22.11.2007
La maison, deuxième partie
Dans cette maison, il y a surtout Samson. Samson a à peine plus de trente-cinq, quarante ans, et dort dans la petite chambre à côté de la salle de bains. Le jour, il goûte le vin, bricole, et discute avec Catherine lorsqu’ils boivent un café. Souvent il se moque de Tim, ironise sur Hannah et Valentin, avec cet humour qui caractérise les choses amusantes prononcées par des gens qui aiment ça sans trop en avoir le sens. Samson aime travailler. Il fait le jardin aussi. D’ailleurs il a été ouvrier agricole, avant de travailler dans le bâtiment. Si la précision a son importance, c’est uniquement parce qu’il est rare qu’on ne trouve pas Samson. Il est toujours quelque part.
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Hannah nous invite, ce soir. Il faut s’habiller.
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Ah bon, d’accord. Quelqu’un veut du café ?
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Oui.
Hannah a raté Samson de quelques secondes à peine dans les escaliers. Elle finissait tout juste de sautiller vers son grenier qu’il sortait de sa chambre où il vient de faire sa sieste. Dieu merci, il n’y a pas de problèmes de communication, et il a été mis au courant. Maintenant c’est l’heure du café. Catherine se lève du canapé où elle s’était assise pour le rejoindre dans la cuisine ; au passage elle fait tomber sa cendre dans le joli cendrier qui trône au centre de la petite dentelle qui trône au centre de la table ronde autour de laquelle cinq chaises aux dossiers hauts et sculptés attendent que l’on veuille bien s’y asseoir. Puis son regard, qui s’était arrêté sur le sol où ses pieds emmitouflés dans de gros chaussons confortables se faisaient perpétuellement rattraper par la longue jupe de velours noir, remonte le long du bar carrelé puis accroche la lampe pour parvenir au plafond où les poutres marrons ont quelque chose de fascinant… « Aucune importance », pense-t-elle, et elle continue son chemin vers la porte de la cuisine qu’elle pousse comme si de rien n’était. « C’est donc ça qu’elle nous prépare ! ».
Tim se lève à son tour, s’étire et empreinte le même chemin que Catherine. Mais lui ne passe pas derrière le bar : il avance tout droit et ouvre une petite porte qui permet l’accès à l’escalier qui descend à la cave. L’escalier est raide et étroit… En bas, il se retrouve au début d’un long couloir qui ne mène qu’au mur opposé. Deux portes cependant s’en détachent sur le côté gauche, et Tim ouvre la première, entre, la referme, saute en l’air, attrape une barre de fer suspendue au plafond, effectue quelques tractions puis se jette sur son lit, attrape une guitare, gratte quelques notes, tapote un rythme sur ses genoux, s’allonge, repère un magazine sous la table de nuit, tend la main, le prend, l’ouvre, le lit.
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Samson ? Samson ?
La blonde à la chemise moulante débarque soudain dans la cuisine en sautillant. « Ah ! Samson ! Tu pourras glisser cela dans la boîte au lettres ? Merci ! A tout à l’heure ! Et bien habillés, hein ! ». Et elle ressort aussi vite, pensant à la boîte aux lettres. La boîte aux lettres ? Une fente dans le portail, qui permet de mettre et de prendre du courrier. Mais à vrai dire, c’est surtout Hannah qui l’utilise. Elle envoie plusieurs lettres par jour. C’est Samson, en faisant son tour de jardinage, qui dépose ses enveloppes.
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Raphael Falsburry, Miami… Tu connais, toi ?
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Non.
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Ce matin c’était Samuel Esses et Fred Matargas. J’ai une très bonne mémoire des noms. Hier, il a eu Mark Twilings, Saya Mileya et Mary Batarnuts. C’est toujours ça. Une fois, seulement, j’ai vu Pedro Falsburry, Henry Falsburry, deux fois Jack Tills, quatre fois Sandy Helberg et Caroline Majors. Je suis sur de moi, je me rappelle toujours de ces choses… c’est quand même bizarre, non ?
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Hum… oui.
18:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, nouvelle, poésie, art, écriture, nouvelles et textes brefs, ivi kromm
20.11.2007
La maison, première partie
Une maison. Nulle part.
Une maison entourée de hauts murs de pierre, si bien que de la cour, on ne peut apercevoir que des nuages… et ne sortir que si l’on a la clef. La clef… La clef qui entrerait dans la grosse serrure rouillée de l’immense portail métallique. Ce portail est parfait. Techniquement ; une réussite. Il est là depuis des années, mais sa vieillesse ne permet pas, en aucun endroit, de voir de l’autre côté… Il n’y a pas de petits trous de rouilles, pas de morceaux décollés, non, tout est en excellent état. Et la serrure n’en est que plus perturbante. Le jardin est tel qu’on trouverait juste qu’il soit, tel que de nombreuses personnes le voudraient : symétrique, mais sympathique. Une allée centrale qui mène à la porte est séparée du gazon, entretenu mais pas trop, par de petites briques en forme de vague… Au centre de chaque parterre d’herbe verte, un arbre, un pommier ou assimilé, de taille moyenne et d’apparence normale. L’allée centrale se sépare en deux devant la maison, côtoyant le perron, trois marches, et quelques fleurs, avant de rejoindre, de chaque côté, la haie qui borde le mur. Voilà.
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Hum… Il y a aussi ce petit appentis en tôle dans le coin droit, pense Catherine qui fume sa cigarette devant la fenêtre. D’un geste sec, elle fait tomber sa cendre dans un pot de yaourt contenant des perles pour enfants puis tourne les talons.
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Il pleut ? demande un jeune homme assis dans l’un des trois fauteuils qui se regardent à gauche de la pièce.
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Non.
Derrière lui, une cheminée vide, au milieu de la cloison qui sépare ce petit salon de la cuisine. Face à lui, au-delà du fauteuil tourné vers la cheminée, l’autre fenêtre par laquelle Catherine ne regardait pas, et sous cette fenêtre, un long canapé d’angle qui rejoint et accompagne donc l’autre mur, celui qui est entier, même si l’on a accroché ça et là des peintures, des natures mortes. La tapisserie n’a aucun intérêt.
Valentin, l’ancien, le vieillard tranquille, s’est endormi dans son fauteuil.
Tout à coup, une blonde en collant noir et grosses chaussettes sort de la cuisine en sautillant, dépasse le bar, la grande table, et se plante au milieu des fauteuils.
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Ce soir, je vous invite à manger ! A vingt heures précises autour de la table, et bien habillés s’il vous plaît ! Bon, j’ai du courrier à terminer. A tout à l’heure !
Et elle s’engouffre dans l’escalier de bois qui monte à l’étage en deux angles droits.
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Qu’est-ce que je vais bien pouvoir mettre ? se demande le jeune homme à voix haute. Le noir est à la mode, non ?
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Oui, répond Catherine.
18:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grève, nouvelle, poésie, art, écriture, nouvelles et textes brefs, ivi kromm
08.11.2007
CONCLUSION
Je recherche... Un regard.
Je recherche une présence
En Alexandrie le phare
Dans la foule, le silence.
Deux cents cinquante fois
J'ai parcouru ton corps
Croyant trouver en toi
Ce qui me rendrait fort
Et c'est à bout de souffle
Que j'ai vu la lueur
Elle émanait du gouffre
Qui me mènera au coeur
De ma mélancolie
De toutes mes envies
Depuis je m'ouvre au monde
Tu n'es qu'une vieille étoile
Mes yeux à chaque segonde
Te fuient pour une autre onde
Furibonde en ta toile.
VVVVVt', VVVVVVV... VVVh. Terminus.
Fin de l'exploration.
Mais vous me dites: on n'a pas vu Tante Madeleine!
Où est Tante Madeleine?!!
Tante Madeleine, c'est forcément à la fin. Elle apparaît le dernier jour: l'enterrement. On a fait appel à elle pour les fleurs.
FIN

18:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rock, poèmes, poésie, décès, écriture, Nouvelles et textes brefs, société
08.08.2007
Y

Mon étrange initiale m'invite au voyage
Son nom même suscite la curiosité
Elle entraîne le rêve hors des classiques cages
Sous la protection d'Yves, le regard de Yahvé.
Concrète elle m'enchaîne au pays par mon nom
Pourtant ce qu'elle inspire ici est fou, magique:
C'est la grande et belle Ys, jetée dans l'Atlantique
Car ce « i » est liquide et soigne en Yverdon!
Il est d'important fleuves; Yalujiang, Yamuna;
Qui l'envoient vers Sydney, le Yemen, ou l'Afrique;
Il rayonne au Cameroun, peuple le Nigéria;
Nage jusqu'à Stanley, traverse l'Amérique;
Sort par le Yukon ou le Yucatán maya,
Pour l'Europe de Yourcenar plus que Yalta!
Aux alentours d'1h30
Le Bouguen
6/6/7
...
"Initiale, initiale, mais Ivi ça commence pas par un Y!
Ben... J'comprends pas là..."
18:35 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, tordu, Littérature, dessin
01.08.2007
Sourires enivrés
Oh non, je ne veux pas être sur ta photo
Je m'en vais l'étranger, tu ne sais rien de moi
Je ne suis pas assez surprenant, drôle ou beau
Vois ces sourires enivrés, ils sont à toi.
Ne me poursuis pas, l'étranger, reste avec eux
Vois ces choses à partager, laisse moi fuir
Reste si tu cherches du plaisir, l'homme bleu
Car auprès de moi tu n'as qu'une chose à dire.
Qu'importe le contexte et vive l'émotion
Je ne suis que flammèches de vie, sensations
Alors aime-moi the earth and the sun above
Je suis une musique emporte moi l'esprit
Tu peux tout obtenir sans être mon ami
So take me in your arms and love me, love me, love...

04 heures du mat', retour de Liberté
Nuit du 16/05 au Bouguen.
Listening to Morrissey
Get feelings
18:55 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, tordu, amour, poème, musique, cinéma, poésie
09.07.2007
Par les artérioles
Avec l'aurore tôt se lève une voix claire
Une voix qui grandit et qui répend ses mots
Elle s'installe ainsi aux recoins de la Terre
Et résonne un peu fière: dans le bois des sabots.
Ainsi donc elle guide celui qui la foule
Le pénétrant parfois d'une brûlure acide.
La saillie hors-la-loi! "Qui es-tu qui me saoûle?"
Haletante s'écoule de la bouche avide.
"Je suis la sensation, mon amant sensoriel
Je suis la décision, je suis aussi le fiel
Je suis le fifrelin ou le fifre endiablé.
Je suis le lamparo mais questionne sans cesse
Je provoque et rassure, je profane et professe
Je suis toi mon enfant de prodigalité!"
1er Avril 2007, le Bouguen.

But Tom shot her in the right place
Now she doesn't need money anymore...
She works.
She hides.
She defies everyone, even herself
And mostly:
She lives.
27/06/07
13:20 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, Art
05.07.2007
Résurrection
Je commence à fatiguer, je remercie l'hôte
Je salue les invités et quitte la pièce
Mais dès la porte fermée - Ô mon coeur, ne saute! -
J'entends mon nom s'élever. Dieu! Qu'il disparaîsse!
Ah, le salop, l'infâme, comment peut-il oser?
Le traître fou sans âme! Assassin! Meurtrier!
Je ne demande rien, on me condamne à mort:
Voilà un trou rouge dans le dos de mon corps.
Puis-je me relever? Je veux combattre encor
Prouver au monde entier que me tuer est un tort
Qu'il faut me soutenir! Que j'ai déjà souffert!
Qu'importe si l'usage et mon coeur à la fois
Me disent "Tu ne sais rien! Va-t-en! Méfie-toi!"
J'attrappe la poignée pour regarder mon frère.
22/03/2007 le Bouguen.
17:20 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, catholicisme
01.07.2007
Le funambule
Sourire aux lèvres, tu évolues dans la ville
Sans soucis, les mains dans les poches, regarde en l'air:
Je suis le funambule, me vois-tu sur mon fil?
Regarde-moi courir: vais-je tomber à terre?
Ainsi donc tu t'interroges. Qui puis-je bien être?
Je t'aurais répondu avec plaisir, hélas...
Comment se parler, quand nous séparent ces mètres?
Une force me pousse mais aussi me lasse.
Je t'aurais répondu? Soit, je suis malhonnête
Mais sais-tu quelle idée me passe par la tête?
Il me vient une envie de la fuir en tombant!
Pourquoi serait-ce toi plus qu'une autre en ce monde?
Si tu ouvres tes bras dans ma chute profonde
Je trouverai la réponse en te découvrant.
Brest-même, le 20 mars 2007.

16:35 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, funambule
29.06.2007
LE MOIS PROCHAIN
La politique, l'actualité... C'est prenant, passionnant, énervant, fatigant. Dix mois déjà qu'Ivi s'y prend, se passionne, s'énerve et se fatigue pour vous composer ses commentaires, variables dans tous les sens..., et en piocher d'autres dans ses restaurants préférés. Alors au mois de Juillet, les ordinateurs se faisant plus rares pour cause de vagabondage accentué, et la tête se faisant plus légère, Ivi vous propose une série de sonnets plus personnels ou strictement artistiques qu'il a rêvé tout au long du printemps. Il n'oublie pas la revanche littéraire. Ses éventuels fruits de Juillet apparaîtront début Août, et clôtureront l'été.
Que le charme et l'extravagance soient à vos rendez-vous!
A bientôt.

19:00 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, actualité, politique, été, écriture, Littérature, Voyage
27.06.2007
La Belle, le chapelier et le tigron.
L'autre jour, Ivi dédiait à M. Juppé un sonnet sans nom...
En fait, il s'agissait de la première partie d'une trilogie dont voici la suite, qui fera le lien avec ce qu'Ivi disait hier sur le sommeil.
Acte 2 : Le Chapelier
En ses contours chacun trouvait du réconfort
Sauf les jaloux huppés qui l'appelaient "la pute"
Alors elle dansait, généreuse et hirsute
Les faisant saliver, mais les laissant pour morts!
J'eus l'honneur quelques temps d'être son chapelier
J'inventais pour ses traits, son joli chalizion
Son profil alléchant, sa marche chaloupée...
Quand celà l'ennuyait, elle embrassait mon front.
L'un à l'autre donné avec outrecuidance
J'étais protéiforme, elle était bayadère
Elle gérait ma vie, je la regardais faire.
Ensemble nous prenions en charge les plus fous
Disant "Ne dormez pas! Profitez de la transe!"
Car déjà ils crevaient dans le nid de coucous.
terminé vers 2h00 du matin au Bouguen, soirée du 20/06/07
Avec un peu de chance, vous aurez le dernier sonnet avant la fin de l'été... Un été à célébrer l'amour, les fous et la transe.
Un été avec Alex Varenne.
18:55 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, société, cinéma, amour, france, bd, poème


