop quand même, car il y a d’autres troupeaux. Et un beau jour, différents troupeaux vont se rencontrer. D’abords ils vont s’observer, chercher à voir comment ça marche ailleurs. Les chefs peut-être vont réaliser que d’autres chefs ont plus de privilèges. Peut-être aussi verront-ils que tel troupeau a un territoire plus riche. Peut-être aussi que tel chef a plus de valets, donc plus de puissance. Alors les chefs vont se battre, dans le meilleur des cas, ou au pire, envoyer leurs troupeaux contre le troupeau envié, pour gagner plus de pouvoir. Plus de richesse. Plus de territoire. Pour avoir plus.
Les troupeaux supérieurs en force gagnent ainsi tout ce que les troupeaux vaincus pouvaient avoir : richesse, territoire, savoirs. Deux troupeaux ne peuvent cohabiter car il y aurait alors deux chefs égaux, ce qui est impossible : le troupeau ne respectera plus un chef qui se voit obligé de partager. Ce serait une preuve de faiblesse, et donc d’infériorité pour les loups envieux d’une place de chef.
On a essayé de garantir la paix entre troupeaux en délimitant les territoires de chacun et en instituant des réunions, des groupes de chefs pour régler les différents. Mais les chefs, quand ils ont goûté aux privilèges, ne peuvent supporter d’en voir qui leur échappent. Ils en veulent plus, toujours plus. C’est pourquoi ils cherchent à devenir chefs du groupe des chefs, s’assurant ainsi la totalité des privilèges existant. Si des membres du troupeau hésitent à soutenir leur chef par peur de l’échec de ce dernier ou pour préserver leur vie dans l’angoisse d’une bataille, alors les chefs trouveront une carotte si alléchante qu’ils finiront bien par suivre. Et la vie continuera ainsi. Dans le groupe des chefs, les chefs dominés chercheront à devenir chef dominant, jusqu’à ce que l’un d’entre eux y parvienne et établisse un nouvel ordre, dans lequel les nouveaux valets chercheront à leur tour à devenir chefs, et ainsi de suite.
La meilleur façon de se protéger des prétendants à la place de chef, pour un chef, c’est de laisser ces derniers s’éliminer entre eux.
L’agriculteur savait tout ça par cœur. D’où sa domination sur ses animaux. Quand il voulait remonter la chèvre qui était au piquet en bas de la vallée sans s’ennuyer à la tenir tout le long de la côte, la préoccupation première de la chèvre étant de s’émanciper de la domination de l’homme pour jouir des possibilités variées que lui offrait le territoire, l’agriculteur la laissait filer sur le sentier, sans crainte qu’elle ne s’échappe. Il savait que quelques centaines de mètres plus haut, elle tomberait nez-à-nez avec une autre chèvre de la même condition : seule avec son piquet la privant de liberté. La chèvre libre, rencontrant l’autre, n’aurait pas l’idée de l’aider à se détacher. La chèvre attachée n’aurait pas l’idée de chercher à obtenir de l’aide. Leur première idée est de savoir laquelle des deux va dominer l’autre, laquelle des deux devra se soumettre. Et elles vont se battre. Ainsi, l’agriculteur n’avait qu’à remonter tranquilement le sentier de la vallée pour récupérer la chèvre libre, restée à se mesurer à l’autre chèvre au lieu de profiter de sa liberté, liberté qu’elle perdait à nouveau, s’étant laissée dominer par son instinct sans réfléchir aux réelles opportunités qui s’offraient à elle et sans voir les véritables dangers qui allaient se mettre entre elles et ces opportunités.
La seule façon d’échapper est donc de freiner son instinct et de renoncer à la domination, même quand on est en position de force, pour réfléchir aux réelles possibilités et aux réels dangers.
5/1/7
19:00 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, France, synthèse nationale, société, agriculture, nature
06.01.2008
Philosophie des feux d'artifice

- Alors ils ont ouvert le champagne. Et tout à coup j’ai eu un genre d’illumination, tu vois, j’étais là debout au milieu du salon avec ma bière dans la main – oui bon d’accord j’étais bourré, mais bon, ça ne change rien au problème. Je les ai vu commencer à se sauter dessus, et comme Nathalie se précipitait vers moi pour m’embrasser aussi dans les cris et les bulles qui nous éclataient à la gueule là j’te jure, je me suis dit… « Mais qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’il se passe exactement ? » Et tu vois j’arrête pas d’y repenser depuis mais quand on y pense en fait… C’est d’une connerie monstrueuse tout ça. Comme si ça changeait quelque chose là du 31, 23h59 au 1er, 00h01 ! Mais rien ! Rien ne change ! Et je me suis dit alors pourquoi on fait la fête ?
- Au ben parce que tout le monde le fait ! C’est une occasion, c’est tout, faut pas…
- Ben c’est ça le problème tu vois. C’est pas une occasion. C’est ce qu’on croit. C’est comme une obligation car si il te venait à l’idée de pas fêter ça mais tu passerais pour un fou ! C’est une telle évidence qu’on n’ose pas la remettre en question. Mais quelle évidence bon dieu ! Une fête c’est quand on a quelque chose à fêter, non ? Mais on a rien à fêter ! Ça ne correspond strictement à rien tout ça ! Le calendrier c’est nous qui l’avons inventé, ça pourrait très bien être deux jours plus tard je sais pas tu vois, je… Ça correspond même pas aux saisons. Même pas ! Rien de naturel, rien, il n’y a rien de rien !
- Pourtant il doit bien…
- Oui ! Oui ! J’vais te le dire moi, c’est comme par hasard une semaine jour pour jour après noël ! Et on ose dire qu’on est laïcs. Oui bien sûr il n’y que moi pour penser à ça, bien sûr ça fait chier, c’est des détails on n’a qu’à profiter de la fête et puis c’est tout c’est ça ? Ben non. C’est à force de plus réfléchir à rien, de tout accepter, même des petites choses à la con comme ça, qu’on se fait avoir tout le temps. On sait plus se méfier. On accepte tout car on croit que « c’est comme ça ».
- Mais attends moi je veux bien mais j’ai pas envie d’avoir une vie morose là, où je reste tout seul à faire la gueule pour des raisons bon… voilà, quand tout le monde fait la fête. Merde, écoute !
- Ehe… Tu me connais plus j’ai l’impression… Tu crois que c’est mon genre de rester tout seul à déprimer ? Non, moi aussi j’aime bien la cuite avec les potes. Le tout c’est de savoir ce qu’on fait là. Si on fait la fête, c’est parce qu’on en a envie, point. Faut assumer un peu. Oui, on aime se prendre des cuites ! Et non, on en a rien à foutre de ce changement de chiffre. Les « meilleurs vœux » d’usage, on oublie. On arrête de sauter en l’air en faisant le décompte. Etc. Enfin moi j’arrête, hein, voilà. Et je sens bien que je suis pas le seul à vouloir un peu remettre du sens dans tout ça. Mettre du sens c’est déjà en chercher et reconnaître quand il n’y en a pas, je crois.
- Hum… Pourquoi pas après tout. Tu sais dans le Pub où j’étais ils faisaient n’importe quoi, ils ont crié le décompte une dizaine de fois, avant l’heure et après l’heure enfin… Finalement ils disaient comme toi, hein, enfin sans nous faire le discours philosphique là, sans s’en rendre compte sûrement… Mais quand on y pense c’est le même sentiment que tout ça c’est une vieille mascarade à deux balles. Alors détruisons-là, ouais, faisons-en un truc tripant !
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30.12.2007
Carrefour continu
Aujourd'hui c'est le réveillon dans le monde d'Ivi Kromm.
Voilà. Comme toutes les dates de réveillons, celle-ci est arbitraire.
Cadeaux: quelques liens. Ces cadeaux sont à partager. Non mais.

Pour commencer, le BIG BANG BLOG. C'est du réchauffé, me direz-vous, eh bien oui et non. Parce que d'abord pas sûr que vous le connaissiez, comme Ivi Kromm d'ailleurs qui l'a découvert il y a quelques temps seulement. Ensuite parce que son dernier occupant après migration des autres est Judith Bernard et que Judith Bernard travaille les mots, ce qu'on apprécie pas mal comme vous le savez ici dans le monde d'Ivi Kromm, alors oui, elle mérite de figurer dans la liste des revanchards. Et puis c'est un espace de discussion comme il n'y en a pas tant que ça sur Internet finalement. Voilà.
Ensuite, vous vous souvenez peut-être qu'Ivi avait dédié une maison aux grévistes, sans vraiment savoir ce qu'il advenait de ces derniers car, faut-il le rappeler mais que coûte un rappel? Ivi n'est pas en France en ce moment. Eh bien ils ne sont pas tous morts, les grévistes! Non! Et il y en a même qui sont des amis d'Ivi et qui ouvrent des blogs très pointilleux avec une foule de renseignements! Alors si la LRU, ça vous (dé)branche (pas gagné), allez faire un tour chez Malo.
Et puis alors, là c'est cadeau de chez cadeau, si l'Ethiopie vous interesse... On ne sait jamais! Ben c'est là. Bon blog pour découvrir ou approfondir, deux en un, bref, c'est parfait.
Pêle-mêle, pour finir, quelques mises à jour des amis KROMM:
- Les traits de crayons de La Coco apparaissent maintenant ici.
- Nonow explore la Norvège et bientôt la Macédoine ici.
- Une nouvelle amie, Marilou, attend vos exégèses là.
- Le mec fait aussi de la musique.
- Ivi Kromm lui-même digère tout, légèreté et préparation au monde, par là.
Voilà, surfeurs des neiges (ça vous va tellement bien). Bon dimanche! Et surtout, dans les prochains jours, faîtes comme si vous n'étiez au courant de rien...
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29.12.2007
Bienvenue dans la nouvelle ère du MOI
Bienvenue dans la nouvelle ère du Moi.
Bienvenue chez Moi.
Bienvenue chez Nous.
Il est trop tard pour vous demander où vous avez foutu les pieds. Nous sommes les nouveaux penseurs de la miette, nous ne sommes rien et pourtant vous êtes là. Car Nous sommes le lac. Nous sommes, vous êtes les gouttes. Vous allez entrer en nous et si vous en ressortez, vous aurez été coloré. Par le Moi, par Nous, nous transformons les alentours sans même le vouloir. Nous ne voulons rien. Nous avons voulu crier, chanter, ou simplement sourire. Nous l’avons fait et y avons pris gout. Nous sommes les drogués du Moi car le Moi va Nous sauver. En explorant le Moi, nous l’affirmons, dénichons la merde et les fleurs, gardons la bonne merde et coupons les mauvaises fleurs, rejetant l’évidence pour la facilité, écartant l’obligation pour l’inutile, crachant à tout va sur Eux car Eux n’existera plus.
Que Moi et Moi. Et Je. Parce que.
27/12/2007. ST IVI KROMM A PARLE.

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