09.10.2007

STUP: DROGUE 1

DROGUE. Nom féminin. Pour Alan, tout ce qui est agréable est féminin, mais pas l'inverse. 1. Péjor. Médicament. Sophie donne des médicaments à ses patients, Sylvie, de la drogue. 2. Stupéfiant. L'autre jour, Juliette a su qu'une de ses meilleures amies avait pris de l'ecstasy avec son petit copain. Elles avaient pourtant toujours eu pour principe de ne pas toucher à ça. Juliette en est stupéfaite! Déçue, aussi... Mais tant que cette amie n'est pas droguée... – qui s'adonne aux stupéfiants – ça va encore. STUPEFIANT. Substance analgésique ou euphorisante dont l'usage peut entraîner une dépendance et des troubles graves. Des troubles tels que le stupre... C'est incroyable ce que l'on peut inventer en partant du dictionnaire. Mais certains points restent flous: ANALGESIQUE. Qui supprime la douleur. EUPHORIE. Sentiment profond de bien être, de joie. Un stupéfiant peut donc entraîner le drogué à se stuquer dans un stupa. Le drogué devient capable de tout et n'importe quoi! Le cheval, lui, peut avoir recours aux stupéfiants pour figurer au stud-book.

Ce thème peut mener n'importe où: c'est un vrai stretch. Il s'étend des stries du parquet au stratus de la stratosphère! Mais après l'euphorie, tentons de revenir à la simple euphonie qui entoure le mot DROGUE. Le DROGUISTE tiend la DROGUERIE – Commerce, magasin de produits d'entretien. Le droguiste n'est donc pas quelqu'un qui drogue, mais un honnête citoyen. DROGUER. 1. Donner beaucoup de médicaments à quelqu'un. 2. Donner de la drogue, un stimulant.

Est-ce le fait que la drogue soit illégale, et donc taboue, qui fait qu'une telle incohérence l'entoure? Il faut dire que l'euphonie n'est pas une science. Examinez la dernière définition. « Drogue », nous l'avons vu, peut vouloir dire « médicament ». « Droguer » peut donc signifier à la fois « donner beaucoup de médicaments » et « donner des médicaments ». Quelqu'un qui donne peu donne quand même, donc « droguer » signifie « donner des médicaments », en n'importe quelle quantité. Rien de moins fiable, en somme, que ce mot. D'autant plus qu'il s'applique aussi aux stimulants, et il faudrait refaire une démonstration avec le cheval.

01.10.2007

STUP: ARGENT 1

Argent... Métal précieux. C'est pas le top du top, c'est vrai, mais c'est immense. L'argent, c'est la performance ultime: l'or, c'est trop beau pour être vrai; le bronze, pas mal mais bon, peut mieux faire. L'argent: Bravo. Respect.

Un spectacle de plus au palmarès de l'athlète moyen, sauf que cette fois... Il n'a pas l'habitude du podium. On le soutient mais on n'y croit pas vraiment. Répétons-nous avec cet exemple. Médaille de bronze: « Ah, pas mal! Il est bon quand même finalament. » Médaille d'or? « Non... Pas possible! Les autres ont dû être carrément mauvais... Quel coup de bol! » MEDAILLE D'ARGENT? « Mais c'est incroyable! Hallucinant! Waouh, alors là, tu nous stupéfies. Et dire que nous étions là, stupides devant la télé... Quel coup de maître! » Le vieux noble qui connait bien l'argent dira: « Chapeau bas! », ce qui exprime plus le foutage de gueule que la stupeur.

Mais au fait, pourquoi connait-il bien l'argent? Par hasard. C'est un peu ça la noblesse, c'est le hasard. A la fois c'est beau, un peu magique, un peu fascinant, et à la fois c'est... que dalle. Corinne parie très sérieusement que l'enfant, avant de naître, choisit ses parents. Comme si, dans un satellite perdu dans le cosmos, le bébé s'installait à la table de contrôle de la salle de choix, et consultait sur des écrans technologiquement ultra-moderne les paramètres des parents disponibles. A ce moment là, la noblesse n'est plus due au hasard: elle est un critère de décision pour le bébé. Cela implique que certains la méprisent, et la noblesse y perd en magie... Gardons comme unique principe le miracle de la vie.

D'ailleurs le vrai noble se fout de l'argent. La richesse, il l'a d'avance, c'est inné chez lui, c'est une richesse intérieure et extérieure de fait, de droit aussi, qui n'a rien à voir avec les pièces ou les billets. Alan est un peu noble dans le fond. Il n'est pas reconnu comme tel, mais c'est ça sa philosophie. Il glisse dans les airs comme une âme sereine... Mais, parfois, évidemment, cette âme s'explose contre le dur mur de la réalité de la société. Et ça peut faire mal.

29.09.2007

STUP: Stupéfaction...

Le croirez-vous? Sophie a un frère. Notamment un frère. Frère dont la femme, Valérie, travaille aussi à la clinique! Aide- Soignante. Bien que Frère soit plus jeune que Sophie, Valérie et lui ont eu leur premier plus tôt. Alan a vingt ans, mais ne se croit pas invincible. C'est un jeune « bien » pensent les gens qui le connaissent, les vieux par exemple, malgré sa dégaine. Et si nous nous immiscions dans la vie d'Alan?

C'est une vie d'artiste. Une vie d'artiste en grève, car créer c'est travailler, et comme ce travail n'est pas payé, son syndicat intérieur a donné cette consigne: stoppez le travail, revendiquez vos droits. A la fac, les cours n'ont plus lieu depuis que lui et ses co-gribouilleurs de tables d'amphi la bloquent. Et quand Alan, enflammé comme lorsqu'il ouvre « Bridge over troubled water » et voit la stupéfiante photo sous le CD, lève la main pour voter en Assemblée Générale, il ne peut s'empêcher d'imaginer que Paul et Arthur vont sortir de leur prison de plastique pour clouer le bec à ces morceaux choisis de fils de riches, d'inconscients politiques, de pétasses et d'effeminés qui lève le poing en suppliant: « Laissez-nous aller en cours! ». Paul et Arthur s'approchent donc du mécontent ou de la mécontente et selon les jours, adaptent leur méthode de persuasion: caresses, coups de poing, baisers, insultes, sodomie... Ils y arrivent toujours. Et puis Bob Dylan débarque sur scène, car tout amphithéâtre est un peu une salle de spectacle, et chacun sans exception frappe dans ses mains au rythme de sa guitare: ça y est, le gouvernement va devoir céder. Bon d'accord, Alan fume quelques joints une fois de temps en temps.

Famille de fous? Peut-être. Mais cette famille a sa dose de propre-sur-soi. Elle a ses propres-sur-eux. Bon, c'est vrai qu'ils ne sont pas nombreux. Tante Madeleine, cousine de Gilbert... le mari de Sophie... Vous vous souvenez quand même! Oh! Madeleine, donc, cousine germaine de Gibert, est une prout-prout mais quoi de plus pardonnable: est est fleuriste. Enfin, plus pour longtemps: bientôt la retraite! Sa fille est une vraie jeune femme d'affaires qui vit dans une petite maison bien rangée. Elle est sympa quand même, ne tombons pas dans la caricature. Ah! Il nous manque le prénom qui aide à situer. Mettons... Stéphanie, d'accord? Et Isabelle, l'aînée, tout le contraire. D'autres cousins, de Rennes, sont un peu costard-tailleur aussi. De toutes façons, on n'est pas adepte des repas de famille dans cette famille. Les rendez-vous du dimanche, très peu pour Sophie. Chacun chez soi. Pourquoi se forcer? Si l'un veut voir l'autre, il y a va et puis c'est tout. Non mais! D'ailleurs il est hors de question de faire entrer des dizaines de personnes en scène en même temps. Ça ferait le coup des ronds-points, nous en avons déjà parlé. Et puis nous avons fait un tour d'horizon suffisamment large pour se lancer sur la voie express, non? Nous avons assez de participants, non? Sophie, Gilbert, Juliette, Hugo, Léa, Corinne qui nous est encore inconnue, Sylvie, Valérie, Frère qui n'est pas encore éclairé des feux de la rampe, Alan, Madeleine, Stéphanie et Isabelle. Vous noterez la forte présence de prenoms en S, environ 23%, un score parfait pour accéder au deuxième tour des présidentielles françaises. « Comment? » s'insurge-t-on au parti Socialiste, « un prénom en S? Alors que nous venons de voter la parité? Pas question! ». Le décalage entre l'époque de l'écriture et celle de la lecture nous montre ici que les insurgés sont toujours vaincus par les statistiques.

Rien n'est complètement inutile. Le tout est de savoir à quel type de lecteur on a affaire. S'agit-il de l'homme d'esprit avec des lunettes sur le bout du nez? S'agit-il du lecteur-téléspectateur? Aussi, doit-on mener plus loins les investigations spirituelles... Ou annoncer le programme: sexe, drogue, argent, guerre? Sophie veut bien être le sexe. Alan, par défaut, la drogue. Stéphanie, l'argent. Mais la guerre? Ah, Sylvie, peut-être. Quoique les rôles peuvent très bien être dispachés autrement: Madeleine peut avoir besoin de raconter sa jeunesse... Alors, comment vous allécher, lecteurs? Comment vous donner ennvie de garder l'oeil sur la serrure? Nous avons dit que rien, je répète: rien, n'est complètement inutile. Croyez-vous que votre oeil l'est? Alors optons pour les investigations spitituelles.

27.09.2007

STUP: Stupidité...

Après ce lancement sur les chapeaux de roue, nous allons ralentir pour mieux nous concentrer... Car l'histoire autrement risque de s'éloigner de Sophie en prenant toutes sortes de directions, comme un étranger qui, roulant dans la ville de Lannion, s'amuserait à prendre n'importe quelle sortie à chaque rond-point, juste parce-que telle route semble plus interessante que telle autre, sans aucun autre élément de jugement, puisque c'est un étranger qui roule sans but.

Là, il y a une solution. Arrêter la musique, si vous écoutez un album, pour brancher RFM, par exemple, mais ça marche pareil avec de nombreuses autres radios. Avec un peu de chance, vous tomberez sur Claude Dubois. Comment ça c'est qui Claude Dubois? « ...Pour pouvoir dire pourquoi j'exiiiiiiiiiiiiiiste ». Ça y est? Vous avez trouvé? C'est cet illustre chanteur qui chante, du moins en général car d'autres la chantent aussi, la chanson dont le titre n'est pas moins illustre: « Le blues du business man ». Les plus calés en variétoch polycloche ont compris, et se disent « Ah, il s'appelle Claude Dubois? ». Les autres ne comprenent rien à ce charabia. Et bien, les plus incultes auront droit à ce moment de radiophonie sur papier qui gonflera les premiers:

J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiiste
Pour pouvoir faire mon numéroooooooooooooo
Quand l'avion se pose sur la piiiiiiiiiiiiiiiste
A Rotterdam... ou a Riooooooooooooooooooo

STOP. Ça suffit. Mais nous noterons au passage la richesse des rimes. Car après tout, elle est plutôt sympa cette chanson. Et étrangement, elle nous permet de prendre un rythme plus lent... Plus lent... Très lent... Sentez-vous la lenteur? Lenteur... Lenteur... Si vous la sentez, tenez-la encore quelques instants... Profitez du plaisir d'être lent... Très lent... Si agréablement lent... Vous n'y arrivez paaas? Nooooon? Maaaaaaiiiiiiiis pouuuuuuuuurquoiiiiiiiiiiiii? Aaaaaapliiiiiqueeeeeeeeeez ceeeeeeeeette lenteuuuuuuuuur ààààààààà voooootre cooooooooooorps...

Ça y est? Tâchez de maintenir cette lenteur même si l'écriture ne la respecte plus. Plus de respect. Nous emmerderons ceux qui veulent nous emmerder y compris lorsqu'il s'agit du petit déjeuner. Car Sophie trouve honteux qu'on veuille lui imposer une forme de petit déjeuner. Globalement, vous avez le choix entre l'ami Ricoré, souriant et énergique, Nutella, bienveillant et familial bien que plus adapté au goûter, et les innombrables petits déjeuner du gosse qui court mais que maman rattrappe pour donner à Léo un fruit, un gâteau énergétique, un jus vitaminé ou un produit laitier... Aaaah, heureusement qu'Ovoooomaaaaltine ne fait pluuuus de puuuuuubs à la télééééé... Lent... très lent... très... très... très... très... lent... Vous êêêêtes preeesque àààààà vouuuuus endooooooooormiiiiiiiiiiiiiiiiir.

Fermez les yeux.

TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT Blam.

  • Mmm...

Debout! Hop la bouilloire. Sophie s'habille vite fait et court aux toilettes. En sortant, elle allume France Info et, au rythme de la voix masculine rapide, elle avale de grandes cuillerées de « Forme Flakes » mélangés à du lait, du sucre de canne et du chocolat en poudre. Le bol à peine finit, elle y jette un sachet de thé puis de l'eau bouillante, deux sucres, met le tout près de la fenêtre ouverte pour que ça refroidisse plus vite. En attendant, elle remplit son sac, lasse ses chaussures, se demande pourquoi elle a arrêté de fumer puis se brûle les lèvres en en goûtant son thé. Trop chaud. Tant pis. Elle l'avale d'un trait, se lave les dents, passe un coup d'eau froide sur son visage histoire de provoquer le choc des températures et court à sa voiture pour partir au boulot.

Tu n'es plus qu'une pauvre épave
Chienne crevée au fil de l'eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau.

Sophie passerait bien sa vie dans sa voiture. Comment un lieu aussi agréable peut-il être aussi nocif pour l'environnement? C'est exactement la vache déguisée en fleur, la voiture. La bonne vache maladroite, laide et sâle mais pas méchante pour un sou, gentille, acceuillante! Si tout le monde allait travailler à dos de vache, l'environnement y gagnerait mais on y perdrait « la sono » comme dit le patron du café ou Sophie va boire son café avant d'aller à la clinique, le café St Charles. Ce qu'il appelle « la sono », c'est les deux ou trois baffles qui diffusent Nostalgie dans la pièce. Il n'en reste que malgré cet esprit vieillot, cet endroit est le plus agréable, et le plus proche aussi de la clinique, de tous les cafés de la ville. Mais il faut bien en sortir! Comme de la voiture! Cruauté des matins qui mènent Sophie dans la rue où le vent essaie de la ramener au café. Mais elle marche, déterminée, comme un guerrier partant au combat, luttant contre le vent. Cruauté disions-nous? Sadisme, n'ayons pas peur du mot! Car ce vent qui fait s'envoler ses cheveux et qui se prend dans son manteau ouvert donne à Sophie, enfant des années soixante-dix et femme dans le machin chose alternatif, des faux-airs de Lara Croft. Et ça lui plait en plus! « Pouh! » se dit Sylvie, infirmière et femme actuelle, en écartant de ses doigts deux lattes des stores de la salle à café du troisième étage duquel elle aperçoit notre héroïne qui s'ignore.

25.09.2007

STUP: Stupeur...

Enfin! Revenons-en à nos chèvres et à Yvon le boucher. Yvon est donc gros, gras, sâle. Il lui manque des cheveux, et il a un genre de demi-tablier en caoutchouc vert autour de la taille, ainsi que les bottes assorties. Attention, ces détails sont importants pour qu'il ne s'agisse pas de Jérôme, de Laurent... mais bien d'Yvon.

Bref, Yvon et Gilbert (le mari à barbe de Sophie), attachent la blanche créature bêlante à une corde pendue au plafond de la grange. L'hurlante à présent est, plus précisément, attachée en l'air par la patte arrière gauche. C'est à ce moment que Juliette, la fille ainée en crise de la maison, fait une pause dans le spectacle: c'est vraiment atroce.

Mais à dix-sept ans, curiosité s'impose, et elle pousse cette dernière jusqu'à regarder à l'intérieur du seau que Gilbert vient de rapprocher de la maison... De options se présentent alors à l'esprit de Juliette: vomir sur son père ou partir en courant. Les boyaux. Le sang n'est pas, pour ainsi dire, sa tasse de thé. En plus il est bizarre: le sans caprin est un peu lacté... Berk, chassons cette idée de ce pauvre cerveau qui a mieux à faire à cet âge. Laissons-le aller se réfugier devant la télé, où Hugo, le second, et Léa, la petite dernière, suivent déjà les aventures de Bradley et Djézonne sur la côte d'Azur.

  • Quoi? Ce n'est pas toi qui a écrit cette lettre? Mais alors...

  • ...

  • Mais qui cela peut-il bien être? Il faut absolument que j'appelle Kimberley.

  • Kimberley? Mais elle embarque en ce moment même pour la Corse avec Kévin!

  • Kévin? Mais bon sang (Juliette frôle le malaise), je comprends tout! Cette lettre, Djézonne, c'est Kévin qui l'a écrite.

  • Il faut prévenir la police.

  • Non, le commissaire Vardier refusera de nous croire. Vite, dépêchons-nous! Qui sait s'il ne lui a pas déjà fait du mal!

  • Mais dépêchez-vous! se croit obligée d'insister Léa, stressée.

DRIIIIIIIIIIIIIIING! DRIIIIIIIIIIIIIING!

  • Léa, va répondre.

  • Mais non!

  • Kimberley!

  • DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING!

  • Léa va répondre tout de suite!

  • Pfffffffff..

  • Oh! Ma chérie...

  • DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING!

  • Putain t'es chiante hein! Allô?

  • Allô... Juliette?

  • Oui!

  • Salut c'est Corinne. Ta mère est là?

  • Oui, je vais la chercher.

Clang. Et, sur le pas de la porte:

  • Maaaaaaamaaaaaaaaaaaaaan! Tééééééééééélééééééééééééphooooooooooone!

  • Ouais dis que j'arrive!

En revenant vers la maison, Sophie retire ses gants de jardinage, de bricolage et de découpage de chèvre, les jette à terre et marmonne « Ras-le-cul d'ce truc. Ça sonne toujours au mauvais moment! ». Et puis, à l'intérieur, elle empoigne le combiné.

  • Allô... Ah, salut Corinne. Ça va bien? Ouais carrément, on est avec le boucher là... Dans vingt minutes? OK, pas d'problème.

23.09.2007

STUP!

(Stupeur, stupidité, stupéfaction)
Un roman jamais fini sur l'avantage du dictionnaire dans un monde incompréhensible et casse-gueule.

Le monde nous envahit. Regardez autour de vous: il est partout. Impossible de s'en débarraser. N'est-ce pas la preuve que la liberté humaine n'existe pas? Chaque être doit donc se construire sa propre liberté à l'intérieur même de ce monde. C'est ce que fit Sophie, quarante-deux ans, infirmière.

Et voilà que Sophie, fichée, cataloguée, est entrée en scène. Elle est entrée dans votre monde. Sans que vous l'ayez choisi... Le monde dans lequel vous êtes entrés vous l'impose. Mais comme rien n'est complètement sans intérêt, vous allez pouvoir regarder par le trou de la serrure comment Sophie s'est construite, se construit, oriente sa liberté, évolue dans le monde par choix ou par hasard. Dieu sait que le hasard fait bien les choses.

Ah! Beauté du monde! On se fiche de toi.

 

Stup, stupeur...

Il suffit, pour commencer, que Sophie ait un mari... qui, dans leur grand jardin (ils habitent à la campagne), élève quelques chèvres. Et puis quoi? Autant en profiter pour avoir de la bonne viande pas chère! C'est ce que leurs amis font en tous cas... Donc on tue les jeunes boucs, quand ils sont encore chevaux. Mais pour cela, car si on suivait le chemin légal, on n'aurait pas fini! Donc pour cela, on appelle le boucher, Bernard. Bernard le boucher. Bernard a la tête de l'emploi. Pas que la tête, d'ailleurs... Bernard, c'est le vrai Bernard. Le Bernard-type. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, beaucoup de Bernard n'ont pas le physique du vrai Bernard... Ils ne sont pas dignes d'être des Bébères... Ou des Nanards... Ils sont victimes de toute cette génération de jeunes parents qui ont pu voir la douceur, la joie de vivre, l'harmonie... dans ce prénom (les soirs de pleine lune surtout).

Remarquez que le boucher pourrait tout aussi bien s'appeler Yvon. Ça lui irait même mieux. Bien entendu, l'analyse du prénom Bernard est valable pou Yvon aussi... On peut même la compléter, Yvon a un avantage: le goût du terroir. Par exemple, le beau héros à la grosse trentaine de la saga de l'été peut s'appeler Yvon. Ce n'est pas choquant, ça donne du style. Par contre, le jeune de la série pour jeunes doit éviter Yvon et Bernard. C'est plus sérieux de s'appeler Bradley ou Jason (attention pour les puristes, nous parlons bien de Djézonne) quand on habite à St Trop'.

 

02.11.2006

Dépression

Arnev

Div goumoulenn o pourmen

Fall o imor, teñval o fenn.

Tommet-mat dezho diouzh feson

Rak un nebeud a-dreuz e kerzhont

Ha daoust m’eo ledan an hent

Emaint aet da ’n em dourtal

A-walc’h. Keta ? ’vit kounnariñ

Ha lakaat an traoù da dreiñ fall.

… Oi ! Setu trouz o sevel,

Malañ gros a reont a lajadoù

Teurel outo tan ha luc’hed

Erfin ’n em gannañ ken a foeltr,

Ma tever an dour outo a dakadennoù.

— A dakadennoù ? A-ruilh, a-builh, a-struilh !

Ret eo lazhañ tan ar gounnar…

            Torret ivez e sec’hed d’an douar !

Mezheven 1964

Anjela Duval 

  

La pluie, l'orage... Et la joie de vivre. 

04.10.2006

Problèmes d'automne

L'automne, c'est la saison où le moral va et vient, la période où certaines émotions sont ressenties plus particulièrement que le reste de l'année... La mélancolie, bien sûr, mais aussi la détermination ou la joie de vivre... Chez Ivi Kromm, les jours de grand vent sont propices aux montées en puissances autant qu'aux descentes aux enfers. Mais un autre phénomène marque l'automne: les premières vraies grosses pluies, pas encore tout à fait froides, mais parfois déjà bien lourdes de tout ce que nous venons de citer. Elles accompagnent les longues nuits de réflexion...

C'est alors

Et c'est alors que vient l'aurore
Et ses moments perdus si durs
Où il faut être si grands, si forts
Mais la lumière sur nous trop pure
Nous force à tout accepter
Et le courage n'a plus d'armée.

Puis
C'est alors

C'est alors que la nuit s'endort
et répend partout son aura de mort
Et c'est alors que la pluie se rentre
Elle sent tomber quelque chose de son ventre!
Et c'est alors que moi j'arrive
J'ai enfin rejoint l'autre rive
J'ai laissé la mort de l'autre côté
J'ai laissé la pluie me lâcher
Et me voilà sauvé.

Et ça fait des années que le monde d'Ivi Kromm tourne ainsi...
Que tous les mondes tournent ainsi...
C'est un processus. Voilà l'interêt.
Et de simples petits gestes ralentissent sa disparition,
Menace, gouffre au-dessus duquel nous sommes des funambules.
Revenons tranquilement, sans panique, sur nos pas,
Et comblons ce gouffre avec notre volonté.