11.12.2007

La maison, onzième et dernière partie.

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie
Dixième partie

Le pinçant entre son pouce et son index, Catherine écrase son mégot dans le joli cendrier de la table qui n’a pas été débarrassée, puis jette son paquet vide à la poubelle. Ceci fait, dansant toujours au son de Valentin, elle entreprend de rejoindre son grenier… Elle pousse la porte. Du coin de l’œil, alors qu’elle avance vers les tas de vêtements, elle aperçoit Hannah et Samson, entrelacés et à demi couverts par les draps, terminant dans la joie et les cris leur étreinte passionnelle. Catherine, elle, sort d’un coin perdu un large chapeau noir sur l’avant duquel trône une grosse rose rouge en tissu. Après l’avoir posé sur sa tête et consulté, avec un sourire, le miroir, elle se retourne vers le couple qui, encore tout essoufflé, s’assoit pour la regarder et comprendre ce qu’elle fait. Ce qu’elle fait ? De l’un des cartons qui jonchent le sol, elle sort un paquet de tabac et revient vers Samson et Hannah.
-  Cigarette ?

Ensuite, comme ils tirent leurs premières bouffées, elle va chercher quelques mètres plus loin un tabouret et le ramène devant eux. Puis c’est le chevalet, la toile, les pots de peinture et les pinceaux.
-  A présent, oubliez-moi !

Le piano s’est fait plus doux mais les entoure comme un nuage. Fumant en toute tranquillité, la blonde et le brun se regardent amoureusement, blottis l’un dans les bras de l’autre. « Toc toc »… C’est Tim, il n’a plus de chemise. Il entre. Dans ses mains, il tient le collier qu’il vient de faire à partir de perles vertes et roses. Lentement, il s’avance vers le couple, s’agenouille juste devant eux, et passe le collier au cou d’Hannah. Interloquée, cette dernière pose sa main sur sa joue… puis la passe dans ses cheveux, jusqu’à lui attraper la nuque, et l’embrasser subitement. Mais elle revient se blottir dans les bras de Samson, qui prend la main droite de Tim et y dépose un baiser.
-  Demain, tu y verras plus clair et tout ira bien, dit-il.
-  Ecris, écris tout ce que tu crois, ajoute Hannah avec aplomb.

Lentement, Tim tourne la tête alors que le piano joue de plus en plus fort et que ces deux corps si proches se diluent dans l’air et dans ce décor de grenier. La bouche de Catherine s’entrouvre, s’ouvre, s’ouvre de plus en plus grand alors que tout se mélange, que tout tangue, elle ouvre grand la bouche, elle va crier…

 

-  Maintenant, disparais !

 

FIN

09.12.2007

La maison, dixième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie

C’est presque uniquement cette dernière phrase qui fait fondre Samson, qui lui donne envie d’essayer de lui faire vivre le contraire. Il relève donc le visage mouillé de larmes de la blonde en jupe fendue – fente qu’il élargit rapidement – et, après l’avoir longuement regardé dans les yeux, il l’embrasse passionnément. Comme elle semble plutôt apprécier la situation, il n’hésite pas à retirer son poncho, dévoilant son corps fin et musclé. Elle s’accroche tellement à ses épaules, gardant ses lèves, que c’est lui aussi qui fait disparaître la jupe fendue, le pantalon de toile, et l’immense pull rouge, comme tous les sous-vêtements. C’est lui enfin qui la traîne sur le matelas tout proche pour unir leurs corps dans les draps fins… Samson bouge comme un médecin fou amoureux d’une droguée, alors qu’un piano résonne magnifiquement dans toute la maison. Car pendant ce temps, les autres n’ont pas perdu le leur : Valentin, ayant finit de fumer, est monté dans sa chambre où, plein d’énergie, il s’est assis face à son piano, se lançant dans un Mozart qu’il n’avait pas joué depuis des années… Et c’est réussi, car la maison entière prend une dimension magique à mesure qu’il appuie sur les touches de son instrument majestueux.

Il n’est en effet pas le seul à y trouver son bonheur… En haut, on va jusqu’à se caler sur son rythme, en bas, Catherine, sa cigarette à la main, se laisse ballotter par la musique, les yeux fermés… Tim, lui, retombe en enfance, bouleversé par la question que lui a posé Samson tout à l’heure. Instinctivement, il a attrapé un bocal contenant des perles de bois multicolores, et se met à en faire un collier…

...Onzième et dernière partie.

06.12.2007

La maison, neuvième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie

-  Je m’appelle Hannah Falsburry, et voici mon histoire.

Comme elle se lance dans un long récit, Samson s’agenouille à ses côtés et la regarde, attendri et à l’écoute.

-  J’ai grandi dans une riche famille américaine qui ne m’a jamais rien appris d’intéressant. N’étant pas franchement douée pour les études, j’ai vite abandonné pour devenir la secrétaire particulière de mon père… Jusqu’à ce que je comprenne que je n’était pour lui qu’un appât à clients, car il suffisait que je me laisse draguer par un jeune homme qu’il aurait aimé voir dans ses associés pour qu’il m’encourage au lieu de me dire de me méfier. C’est donc le cœur brisé par ce constat et d’innombrables échecs amoureux que j’ai quitté mes parents à vingt-trois ans pour aller m’installer chez le premier garçon venu. J’ai vécu ainsi d’homme en homme jusqu’à rencontrer Henry Falsburry, un riche homme d’affaires que j’ai épousé. Je croyais avoir enfin trouvé la sécurité. Belle erreur ! J’ai réalisé que pour lui non plus je n’étais rien, rien qu’une jolie fille sage pour le distraire. En cas de divorce ou de décès, il avait tout prévu pour que je me retrouve sur la paille. Il se trouve que cet homme avait deux fils : Dick et Raphaël, vingt-six et vingt-et-un ans. J’ai eu une idée folle pour m’en sortir : mettre de l’argent de côté au cas où, et cet argent, le voler. Pour cela, j’ai séduit le cadet des frères, et l’ai convaincu de me voler une grosse somme dans une banque où son père avait rendez-vous. Il y parvint. Malheureusement, Dick avait compris notre stratagème et me vola la valise remplie de billets pour la remettre à mon mari, tout cela sans que je m’en rende compte, jusqu’à l’arrivée des policiers. Je m’en souviens comme si c’était hier : ils étaient cinq, deux femmes et trois hommes. L’un de ceux-ci me fit tout avouer en me séduisant… Au procès, je n’ai eu qu’une amende. Le divorce a été prononcé et Henry a été obligé de me verser des sous… J’ai pris un appartement, mais ma vie ne s’est pas stabilisée du tout. J’ai rencontré un homme, un médecin, Mark. Il était génial… Mais Raphaël est revenu vers moi. Bien sûr, au départ, je ne l’avais séduit que pour parvenir à mes fins, mais finalement c’est lui qui m’a eue. J’ai été conquise par sa jeunesse, son corps magnifique, son côté aventureux… Mark nous a surpris, il a été blessé et j’ai dû le quitter, car je savais pertinemment que d’autres hommes encore pourraient venir à bout de toute ma bonne volonté, comme Sam, le policier qui s’était occupé de moi, ou encore Fred, le fils de l’inspecteur. Ma vie a toujours été un énorme désordre sentimental, les hommes m’attirent dans leur filets et je cède car j’ai besoin d’eux, de leurs corps… Je suis programmée pour le plaisir, mais pas pour l’amour.

...dixième partie.

02.11.2007

VVVVVt'

Il semble que tisser une large toile fatigue l'araignée. Proportionnellement, ça fatigue aussi l'oeil de la mouche, qui est donc prompte à s'empétrer dans les fils. Il reste à l'araignée, alors, une tâche dont la difficulté est encore proportionelle à l'énergie qui lui reste. Sa toile a déjà fait tout le boulot. Avec la loupe, et avant l'arrivée de la mouche, nous allons maintenant observer quelques points précis de la toile, pour découvrir la base de la mort. On commence en haut?

Allez, on descend. VVVVVt'.

Alan en retirant son sweat, fait involontairement remonter son T-shirt et expose donc son long dos, durant quelques segondes, à l'attrouppement derrière lui.

VVVVVt'.

Stéphanie, les larmes aux yeux, entend les sirènes se rapprocher, puis l'ambulance freine brutalement devant la vieille maison.

VVVVVt'.

Au début de leur relation, Frère était le Sacha de Valérie...




Je t'espère et je t'aime,
Ô mon soleil, ma lune, mon roi
Ô mon mec, ah mon emblême
Je t'attends, je pense à toi
Ah oui la nuit sera belle
Et le jour sera grand
Ah que l'attente est cruelle
Et que le désir violent.

Je te guette et je t'aime
Ô mon soleil, ma lune, mon roi
Ô mon mec, ah mon emblême
Je t'attends, je pense à toilettage
Ah oui la nuit sera belle
Et le jour sera grand
Ah que l'attente est sensuelle
Et que le désir ardent.

Catherine Ringer a donc scellé à postériori l'union de Valérie et de Frère, qu'elle baptise avec talent. Et Fred Chichin fait VVVVVt'.

Léa crache sa purée de potiron sur son bavoir puis jette sa cuiller et se met à pleurer en agitant les mains.

Partons sur la gauche... VVVVVt'!

Sylvie, sur son lit d'hôpital, maudit cette satanée infirmière qui vient de lui apporter son repas repoussant. Comment manger avec quatre dents en moins? Quatre dents qui ne lui servaient à rien mais qui maintenant, par leur absence, lui font plus mal que si elle se plantait ce couteau en plastique dans le coeur.

 

31.10.2007

STUP: SEXE 4

 

Et c'est quoi, une « ultrabonnasse » au masculin? Comment qualifier le playboy beau gosse sexy tout en muscles et en gel dans les cheveux? Dégueu, c'est peut-être le mot le plus juste. Le beau mâle pur taillé en V, « comme moi mais dans l'autre sens » aime dire Gilbert en abusant un peu. Ce corps sain qui s'occuppe dans ces établissements hautement culturels aux noms si doux (« Garden Gym »; « Physic Form ») passe vraiment à côtés de tout un tas de merveilles. Est-ce qu'une éventuelle satisfaction peut justifier tant d'ennui? Eventuelle, car le pouvoir de séduction obtenu, et c'est la seule satisfaction, celle de se sentir à l'aise en permanence car sûr de son pouvoir, n'est pas en soi suffisant, et peut donc cacher des lacunes, des troubles bien plus graves: mal de vivre, problèmes de santé... De toutes façons, l'efficacité même de cette norme de beauté est remise en cause:

- Que voulez-vous, l'inspecteur Taverner et ses joyeux compères sont plutôt inquiétants! Quant à Laurence, il est liquéfié, probablement?
-  Le fait est qu'il n'est pas brillant. Je me demande comment une femme peut s'amouracher d'un type comme ça.!
-  Vraiment? Pourtant, il a beaucoup de sex-appeal.

Je restais sceptique.

  • Une mauviette comme lui?

Sophia rit franchement.

  • Pourquoi les hommes se figurent-ils qu'il faut être construit comme un déménageur pour séduire une femme? Du sex-appeal, Laurence en a bel et bien. Mais je ne m'étonne pas que vous ne vous en soyez pas aperçu...

 

Agatha Christie, La maison biscornue

Alors pourquoi passer du temps à la musculo-gym? Ils ont peur. Peur de ne pas être à l'aise, et leur seule garantie d'être à l'aise, c'est de s'approcher le plus possible d'un stéréotype. Ces gens sont bien des victimes stupides. Voilà de la stupeur. La stupéfaction viendra à l'identification du bourreau. A vous de jouer.

29.10.2007

STUP: SEXE 3

Alors, le sexe tout au long de la vie? Concrètement, non. Tante Madeleine en est l'exemple même. Mais idéalement? Des parties de jambes en l'air à la maison de retraite, c'est cohérent? Si on retire le blocage mental qui nous rend cette idée dégoûtante, rien ne s'y oppose. Chacun fait ce qu'il veut.

  • Oui mais redescends sur terre Corinne. On peut pas juger de ça, on l'a pas vécu, on peut pas...

  • Bien sûr, mais il faut bien avoir une opinion!

  • Et je me vois mal aller demander à mon père s'il a une activité sexuelle!

  • Oulah! J'imagine sa tronche...

  • Non, sérieux, c'est leur problème, et ce sera le notre ensuite. C'est quoi cette tendance à mettre le cul au centre de tout? T'as plus de sous? Baise un coup! T'as plus de boulot? Baise un coup! Tes collègues t'aiment pas? Baise un coup!

  • T'es tout seul... Baise un coup! Eh bien non. Célibataire = condamné à tout foirer.

  • J'aimerais bien voir Chirac dire: « Vous êtes au chômage, vous êtes célibataires et vous galerez... Tant pis pour vous, le gouvernement ne peut pas marier tout le monde! »

  • « Moi, si j'ai réussi, c'est grâce à Bernadette. Un sondage négatif? Hop là, un petit tour dans la chambre à coucher et c'est reparti. »

  • Un mars et ça repart.

  • Ceux-là, j'espère pour eux qu'ils ne baisent plus.

  • Ouais...

  • Enfin, c'est comme tout le monde. Même les cons évoluent, et apprennent à prendre du plaisir autrement. Faut pas oublier que le cul, malgré tout le plaisir auquel on peut l'associer, ça reste un truc qui sert juste à faire des enfants. A se reproduire. Si ils laissent faire tous ces trucs pornos et autres c'est toujours de la manipulation. Entre l'avancée dans l'entreprise, le foot et la chasse à la femelle, qu'est-ce que tu veux que les jeunes s'interessent à la politique?

  • Heureusement qu'ils sont irrésistiblement attirés par l'alcool, ça leur remet les pieds sur terre!

  • Buvez les jeunes, buvez!

  • Ahlala... Qu'est-ce qui faut pas entendre, j'te jure.

  • S'ils connaissaient le tiers des plaisirs non-sexuels qu'on a connu, nous, tu parles qu'ils feraient des études!

  • On était pile la bonne génération. Débarassés des trucs d'avant, et pas encore emmerdé par les principes de maintenant. On était libres. On faisait des trucs de fous. On était jeunes quoi!

  • On avait pas peur, surtout, tu crois pas que c'est ça? On tentait tout et n'importe quoi, le monde nous semblait pas dangereux comme à eux. Ils osent à peine sortir dans la rue... Ou alors après deux heures de préparations en tous genre! Enfin... C'était bien hein?

  • Sophie, je crois que je vais me réinscrire à la fac.

27.10.2007

STUP: SEXE 2

Impressionante la nuance entre tout ce que peut évoquer le mot « SEXE » en cette fin de première décennie de XXIème siècle (Platon! Dieu que le temps passe!) et ce qu'en dit notre petit dictionnaire de 1993. SEXE: 1. Caractéristiques physiques qui permettent de différencier le mâle de la femelle, l'homme de la femme. 2. Ensemble des individus de même sexe. 3. Organes génitaux externes.

Hugo est perplexe face à ces définitions. Alors la femme n'aurait pas de sexe? Quatre définitions, rien qui ressemble aux films interdits ou même aux clips de MTV. Approfondir le point 3... Seule piste interessante.

SEXUALITE: Ensemble des caractères et des comportements liés au sexe, à l'instinct sexuel. Voilà qui est plus clair. Quand la pauvre voix du R'n'B français parle de danser « façon sexe », c'est sûrement pour l'aider à repérer les « ultra-bonnasses ». Tout comme Super Zaza prend son super laser pour ratatiner les méga-méchants, une vraie bombe sexuelle, c'est une ultra-bonnasse, selon les racailles que cotoie Juliette. D'où peut venir ce terme? « Bonne », tout d'abord, permet de situer la chose: 1. Qui aime faire le bien [...]. 2. Qui réussit bien dans son travail. (Le rôle de la femme est donc de donner du plaisir à l'homme?) 3. Qui est d'une qualité satisfaisante. 4. Conforme aux règles morales et sociales. (Oui, il faut quand même être un peu à la mode et répondre aux critères physiques du moment... Patti Smith a bien été sex-symbol à son époque! Ce n'est pas universel!) 5. Agréable, savoureux. 6. Favorable. (Les mots parlent d'eux-mêmes...) 7. Juste, correcte, appropriée. (Pile poil ce qui me fait envie...) 8. Qui est important.

Moralité: si vous en trouvez une, ne la laissez pas s'échapper.

Ajoutons le suffixe -asse pour faire de l'adjectif un nom et en même temps y apporter un petit côté sale. Admirons au passage la proximité du terme « bonasse », soit « bon jusqu'à la niaiserie ». Terminons par le préfixe superlatif ridicule « ultra » pour obtenir... Un chat est un chat, une ultra bonnasse, pour celui qui utilise ce terme, est une grosse pute. Salope. Au moins potentielle. Que du bonheur. Impressionnant. Alan a bien compris l'idée, alors pour lui c'est devenu une insulte. Bien sûr vous vous retournez dans la rue en l'entendant dire « Espèce d'ultra-bonnasse! » à sa potesse pour se venger de la dernière vanne.

Autant de subtilité dans une telle vulgarité, c'est le serpent qui se mord la queue! Mais ce n'est pas fini, car on a toujours une face cachée, comme en témoignait Chantal la bourge. La plus complète dénigreuse d'ultra-bonnasses ne peut jurer n'avoir jamais, se laissant divaguer, rêvé de posséder le sex-appeal tout en courbes de Druuna par exemple (Druuna, Druuna, ...héroïne de BD bien sûr!). Vous ne la connaissez pas? Demandez à Hugo, voire à Alan, de soulever son matelas! Quoique, c'est quand même réservé au petit monde du dessin à bulles. Mais il y en a d'autres. Elles sont irrésistibles. N'importe quel jeune homme, même si c'est loin d'être le genre de personnes qu'il recherche dans la vie quotidienne, s'endort un soir de temps en temps en passant à l'une d'elles.

25.10.2007

STUP: SEXE 1

Alors tu n'es pas comme on voudrait que tu sois? Tu t'interesses à autre chose?

Sophie, elle, ne veut pas être la bourge pseudo-séduisante de la pub pour le soin des problèmes d'érection. On se remet en situation: la bourge est dans son salon, chic, propre, desinfecté et douillet si tu es toi même désinfecté, si tu ne pètes jamais et si tu n'as pas de salive dans la bouche... Car petit rappel, parfois on postillone, parfois même l'humain bave! C'est ça l'inconvénient avec la salive. Alors nous nous offrons la toute dernière invention des instituts Pharmacoma: Buccodry, pour des muqueuses sèches en permanence. Bref, vous l'aurez compris, la vieille bourge, sous ses aspects respectables, est une bête de sexe, une vraie chienne, une chaudasse aux courbes plus que généreuses. Vous pensez bien qu'avec sa fraîche cinquantaine est venue la maturité physique de laquelle toute minette rêve. Epanouie, Chantal sait tout de la séduction, et grâce aux progrès de la médecine et des cosmétiques, elle ravivrait la flamme de n'importe quel cadavre. Mais pas de ça! Elle est fidèle, la bourge! Fidèle à son mari, car ça sent le catho à plein nez, le faux catho, le catho du dimanche, la pétasse évoluée, donc, dans les deux sens de la locution: positif à l'horizontal, abject à la verticale. Méprisante, quand elle daigne faire attention à vous, mais vous ignorant dans le cas général. Chieuse, fière, mais avec une maison bien tenue, des enfants bien élevés, qui se sont fait une situation, comme on dit, et puis, les valeurs, les fameuses valeurs. On fait un petit chèque aux assos de charité quand on a le temps. Ah! Quel tableau alléchant pour Charles! Charles, le mari bien sûr, soit l'homme qui dégoûte Sophie. Mais le problème de Charles, hormis celui d'être l'équivalent masculin de Chantal (avec le bonus de l'homme, c'est-à-dire le costard, la classe élégante, l'argent, la stabilité, la sécurité qu'il incarne...), c'est qu'il a beau faire du sport, du tennis, du golf, son corps ne se conserve pas aussi bien que celui de son épouse. Il ne suit plus, le brave! Il ne peut plus assouvir tous les désirs de sa belle. « La première fois que Charles a eu des problèmes d'érection... » C'est la que le scénario s'éloigne de la réalité des personnages. Ils ne diraient jamais ça. Mais bon, c'est ça une pub, ça délivre un message, en l'occurence: « Vieux bourges! Libérez-vous! Osez! Et puis allez en parler à votre médecin, après tout c'est bien naturel! » Et de toutes façons, vous allez passer de plus en plus de temps avec lui dorénavant. Alors, dans la pub, Charles arrive derrière Chantal pour lui glisser un bisou dans le cou. On imagine bien sûr qu'il va ensuite lui arracher ses vêtements pour la baiser comme un fou! Mais pudeur, quand même. Autrement il faudrait aller à confesse.

Tout ceci pose de deux interrogations: le sexe... jusqu'à la mort? Et du coup: est-ce que le sexe c'est la vie?

07.10.2007

STUP: ARGENT 4

S'il y avait une seule chose à garder dans tout cela, c'est que dans les petits bourgs, le « Café du commerce », malgré ses pochtrons, sa télé avec les jeux olympiques, ses cartes de pêche en vente, et le fait que le patron ne donne qu'un sucre avec le rallongé, eh bien ce café est bien plus sympa et mieux décoré que les trois ou quatre PMU qui ornent la place de l'Eglise.

Les PMU, Sophie connait. Elle ne peut s'empêcher d'avoir pitié de ses collègues qui misent sur les chevaux sans jamais être entrés dans un hippodrome ou qui croient encore et toujours que le jackpot de la Française des jeux finira par leur tomber entre les mains. Et ouais, c'est un service public, ça. D'ailleurs les PMU sont souvent bien entourés. Par exemple, d'un côté, de la vitrine d'une boîte de toilettage d'animaux domestiques avec un nom ridicule comme « Au joli toutou », ou encore « Le chat coiffé », dont le sol est jonché de figurines représentant nos amis à quattre pattes dans toutes les positions. Flippant. De l'autre, un coiffeur avec un nom bien du cru et un mot fashion. Dans le coin, ça peut être « Le Briquer-Boubennec Création », mais ça marche aussi ailleurs: « Bertrand Mode & Style ». Parfois on a droit à d'impressionants jeux de mots à l'américaine comme « Mille 'n hair ». Bien entendu, cela n'empêche en rien les employés d'avoir un coup de ciseaux parfait, aussi parfait, voire plus, que ceux des salons des grandes chaines nationales à la décoration rectiligne d'où émanent de grands portraits de mannequins à l'air niais. Aussi ridicules soient-ils, les petits coiffeurs expriment la vocation et les grands salons l'avidité commerciale. De toutes façons, Sophie ne va pas chez le coiffeur. Corinne coupe droit, ce qui est amplement suffisant aux yeux de notre infirmière. Et c'est gratuit. Sophie non plus n'est pas une fanatique de l'argent. Elle et Gilbert ne se prennent plus la tête (expression que l'on peut rapprocher de celle du derrière) avec ça depuis longtemps. Ils vivent tout simplement, sans faire de grands projets de voitures de luxe ou de vacances en thallasso à Tunis. Ils ne font pas de régimes et se permettent donc de dépenser en bon vin, bonne bouffe et gâteaux quand ils passent en ville à l'heure du goûter. Heureux, quoi. Que demander de plus? Une place de cinéma de temps en temps, et l'affaire est dans le sac. Comme quoi on peut s'accomoder, dans la vie quotidienne, des histoires de fric. Avec deux salaires et un grand sourire, le choc est moins dur quand on rencontre le mur...

05.10.2007

STUP: ARGENT 3

Le seul car à partir ce dimanche arrive à quatre heures avant le rendez-vous. Tant pis. C'est ça ou rien. Un café dans un PMU. Une fille entre... plutôt jolie. Elle a un gros chien, qui ne peut évidemment s'empêcher de venir flairer la brioche au chocolat d'Alan. Et voilà la discussion engagée... La fille a pas d'bol. Elle sort de chez les flics, plus de permis pour six mois, à cause de deux petits grammes... dans le sang. Merde, c'est pas le jour là, et pourtant il ne pourra même pas boire son café tranquille. Bon, soyons positifs, elle est sympa. Elle téléphone? Profitons-en pour aller aux toilettes. Ta ta ti ta ta ta ta ta ta ta ta ti ta ta ta ta...

  • Allô? Oui maman je t'entends. Oui j'ai essayer de t'appeler... Oui je t'entends. Répondeur pendant près d'une heure... Oui, oui, je t'entends! Bon je voulais savoir si...

  • Monsieur! On ferme, là!

  • Merde, faut que je te laisse maman, oui, oui je t'entends! Oui! Bon faut que je raccroche... Salut Maman. Comment ça on ferme? Il est quinze heures!

Plus personne dans le bar. La fille est partie aussi. Un autre alors...

Les histoires d'Alan, on pourrait en faire des encyclopédies. Pourtant c'est très simple. Bien qu'ils soient des petits branleurs qui fument et boivent, ils ont beau y mettre la meilleure volonté du monde, les étudiants restent au plus bas de la précarité dès qu'ils veulent faire quelque chose de leur vie. D'accord, les carottes et les crêpes, c'est pas le meilleur exemple. Ça confirme la règle.