08.05.2008
Travelling
Suivez-moi, attendez mon retour, où faites du stop, à la prochaine, quoi.
Ivi Kromm, jeudi 8 mai 2007, 03H52.
04:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, poésie, politique, actualité, nouvelles et textes brefs, vie, vacances
14.04.2008
Dans le midi
Agen.
Agen contient un pli que tout le pays avant semblait attendre, traversé par un canal enuyeux, un long couloir droit et propre, ça a l'air triste, ça a l'air... Le versant du pli évoque le passé, les grand-mères esseulées, ennuyées, usantes, comme la voix du chef de bord dans les wagons. Des usines, le long de la Garonne. La grosse Garonne qui à Toulouse chantait sous le soleil ou dormait, illuminée, est une mère pauvre de dessin animé. C'est le personnage à la vie difficile, au destin malheureux. Elle voudrait être belle et bienveillante mais elle n'a plus de force, dépouillée de tous ses biens dans ce désert, n'ayant pas les moyens de se prendre des cachetons alors elle reste saine mais hélas! Elle se blesse sur les poubelles des villes dans lesquelles elle habite.
On sent ce pays étouffant où les gens vivent encore pour travailler, on le sent agoniser, mourir, et n'être bientôt qu'un grand terrain plein de détritus pour pesticides tombés de satellite.
Pourtant, Toulouse la Belle, quatrième ville de France, Toulouse l'infidèle, Toulouse aux raisonnances des grandes avenues dans les sombres ruelles qui étouffent les cris comme les murs d'église, Toulouse... aux cent clochers, Toulouse qui rappelle une prison dorée.
Toulouse est envahie de poulets et d'Agen de toutes sortes qui virent les joyeux d'un beau centre bourgeois et moi qui suis passé sous toutes ses caméras je ne peux maintenant que trembler, Oh oui la France va mal mais ce n'est pas de réformes - mes chers cons! - dont elle a besoin, c'est de joie.
Et si par la même occasion vous aviez quelques plantes vertes pour le pays de Tonneins alors envoyez-les.
17/03/08, train Toulouse - Bordeaux.
Quelques temps après Marmande, une petite route goudronnée longe la voie ferrée. Une large bande d'herbe grasse les sépare. De l'autre côté, un immense champ vide. Terre à nu, quelques pieds d'on ne sait quoi morts sur place. Et voilà le paysage inchangeant sur de longues minutes.
Et puis tout à coup: un vieux! Un vieux courbé avec un pantalon de velours et un pull de laine, une casquette de vieux... Un vieux qui avance lentement le long de la petite route, sans rien, comme ça. Et il avance, répétant les mêmes mouvements, ceux qui permettent à un corps d'avancer. Le train le dépasse à toute allure et continue à longer la même petite et interminable route.
16:57 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : toulouse, agen, marmande, bordeaux, politique, poésie, actualité
28.02.2008
Un peu de soleil, et tout à coup quelque chose se passe... Bien sûr c'est un désastre écologique, mais tant pis, on a lutté, alors maintenant, vivons.

Partout sur la montagne, sur la ville qu'elle abrite, un soleil radieux illumine la vie. Une chaleur heureuse sur les rochers froids que la mer engloutit avant de disparaitre et partout sur la plage des gens vont et viennent; les parents aux pas tranquilles, les enfants qui gambadent et gravissent le moindre amas de graviers...
Des jeunes. Des lycéens aux pantalons courts, les pieds nus et la bière à la main tournent autour de nous le torse fier et la tête touffue. La jeunesse. Je me voyais vieillir, je l'avais oubliée, les bonheurs incroyables, le bien-être anodin de ces jours d'été dans l'hiver froid, cette sensation d'une vie facile et généreuse car après tout le monde se fout bien de nous et nous nous en foutons puisqu'on est heureux.
Et je suis là seul avec mes souvenirs, perché sur un coin d'herbe puisque je suis parti en explorateur, je suis là et soudainement me reviennent les douceurs d'un passé proche mais enfoui, Coco et Pierricko sur le rocher rouge, Rozenn à la terrasse d'un café, Chato et Elod dans l'herbe près d'une tente, Guylaine au volant de la liberté, Klervi bourrée qui délire et tant d'autres, Anno il y a longtemps, le sourire de Tang et l'insouciance, l'insouciance bien consciente que le monde nous appartient et que toujours on y trouvera un morceau de pain, un diabolo et une clope.
Mon foyer du moment pourrait bien s'écrouler sur tous mes objets...
Je suis là sur la roche entouré de cette odeur d'herbe folle, autour de moi l'essentiel: ma veste, mon stylo, mon sac à dos.
Je suis toujours vivant.
9/2/8 Constitution Hill.
00:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, musique, actualité, écriture, environnement, vie, voyage
06.01.2008
Philosophie des feux d'artifice

- Alors ils ont ouvert le champagne. Et tout à coup j’ai eu un genre d’illumination, tu vois, j’étais là debout au milieu du salon avec ma bière dans la main – oui bon d’accord j’étais bourré, mais bon, ça ne change rien au problème. Je les ai vu commencer à se sauter dessus, et comme Nathalie se précipitait vers moi pour m’embrasser aussi dans les cris et les bulles qui nous éclataient à la gueule là j’te jure, je me suis dit… « Mais qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’il se passe exactement ? » Et tu vois j’arrête pas d’y repenser depuis mais quand on y pense en fait… C’est d’une connerie monstrueuse tout ça. Comme si ça changeait quelque chose là du 31, 23h59 au 1er, 00h01 ! Mais rien ! Rien ne change ! Et je me suis dit alors pourquoi on fait la fête ?
- Au ben parce que tout le monde le fait ! C’est une occasion, c’est tout, faut pas…
- Ben c’est ça le problème tu vois. C’est pas une occasion. C’est ce qu’on croit. C’est comme une obligation car si il te venait à l’idée de pas fêter ça mais tu passerais pour un fou ! C’est une telle évidence qu’on n’ose pas la remettre en question. Mais quelle évidence bon dieu ! Une fête c’est quand on a quelque chose à fêter, non ? Mais on a rien à fêter ! Ça ne correspond strictement à rien tout ça ! Le calendrier c’est nous qui l’avons inventé, ça pourrait très bien être deux jours plus tard je sais pas tu vois, je… Ça correspond même pas aux saisons. Même pas ! Rien de naturel, rien, il n’y a rien de rien !
- Pourtant il doit bien…
- Oui ! Oui ! J’vais te le dire moi, c’est comme par hasard une semaine jour pour jour après noël ! Et on ose dire qu’on est laïcs. Oui bien sûr il n’y que moi pour penser à ça, bien sûr ça fait chier, c’est des détails on n’a qu’à profiter de la fête et puis c’est tout c’est ça ? Ben non. C’est à force de plus réfléchir à rien, de tout accepter, même des petites choses à la con comme ça, qu’on se fait avoir tout le temps. On sait plus se méfier. On accepte tout car on croit que « c’est comme ça ».
- Mais attends moi je veux bien mais j’ai pas envie d’avoir une vie morose là, où je reste tout seul à faire la gueule pour des raisons bon… voilà, quand tout le monde fait la fête. Merde, écoute !
- Ehe… Tu me connais plus j’ai l’impression… Tu crois que c’est mon genre de rester tout seul à déprimer ? Non, moi aussi j’aime bien la cuite avec les potes. Le tout c’est de savoir ce qu’on fait là. Si on fait la fête, c’est parce qu’on en a envie, point. Faut assumer un peu. Oui, on aime se prendre des cuites ! Et non, on en a rien à foutre de ce changement de chiffre. Les « meilleurs vœux » d’usage, on oublie. On arrête de sauter en l’air en faisant le décompte. Etc. Enfin moi j’arrête, hein, voilà. Et je sens bien que je suis pas le seul à vouloir un peu remettre du sens dans tout ça. Mettre du sens c’est déjà en chercher et reconnaître quand il n’y en a pas, je crois.
- Hum… Pourquoi pas après tout. Tu sais dans le Pub où j’étais ils faisaient n’importe quoi, ils ont crié le décompte une dizaine de fois, avant l’heure et après l’heure enfin… Finalement ils disaient comme toi, hein, enfin sans nous faire le discours philosphique là, sans s’en rendre compte sûrement… Mais quand on y pense c’est le même sentiment que tout ça c’est une vieille mascarade à deux balles. Alors détruisons-là, ouais, faisons-en un truc tripant !
15:55 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voeux, bonne année, actualité, écriture, société, nouvel an, réveillon
18.09.2007
Retour sur l'insécurité
LES MEMES, SANS MARY
MME MARTIN – Ça m'a donné froid dans le dos...
M. MARTIN – Il y a pourtant une certaine chaleur dans ces vers...
LE POMPIER – J'ai trouvé ça merveilleux.
MME SMITH – Tout de même...
M. SMITH – Vous exagérez...
LE POMPIER – Ecoutez, c'est vrai... tout ça c'est très subjectif... mais ça c'est ma conception du monde. Mon rêve. Mon idéal... et puis ça me rappelle que je dois partir. Puisque vous n'avez pas l'heure, moi, dans trois quarts d'heure et seize minutes exactement j'ai un incendie, à l'autre bout de la ville. Il faut que je me dépêche. Bien que ce ne soit pas grand-chose.
MME SMITH – Qu'est-ce que ce sera? Un petit feu de cheminée?
LE POMPIER – Oh même pas. Un feu de paille et une petite brûlure d'estomac.
M. SMITH – Alors, nous regrettons votre départ.
MME SMITH – Vous avez été très amusant.
MME MARTIN – Grâce à vous, nous avons passé un vrai quart d'heure cartésien.
LE POMPIER se dirige vers la sortie, puis s'arrête. –– A propos, et la cantatrice chauve?
Silence général, gêne.
MME SMITH – Elle se coiffe toujours de la même façon!
LE POMPIER – Ah! Alors au revoir, Messieurs, Dames.
MME MARTIN – Bonne chance, et bon feu!
LE POMPIER – Espérons-le. Pour tout le monde.
Le pompier s'en va...
Eugène Ionesco, La cantatrice chauve, Scène X.
18:30 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rock, littérature, actualité, politique, poésie, sarkozy, droite
29.06.2007
LE MOIS PROCHAIN
La politique, l'actualité... C'est prenant, passionnant, énervant, fatigant. Dix mois déjà qu'Ivi s'y prend, se passionne, s'énerve et se fatigue pour vous composer ses commentaires, variables dans tous les sens..., et en piocher d'autres dans ses restaurants préférés. Alors au mois de Juillet, les ordinateurs se faisant plus rares pour cause de vagabondage accentué, et la tête se faisant plus légère, Ivi vous propose une série de sonnets plus personnels ou strictement artistiques qu'il a rêvé tout au long du printemps. Il n'oublie pas la revanche littéraire. Ses éventuels fruits de Juillet apparaîtront début Août, et clôtureront l'été.
Que le charme et l'extravagance soient à vos rendez-vous!
A bientôt.

19:00 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, actualité, politique, été, écriture, Littérature, Voyage
24.05.2007
Pendant ce temps-là, 1ère.
Tout d'abord, Ivi vous signale quelques faits sur lesquels il n'a pas écrit mais qu'il trouve intéressants...
1) En appelant le 32 11, vous pouvez avoir des esclaves.
3) Regardez bien:

On dirait un acteur des feux de l'amour, non? Un genre de beau gosse à deux balles un peu fier, compétent dans tous les sens du terme (au bureau, au pieu...), mais bon, pas bien... vous voyez... Un beau gosse qui sert à rien quoi. Alors oui, monsieur Solly sera mieux sur TF1. Qu'il y reste!
Pendant ce temps-là, le sang bleu continue de couler.
Pas à l'extérieur, hein! Qui a cru à cette mascarade?
Dans les veines, dans les muscles, dans les appareils de reproduction...
Prince Républicain
Il est né dans une bonne et grande famille
Où il a reçu la meilleure éducation
Maman a bien géré, sans élever de filles
Quand papa défendait l'orgueil de la maison.
Des réseaux d'entraide? Evidemment ils en ont!
Un homme d'aujourd'hui tisse des relations
Tout en tirant profit de celles de papa.
Et fiston à son tour saura en profiter!
Car il faut aller loin et il étudiera
Honorant la famille, aura un beau métier
Trouvera une femme pour faire à manger.
Puis comme grand-père entrera en politique
Il se fera élire, il connait la tactique
Et ainsi la noblesse s'est renouvellée!
vers 12h30 le 24/05/2007
Inspiré par un Debré,
Mais tellement... Général!
19:40 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, poesie, sarkozy, ump, Kouchner, Actualité, médias