06.03.2008
Promouvoir l’identité pour mieux la détruire

- Tu vois, c’est marrant de se rencontrer ici comme ça, on avait tous nos petites idées sur les gens des autres pays et finalement on se rend compte qu’on est tous pareils.
- Pareils ? T’es fou si je mangeais comme elle je serais mort !
- Non mais bien sûr mais tu vois sur des petites choses comme ça mais grosso-modo si on compare, en fait on a plus ou moins la même vie quoi. C’est vrai qu’il y a une certaine « culture européenne »… Tu vois ce que je veux dire ?
- Moi je crois qu’on est différent quand même. Je sais pas non, je suis pas comme vous. On n’est pas pareils, on est… tu vois là on est comme ça mais ma grand-mère…
- Ouais… J’crois qu’il y a aussi la… Les principes. J’parle pas de ménage et tout à la Marta non je veux dire, tu vois quand on parlait du président à la messe, là je crois vraiment qu’il y a une différence culturelle.
- C’est quoi cette histoire ?
- Ben en fait l’autre jour on parlait de je sais plus quoi là et on se disait que cette laïcité française c’est quand même un truc… Eux ça les choque pas tu vois des choses comme ça, ils réalisent même pas… Alors que pour nous c’est fondamental, enfin tu vois on est très différents tous et on a fait le même bon quand on a entendu ça tu vois, eux ça ressort par l’autre oreille, c’est pas… Un principe.
- Oui t’as pas tort.
- Vous voyez ! Moi je crois vraiment que c’est ça qui définit nos identités, c’est les principes qu’on a acquis à tel point qu’on s’en rend même plus compte. Et vous les français eh bien nous y voilà : cette laïcité absurde là, et puis… tu sais plein de petites choses. Vous êtes vraiment, vous avez pas peur, vous avez un genre de liberté, même les timides là… Pourquoi c’est toujours les français qui fument par exemple ? Pourquoi sur une quarantaine de nouveaux, quand y a que une fumeuse il faut qu’elle soit française ? Ce petit côté provoc, et fier de vous, de votre langue, et à la fois vous êtes toujours à défendre les autres, avec les flics, avec… j’hallucine !
- Ah ben quel portrait dis donc !
- Non mais tu vois quoi…
- Et y a autre chose aussi, ça m’y fait penser là quand je vous entends, c’est le côté Paris, l’amour… Oui je sais que t’es pas de Paris et que c’est ridicule de dire ça mais quand même tu vois, vous buvez du vin dans des vrais verres à pied alors qu’elle ça lui fait pas peur de se le faire au goulot et en même temps vous finissez plus minable que tout le monde, vous rigolez tout le temps vous parlez avec des voix débiles et dans la rue vous arrêtez pas de vous arrêter, vous voyez des choses interessantes partout, vous vous mettez à réfléchir comme ça sans qu’on s’y attende et quand je dis Paris tu vois j’ai remarqué que… vous aimez les émotions, vous… nous on se prend dans les bras comme ça mais vous vous vous lâchez des fois c’est impressionnant, vous aimez bien traîner dans les rues juste à se ballader comme ça et quand moi je trouve quelque chose beau… Ouais les couchers de soleil sur la plage super, c’est sympa sur le moment mais alors quand tu te tapes les douze milles photos du coucher de soleil…
- Enfin bon pour conclure… elle est là l’identité française tu comprends ? Je pense, hein, vous êtes peut-être pas d’accord, mais c’est sur ces principes là que je vous reconnais, autrement on est pareils. Laïcité, liberté, combat des injustices, reflexion… Et puis plaisir, plaisir ouais vraiment.
- Non mais arrêtes tout le monde est pareil ! Toi ! Me dis pas que tu réfléchis jamais, et que t’aimes pas le plaisir !
- Non mais si, bien sûr, mais c’est plus… Quand je dis réflexion et liberté c’est que nous tu vois je me rends compte qu’on n’ose moins remettre tout en cause comme ça. On croit, on se laisse impressionner par les gens, ou alors on fait semblant, mais on affronte pas comme vous. Et le plaisir, on n’ose pas pareil non plus, on… On reste plus dans les clous… Y a quand même que vous pour faire la gueule au nouvel an et après on vous retrouve bourrés à trois à 21heures en veille de partiels enfin… Bon voilà. T’en penses quoi toi tu parles pas trop l’autre français là !
- Non mais en fait ça me frappe ce que tu dis parce que tu vois depuis les élections on en fait tout un foin de l’identité, avant on se prenait pas la tête comme ça, mais la tout le monde s’est mis à en parler à tel point qu’on a un ministère là-dessus tu vois c’est pas de la rigolade et je me rends compte en t’écoutant que ce que tu dis être notre identité, le gouvernement actuel va complètement à l’inverse de ça. Sarko devient curé du pape là enfin me demande pas les détails hein, l’amour ben m’en parle pas ça se marie ça divorce devant les caméras bonjour le romantisme et Paris la ville de l’amour l’une des Christines là elle veut justement arrêter ça, elle a dit la ville des musées je crois, alors les français qui s’interessent aux trucs, à la beauté cause toujours, elle veut en faire une capitale économique qui rivalise avec Londres et New York… Alors la défense des victimes d’injustice, tout ça, s’exprimer, mais c’est de la folie, là je crois… Quand on voit les flics partout dès que Sarko approche, et pourtant tu sais que moi je le soutiens plutôt mais bon, enfin je veux dire, il bouge au moins, mais on vire tout le monde, et les médias sont au plus bas de tout là ils repètent bêtement il n’y a aucune opposition et les principes de rigueur qu’on avait je dois bien reconnaître que.. c’est de la merde quoi. On le voit bien. Je sais pas pourquoi on se perd comme ça mais tu m’as vraiment fait réaliser qu’on a vraiment un problème d’identité, et finalement je ne vois plus celle que Sarko veut défendre, je ne vois pas à quoi ça correspond !
Février 2008.
Photo: Amiina.
03:20 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, europe, identitaire, écriture, société, identité
23.01.2008
Les troupeaux 2/2
Les râleurs sur les bords du champ peuvent bien faire la grève de la faim. Ils mourront, et ça fera des râleurs en moins. Il ne faut pas qu’ils en meurent trop quand même, car il y a d’autres troupeaux. Et un beau jour, différents troupeaux vont se rencontrer. D’abords ils vont s’observer, chercher à voir comment ça marche ailleurs. Les chefs peut-être vont réaliser que d’autres chefs ont plus de privilèges. Peut-être aussi verront-ils que tel troupeau a un territoire plus riche. Peut-être aussi que tel chef a plus de valets, donc plus de puissance. Alors les chefs vont se battre, dans le meilleur des cas, ou au pire, envoyer leurs troupeaux contre le troupeau envié, pour gagner plus de pouvoir. Plus de richesse. Plus de territoire. Pour avoir plus.
Les troupeaux supérieurs en force gagnent ainsi tout ce que les troupeaux vaincus pouvaient avoir : richesse, territoire, savoirs. Deux troupeaux ne peuvent cohabiter car il y aurait alors deux chefs égaux, ce qui est impossible : le troupeau ne respectera plus un chef qui se voit obligé de partager. Ce serait une preuve de faiblesse, et donc d’infériorité pour les loups envieux d’une place de chef.
On a essayé de garantir la paix entre troupeaux en délimitant les territoires de chacun et en instituant des réunions, des groupes de chefs pour régler les différents. Mais les chefs, quand ils ont goûté aux privilèges, ne peuvent supporter d’en voir qui leur échappent. Ils en veulent plus, toujours plus. C’est pourquoi ils cherchent à devenir chefs du groupe des chefs, s’assurant ainsi la totalité des privilèges existant. Si des membres du troupeau hésitent à soutenir leur chef par peur de l’échec de ce dernier ou pour préserver leur vie dans l’angoisse d’une bataille, alors les chefs trouveront une carotte si alléchante qu’ils finiront bien par suivre. Et la vie continuera ainsi. Dans le groupe des chefs, les chefs dominés chercheront à devenir chef dominant, jusqu’à ce que l’un d’entre eux y parvienne et établisse un nouvel ordre, dans lequel les nouveaux valets chercheront à leur tour à devenir chefs, et ainsi de suite.
La meilleur façon de se protéger des prétendants à la place de chef, pour un chef, c’est de laisser ces derniers s’éliminer entre eux.
L’agriculteur savait tout ça par cœur. D’où sa domination sur ses animaux. Quand il voulait remonter la chèvre qui était au piquet en bas de la vallée sans s’ennuyer à la tenir tout le long de la côte, la préoccupation première de la chèvre étant de s’émanciper de la domination de l’homme pour jouir des possibilités variées que lui offrait le territoire, l’agriculteur la laissait filer sur le sentier, sans crainte qu’elle ne s’échappe. Il savait que quelques centaines de mètres plus haut, elle tomberait nez-à-nez avec une autre chèvre de la même condition : seule avec son piquet la privant de liberté. La chèvre libre, rencontrant l’autre, n’aurait pas l’idée de l’aider à se détacher. La chèvre attachée n’aurait pas l’idée de chercher à obtenir de l’aide. Leur première idée est de savoir laquelle des deux va dominer l’autre, laquelle des deux devra se soumettre. Et elles vont se battre. Ainsi, l’agriculteur n’avait qu’à remonter tranquilement le sentier de la vallée pour récupérer la chèvre libre, restée à se mesurer à l’autre chèvre au lieu de profiter de sa liberté, liberté qu’elle perdait à nouveau, s’étant laissée dominer par son instinct sans réfléchir aux réelles opportunités qui s’offraient à elle et sans voir les véritables dangers qui allaient se mettre entre elles et ces opportunités.
La seule façon d’échapper est donc de freiner son instinct et de renoncer à la domination, même quand on est en position de force, pour réfléchir aux réelles possibilités et aux réels dangers.
5/1/7
19:00 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, écriture, France, synthèse nationale, société, agriculture, nature
20.01.2008
Les troupeaux 1/2

Les troupeaux comprennent toujours un chef. Quand il n’y a pas de mâle, le chef peut être une femelle, mais dans le cas général, ce sera un mâle évidemment, car pour gagner la place de chef il faut en avoir, et savoir les utiliser, c’est un témoignage qui le dit. Les chefs sont chefs. C’est un statut plus qu’un pouvoir. Ils ont peu de questions à se poser, peu de décisions à prendre puisqu’ils sont chefs, ils n’ont qu’à profiter de leurs privilèges pendant que l’on fait le travail pour eux. Leur principale préoccupation est de veiller à bien profiter de leurs privilèges, surtout, ne jamais même par compassion laisser qui que ce soit passer devant : ce serait le début de la fin. On est chef, on doit le rester, et être digne de son rang, et impressioner, car ils sont nombreux les prédateurs, les petits ambitieux qui rêvent de prendre la place de chef, la priorité, le respect et la soumission spontanée de tout le reste du groupe. Tous.
Oh, bien sûr il y a des râleurs, il y a des mécontents, sur le bord… Mais qu’ils ruminent leurs mécontentement tous seuls, et on leur pardonnera, on les laissera râler, tant qu’ils ne se mettent pas en travers de la route du chef et qu’ils baissent les yeux sur son passage, sinon, les valets du chef se feront un plaisir de les corriger. Pourquoi ? Pour avoir les faveurs du chef, pour espérer profiter un tout petit peu des avantages, des privilèges.
Je les ai vu, quand je gardais les vaches, et quand j’allais remplir l’auge. J’ai observé les vaches assoiffées attendre que la chef du troupeau aille boire, toute seule, sa seconde sur ses talons, avant que les autres n'aient le droit d’y aller. J’ai tenté quelque chose : asperger la chef pour l’empêcher d’approcher. J’ai plutôt bien réussi à la bloquer, mais les autres n’ont pas approché pour autant. Un jour, pourtant, la France a aboli les privilèges. Que voulait-elle ? Comment voulait-elle faire ? Cette abolition des privilèges est indissociable de la démocratie. Face à un chef, le troupeau se soumet naturellement. Pour que la démocratie fonctionne, il faut donc que chacun, de gré où de force, renonce à tout privilège, l’absence de personne devant qui se soumettre garantissant l’absence de soumission.
La tentative de la France a échoué. Les loups qui n’avaient pas renoncé à la place de chef ont trouvé le moyen de s’assurer les privilèges en mettant tout le monde d’accord. Ils ont persuadé le troupeau que de les laisser passer en premier leur garantirait plus d’eau, car ils trouveraient le moyen, en investissant toute leur supériorité, d’obtenir plus pour tout le monde. L’échange était séduisant, et voilà que tout a repris son cours. Les chefs profitent, agitant une carotte au-dessus du nez des membres trop observateurs, faisant taire les plus révoltés et laissant causer les râleurs, sur les bords du champ.
14:15 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, France, synthèse nationale, société, agriculture, nature
30.12.2007
Carrefour continu
Aujourd'hui c'est le réveillon dans le monde d'Ivi Kromm.
Voilà. Comme toutes les dates de réveillons, celle-ci est arbitraire.
Cadeaux: quelques liens. Ces cadeaux sont à partager. Non mais.

Pour commencer, le BIG BANG BLOG. C'est du réchauffé, me direz-vous, eh bien oui et non. Parce que d'abord pas sûr que vous le connaissiez, comme Ivi Kromm d'ailleurs qui l'a découvert il y a quelques temps seulement. Ensuite parce que son dernier occupant après migration des autres est Judith Bernard et que Judith Bernard travaille les mots, ce qu'on apprécie pas mal comme vous le savez ici dans le monde d'Ivi Kromm, alors oui, elle mérite de figurer dans la liste des revanchards. Et puis c'est un espace de discussion comme il n'y en a pas tant que ça sur Internet finalement. Voilà.
Ensuite, vous vous souvenez peut-être qu'Ivi avait dédié une maison aux grévistes, sans vraiment savoir ce qu'il advenait de ces derniers car, faut-il le rappeler mais que coûte un rappel? Ivi n'est pas en France en ce moment. Eh bien ils ne sont pas tous morts, les grévistes! Non! Et il y en a même qui sont des amis d'Ivi et qui ouvrent des blogs très pointilleux avec une foule de renseignements! Alors si la LRU, ça vous (dé)branche (pas gagné), allez faire un tour chez Malo.
Et puis alors, là c'est cadeau de chez cadeau, si l'Ethiopie vous interesse... On ne sait jamais! Ben c'est là. Bon blog pour découvrir ou approfondir, deux en un, bref, c'est parfait.
Pêle-mêle, pour finir, quelques mises à jour des amis KROMM:
- Les traits de crayons de La Coco apparaissent maintenant ici.
- Nonow explore la Norvège et bientôt la Macédoine ici.
- Une nouvelle amie, Marilou, attend vos exégèses là.
- Le mec fait aussi de la musique.
- Ivi Kromm lui-même digère tout, légèreté et préparation au monde, par là.
Voilà, surfeurs des neiges (ça vous va tellement bien). Bon dimanche! Et surtout, dans les prochains jours, faîtes comme si vous n'étiez au courant de rien...
18:30 Publié dans Parallèles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, Noël, blog, écriture, afrique, université, médias
28.12.2007
Souvenirs d'indépendance et voeux
"Ah ben moi j’dis d’accord, très bien l’indépendance, on vous la donne mais alors plus question de profiter de tous nos trucs économiques, hein, terminé ! …Attends, là, ils veulent jouer à ça, ils vont être servis."
"Ecoute moi quand j’ouvre un atlas je vois le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, la Pologne, d’accord, point. Alors tu peux me dire tout ce que tu veux, c’est comme ça ! Qu’il y ait des gens qui parlent des langues là, bon d’accord, mais que je sache t’as pas besoin de connaître ces langues pour travailler je me trompe ?"
"C’est vraiment trop stupide ça. Non mais je comprends pas sérieusement, on est tous ensemble non ? Pourquoi vouloir se séparer comme ça ? Ah ben non pas les Etats, non, l’Europe d’accord mais on garde nos pays respectifs, hein, c’est pas pareil !"
"Comment ça il y a cinq cents ans ? Ben c’est quand même long cinq cents ans, excuse moi, alors non c’est pas un pays ! Comment ça j’y connaît rien ? Toi non plus que je sache ! Attends deux segondes, toi. Non c’est pas un pays. Oui je sais qu’il a dit ça, mais je suis pas d’accord !"
...Et puis chacun a son petit avis. Etrange sujet qui révèle tout ce que tu veux : hypocrisie, mépris, fierté, idéologèmes, préjugés, conceptions irréfléchies, nationalisme, tension, colonialisme, fermeture, autoritarisme… Mais ma vieille Europe, t’es tellement confortablement assise sur la démocratie que t’es en train de lui chier dessus ma parole !
Encore et toujours le même constat. Ce dont on ne parle pas constitue une bombe à déchirement humain inégalable. Alors parlons en, par pitié. Et commençons par laisser s’exprimer ceux qui sont concernés.
VOEUX KROMM:
Joyeuses fêtes pourries à tous !
Et spécialement à la Bretagne qui me manque, et à mes amis basques, gallois et silésiens. Salut à toi communauté des étrangers, tribus des voyageurs, et enfin à la France, mon amante aimée et détestée dont parfois je me résigne à porter les couleurs, tu es belle dans ce que tu as de plus plouc. Tu es belle dans ton fromage et ton vin, tu es belle dans tes gens. Dans ton cru. Et ton cru, voilà ce qu’il est, voilà comment il me fait rêver, étrangement plus moderne et excitant que ton... Ton côté clinquant, bling bling, jouant à l’héroïne droguée qui écrase les autres pour exister, on la prend quelques nuits et puis elle dégoûte comme elle est presque fière d'être écoeurante.
Il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux. On serait même prêts à te pardonner et t’accueillir, tiens, tellement on est bouffés par le positivisme. Celui d’où nait l’espoir et la lutte.
Alex hall 26/12/07 vers midi.
18:15 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Voeux, Noël, france, bretagne, écriture, synthèse nationale, fêtes
20.12.2007
Sarkozy
Dans l'intimité d'Ivi Kromm!
Ça y est je connais des français. Des françaises, même. Deux, trois, que je voulais pas approcher au départ mais voilà, en quelques jours, les choses et Anne-Gab ont fait que. On a même joué au tarot, c'est dire! Et savez-vous ce que j'ai trouvé? Je savais, je l'attendais, je le redoutais mais le voulais en silence. J'ai trouvé Sarko.
Et pourtant le couplet était philosophiquement séduisant, et physiquement bien mis.
Alors bon, l'expérience était d'autant plus interessante que Sarko avait un peu honte, hein, comme celui qui vote FN mais qui sait pas encore s'il peut s'exprimer librement, il teste, il lance des petits trucs, des balles en l'air, voir si on les attrappe. Non Sarko là non plus n'est pas arrivé en force, il s'est immiscé dans une atmosphère de rencontres, d'ouverture culturelle, de folie un peu, de douce folie n'abusons pas quoi que mais bon moi aussi ça m'arrive.
Et pire encore: assez intéressant, le morceau. Le genre qui peut t'emmener un peu dans toutes les directions, le gâteau au yaourt, tiens. Il peut être sec, il peut être coulant, il peut être sucré et sweet comme ils disent ici ou épicé sans qu'on sache d'où ça vient, des choses inattendues arrivent fatalement même si on connait le type.
J'ai pas trop lutté, non, c'était pas le quart d'heure, mais j'ai senti que c'était pas non plus le Sarko borné, c'est un Sarko qui n'a pas trop peur de réfléchir. Du moins, j'en sais pas beaucoup, c'est ce que j'ai cru. Alors des choses sont possibles, les amis, toujours cette même conclusion, faut y aller, installer des trucs, des bandes réfléchissantes « attention travaux », des chantiers qui encombrent, et qui prennent du temps, évidemment, mais tant pis, le jeu en vaut la chandelle, le débat vaut largement les émeutes. Ils ont donné, là-dedans, ça marche pas. On fait pas une révolution sans les gens, il faudrait commencer à le comprendre.
Jeudi 13 décembre 2007, vers 15 h 30, Alex Hall.
21:00 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, france, ump, immigration, europe, écriture
19.11.2007
Allons dans la maison!
Alors voilà, la victoire du monstre se profile?
Il est toujours temps, vous savez, toujours.
Renoncer c'est mourir.
D'accord, pas pour l'éternité...
Mais mourir quand même.
Peut-être avez-vous besoin de la maison?

Ivi va vous ouvrir la porte...
Il y a Bette Midler qui chante et rit,
Il y a un Dieu qui souffle dessus,
Et pour vous y rendre, c'est Baudelaire qui vous guide.
La voix
Mon berceau s'adossait à la bibliothèque,
Babel sombre, où roman, science, fabliau,
Tout, la cendre latine et la poussière grecque,
Se mêlaient. J'étais haut comme un in-folio.
Deux voix me parlaient. L'une, insidieuse et ferme,
Disait : " La Terre est un gâteau plein de douceur ;
Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme !)
Te faire un appétit d'une égale grosseur. "
Et l'autre : " Viens ! oh ! viens voyager dans les rêves,
Au delà du possible, au delà du connu ! "
Et celle-là chantait comme le vent des grèves,
Fantôme vagissant, on ne sait d'où venu,
Qui caresse l'oreille et cependant l'effraie.
Je te répondis : " Oui ! douce voix ! " C'est d'alors
Que date ce qu'on peut, hélas ! nommer ma plaie
Et ma fatalité. Derrière les décors
De l'existence immense, au plus noir de l'abîme,
Je vois distinctement des mondes singuliers,
Et, de ma clairvoyance extatique victime,
Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
J'aime si tendrement le désert et la mer ;
Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
Et trouve un goût suave au vin le plus amer ;
Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous.
Mais la Voix me console et dit : " Garde tes songes :
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous ! "
(Les fleurs du mal)
Les prochaines notes, alors, ce sera La Maison, une nouvelle ni longue ni courte où nous mène la voix... C'est bon pour vous, car quand on y rentre, après, on peut en sortir.
16:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, france, société, grève, université, poème
16.11.2007
A la tête

Partout, partout on entend, si l'on tend l'oreille, le bruit sourd, le grondement de la France ces temps-ci. Un coup d'oeil sur le Monde, première fois que je l'ouvrais. Mais ici c'est le seul à arriver. Alors bon, un tour rapide sur les mobilisations, étudiantes en particulier... Le Monde retransmet la coordination nationale!
Et puis allez, poussons le vice, voilà que j'ai regardé le journal en ligne de TF1. Quelle tristesse, la France, quel enfer.
Evidemment ça se mobilise de partout, mais voilà, les reportages sont très critiques, on met en valeur la mobilisation anti-mobilisation, Sarko dit "nous avons tous les éléments pour que ça cesse", les syndicats font encore tout et n'importe quoi en négociations, discours, désaccords, prises de positions... Un peu d'espoir dans l'international? Ma coloc doit rédiger une dissert sur les raisons qui font de la France un pays exemplaire et influent. Les étudiants allemands sont aussi en grève. Qui le sait? Non, ce qu'on sait, c'est qu'un flic italien a tué un de ses compatriotes. J'ai vu la vidéo de Nanterre, au fait... On sait aussi qu'un gouverneur américain, de quel état? Il y en a tellement! Qu'un gouverneur américain avait tout simplement organisé une prière géante pour faire tomber la pluie sur son état en sécheresse... Je le revois encore, devant des centaines de personnes, les mains vers le ciel, sortant son discours...
Et puis la cerise sur le gateau, l'espace. Il ne manquait que ça pour que tout soit noir. Une expédiation japonaise sur la lune, et puis, le commentaire, le message... « Faire rêver. »
Que veux-tu que je te dise, France?
J'espère, bien sûr, j'espère que tu vas réussir. J'entends que les étudiants s'associent aux cheminots, je sens que des choses sont possibles, que des forces émergent mais... J'ai peur, peur qu'il soit trop tard, que tu les écrases comme tu sais si bien le faire. Et ils le sentent, et leur rage augmente et ils perdent pied. Tu les broies, c'est ça, tu les fait bouillir pour qu'ils s'auto-consument, et qu'on n'approche pas, de peur de se brûler.
A toutes ces torches humaines, je veux dire:
Foncez, et bouffez-en tous.
Foncez.
Foncez droit devant!
Tentez, ruez-vous dans la France
La plus ténébreuse, celle qui suit la cadence
Et enfumez les gens!
Ouvrez-leur les yeux,
Retenez les paupières
Que ça les pique un peu
Qu'ils revoient comme hier!
Ne les détestez pas.
Prenez-les par la main,
Parlez-leur, soyez là,
Et qu'ils comprennent enfin...
N'allez plus au front, réparez le cerveau.
20:40 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, france, société, grèves, université, poème
14.11.2007
Echangeur
Ah, c'est dur, c'est dur de se consacrer à sa chère mère Patrie quand déjà on l'aime pas, et qu'en plus, comme le veut son grand gourou, on l'a quittée.
Je ne voudrais pas d'un pays plat.
Mais, Dieu Merci, tout le monde n'est pas aussi mauvais, et il y a donc plusieurs personnes dont Ivi vous propose de faire la connaissance...
Des gens qui ont des noms. Des gens qui ne sont pas "un cheminot", "un marin-pêcheur", qui ne sont pas quelqu'un dans la foule, ils ont un nom, comme tout le monde, la différence c'est qu'ici on veut bien se donner la peine de l'employer.
Il y a tout d'abord Gaëtan. Gaëtan se propose d'être président! Un président qui s'appelle Gaëtan... On aura tout vu, hein? N'ayez crainte, c'est aussi un exilé. Il est pas trop mauvais pour mettre les choses à plat, à vous de mettre les pieds dedans.
Ivi pourrait être publicitaire, n'est-ce pas? Jeux de mots et tout...
Bon et il y a ensuite... Justine. Elle fait du zapping, mais pas à la télé, dans la vie. Paf, un truc, une situation, un évènement, une phrase... Allez comprendre... C'est ça le boulot, le plat de résistance. C'est simple et pas clair du tout, voilà l'intérêt.
Et puis je vais terminer avec Geörgette. Alors là c'est du lourd. Non seulement c'est pas clair, mais c'est pas simple non plus. Ille (ouais, un peu des deux quoi, mais les artistes c'est comme les anges) vous livre des polars bien pas de chez nous et autres produits dérangeants. Et ille a le power de vous faire tomber dedans.
PLOUF.
18:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, art, france, blog, société, ivi kromm, écriture
19.10.2007
STUP: GUERRE 2
GUERRE. Conflit armé entre des nations, des Etats, des groupes humains. La guerre s'oppose au PACIFISME: recherche systématique de la paix en toutes circonstances, et aux doctrines ANTIMILITARISTES; hostiles à l'esprit ou aux institutions militaires. Eh bien oui. Certaines circonstances peuvent transformer les plus pacifiques antimilitaristes en fous furieux près à prendre les armes.
Alors, évidemment, on se pose la question: peut-on aller, pour défendre ses opinions, jusqu'à se mettre en contracdiction avec ses opinions? Non, vous ne vous posez pas cette question chaque matin au réveil?
Gilbert, lui, se la pose quand il a le temps. Quand il ne travaille pas. Il réfléchit à ce genre de choses, car il sait qu'il perd parfois les pédales, et qu'il est presque violent quand sa nervosité chronique l'empêche de garder son calme. Alors qu'il serait le premier à s'ériger contre la douleur.
On dirait un grand débat, comme ça, mais parfois c'est très concret. Par exemple, pour le jeune père de famille: dois-je foutre une fessée à mon fils parce-qu'il a frappé sa petite-soeur?
Mais comment réfléchir quand des hystériques klaxonnent sans s'arrêter en polluant la ville? Un ballon de football est-il une arme? Si oui, est-ce qu'un match France-Espagne est un conflit armé? Si oui, est-ce qu'une coupe du monde est une série de guerres, et puis allons-y carrément, une guerre mondiale? A ce rythme, on doit être à la trentième guerre mondiale cette année. Pas de camps de concentration, mais des boxs à prostituées. « Oh, mon bon monsieur! Mais il ne s'agit que de plaisir! Personne n'y trouve la mort! » Non, bien sûr. La dignité est déjà morte depuis longtemps! Alors pourquoi se battre? Depuis quelques temps, Sophie ne va plus aux réunions de la ligue de défense des droits de l'homme. Elle a finit par penser que la seule manière de changer le monde, c'était l'éducation de ses enfants. Si elle réussit, ils pourront le faire à leur tour, et ainsi de suite... Le monde alors pourra être meilleur.
Tante Madeleine s'en fout du foot. Mais il faut bien discuter avec la clientèle! L'autre jour, quand même, elle a été honnête. « Je me suis endormie devant dis-donc! » a-t-elle dit à la mère de famille qui a décidé d'offrir une plante à des amis pour leur mariage. L'été: l'époque des mariages. Comment se fait-il que les gens soient si prompts à répéter des adages foireux tout en les mettant de côté dès qu'ils trouvent plus confortable? « Mariage pluvieux, mariage heureux! » ...« Cause toujours! » répond l'employée de l'office du tourisme au café du coin à l'heure où toute la rue laisse la boutique aux jeunes engagés pour l'été le temps d'une pause. « Moi je me suis mariée un jour de pluie, et bien on a divorcé! Et dire qu'on était allés aux Seychelles pour ça... On dira ce qu'on voudra, le divorce reste une arme de paix.
18:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, Education, Beauté, sport, écriture, Nouvelles et textes brefs, société