30.05.2007
Pendant ce temps-là, 2ème.
Pendant ce temp-là, les intermittents sont toujours dans la merde. Et les écrivains? Allons... Ecrivain, c'est un loisir!
Noël de Vieil Artiste
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Noël, sur la pauvre toiture,
Comme un De Profundis, s'abat.
L'artiste est mort en plein combat,
Les yeux rivés à sa sculpture.
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Ô Paradis, puisqu'il tomba,
Tu pris pitié de sa torture.
Qu'il dorme en bonne couverture,
Il eut si froid dans son grabat!
La bise geint, la porte bat...
Emile Nelligan.
C'est vrai, Nelligan n'est pas ce qu'on peut appeler un optimiste... Il n'a pas eu de quoi, il faut bien le reconnaître. Il est le Jésus des poètes: il a souffert pour eux et pour - pardonnez la majuscule - l'Artiste! Mais comme pour Jésus, ça n'a pas suffit...
18:25 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, Poésie, Littérature, Nelligan, intermittents, art, noël
05.01.2007
Retour d'Emile
Ce petit froid de janvier...
Ah, si tout pouvait être aussi calme.
Rondel à ma pipe
Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, ma bonne pipe,
Selon notre amical principe
Rêvons à deux, ce soir d'hiver.
Puisque le ciel me prend en grippe
(N'ai-je pourtant assez souffert ?)
Les pieds sur les chenets de fer
Devant un bock, rêvons, ma pipe.
Preste, la mort que j'anticipe
Va me tirer de cet enfer
Pour celui du vieux Lucifer ;
Soit ! nous fumons chez ce type,
Les pieds sur les chenets de fer.
Emile Nelligan
14:35 Publié dans Le culte des saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nelligan, poème, canada, pipe, froid, janvier, poésie
26.12.2006
Emile le fou
Noël de vieil artiste
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Noël, sur la pauvre toiture,
Comme un De Profundis, s'abat.
L'artiste est mort en plein combat,
Les yeux rivés à sa sculpture.
La bise geint, la porte bat,
Un Ange emporte sa capture.
Ô Paradis ! puisqu'il tomba,
Tu pris pitié de sa torture.
Qu'il dorme en bonne couverture,
Il eut si froid sur son grabat !
La bise geint, la porte bat...
Emile Nelligan,
1879-1941
Montréal.

14:20 Publié dans Parallèles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nelligan, poème, poète, canada, noël, poésie