06.03.2008
Promouvoir l’identité pour mieux la détruire

- Tu vois, c’est marrant de se rencontrer ici comme ça, on avait tous nos petites idées sur les gens des autres pays et finalement on se rend compte qu’on est tous pareils.
- Pareils ? T’es fou si je mangeais comme elle je serais mort !
- Non mais bien sûr mais tu vois sur des petites choses comme ça mais grosso-modo si on compare, en fait on a plus ou moins la même vie quoi. C’est vrai qu’il y a une certaine « culture européenne »… Tu vois ce que je veux dire ?
- Moi je crois qu’on est différent quand même. Je sais pas non, je suis pas comme vous. On n’est pas pareils, on est… tu vois là on est comme ça mais ma grand-mère…
- Ouais… J’crois qu’il y a aussi la… Les principes. J’parle pas de ménage et tout à la Marta non je veux dire, tu vois quand on parlait du président à la messe, là je crois vraiment qu’il y a une différence culturelle.
- C’est quoi cette histoire ?
- Ben en fait l’autre jour on parlait de je sais plus quoi là et on se disait que cette laïcité française c’est quand même un truc… Eux ça les choque pas tu vois des choses comme ça, ils réalisent même pas… Alors que pour nous c’est fondamental, enfin tu vois on est très différents tous et on a fait le même bon quand on a entendu ça tu vois, eux ça ressort par l’autre oreille, c’est pas… Un principe.
- Oui t’as pas tort.
- Vous voyez ! Moi je crois vraiment que c’est ça qui définit nos identités, c’est les principes qu’on a acquis à tel point qu’on s’en rend même plus compte. Et vous les français eh bien nous y voilà : cette laïcité absurde là, et puis… tu sais plein de petites choses. Vous êtes vraiment, vous avez pas peur, vous avez un genre de liberté, même les timides là… Pourquoi c’est toujours les français qui fument par exemple ? Pourquoi sur une quarantaine de nouveaux, quand y a que une fumeuse il faut qu’elle soit française ? Ce petit côté provoc, et fier de vous, de votre langue, et à la fois vous êtes toujours à défendre les autres, avec les flics, avec… j’hallucine !
- Ah ben quel portrait dis donc !
- Non mais tu vois quoi…
- Et y a autre chose aussi, ça m’y fait penser là quand je vous entends, c’est le côté Paris, l’amour… Oui je sais que t’es pas de Paris et que c’est ridicule de dire ça mais quand même tu vois, vous buvez du vin dans des vrais verres à pied alors qu’elle ça lui fait pas peur de se le faire au goulot et en même temps vous finissez plus minable que tout le monde, vous rigolez tout le temps vous parlez avec des voix débiles et dans la rue vous arrêtez pas de vous arrêter, vous voyez des choses interessantes partout, vous vous mettez à réfléchir comme ça sans qu’on s’y attende et quand je dis Paris tu vois j’ai remarqué que… vous aimez les émotions, vous… nous on se prend dans les bras comme ça mais vous vous vous lâchez des fois c’est impressionnant, vous aimez bien traîner dans les rues juste à se ballader comme ça et quand moi je trouve quelque chose beau… Ouais les couchers de soleil sur la plage super, c’est sympa sur le moment mais alors quand tu te tapes les douze milles photos du coucher de soleil…
- Enfin bon pour conclure… elle est là l’identité française tu comprends ? Je pense, hein, vous êtes peut-être pas d’accord, mais c’est sur ces principes là que je vous reconnais, autrement on est pareils. Laïcité, liberté, combat des injustices, reflexion… Et puis plaisir, plaisir ouais vraiment.
- Non mais arrêtes tout le monde est pareil ! Toi ! Me dis pas que tu réfléchis jamais, et que t’aimes pas le plaisir !
- Non mais si, bien sûr, mais c’est plus… Quand je dis réflexion et liberté c’est que nous tu vois je me rends compte qu’on n’ose moins remettre tout en cause comme ça. On croit, on se laisse impressionner par les gens, ou alors on fait semblant, mais on affronte pas comme vous. Et le plaisir, on n’ose pas pareil non plus, on… On reste plus dans les clous… Y a quand même que vous pour faire la gueule au nouvel an et après on vous retrouve bourrés à trois à 21heures en veille de partiels enfin… Bon voilà. T’en penses quoi toi tu parles pas trop l’autre français là !
- Non mais en fait ça me frappe ce que tu dis parce que tu vois depuis les élections on en fait tout un foin de l’identité, avant on se prenait pas la tête comme ça, mais la tout le monde s’est mis à en parler à tel point qu’on a un ministère là-dessus tu vois c’est pas de la rigolade et je me rends compte en t’écoutant que ce que tu dis être notre identité, le gouvernement actuel va complètement à l’inverse de ça. Sarko devient curé du pape là enfin me demande pas les détails hein, l’amour ben m’en parle pas ça se marie ça divorce devant les caméras bonjour le romantisme et Paris la ville de l’amour l’une des Christines là elle veut justement arrêter ça, elle a dit la ville des musées je crois, alors les français qui s’interessent aux trucs, à la beauté cause toujours, elle veut en faire une capitale économique qui rivalise avec Londres et New York… Alors la défense des victimes d’injustice, tout ça, s’exprimer, mais c’est de la folie, là je crois… Quand on voit les flics partout dès que Sarko approche, et pourtant tu sais que moi je le soutiens plutôt mais bon, enfin je veux dire, il bouge au moins, mais on vire tout le monde, et les médias sont au plus bas de tout là ils repètent bêtement il n’y a aucune opposition et les principes de rigueur qu’on avait je dois bien reconnaître que.. c’est de la merde quoi. On le voit bien. Je sais pas pourquoi on se perd comme ça mais tu m’as vraiment fait réaliser qu’on a vraiment un problème d’identité, et finalement je ne vois plus celle que Sarko veut défendre, je ne vois pas à quoi ça correspond !
Février 2008.
Photo: Amiina.
03:20 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, europe, identitaire, écriture, société, identité
29.12.2007
Bienvenue dans la nouvelle ère du MOI
Bienvenue dans la nouvelle ère du Moi.
Bienvenue chez Moi.
Bienvenue chez Nous.
Il est trop tard pour vous demander où vous avez foutu les pieds. Nous sommes les nouveaux penseurs de la miette, nous ne sommes rien et pourtant vous êtes là. Car Nous sommes le lac. Nous sommes, vous êtes les gouttes. Vous allez entrer en nous et si vous en ressortez, vous aurez été coloré. Par le Moi, par Nous, nous transformons les alentours sans même le vouloir. Nous ne voulons rien. Nous avons voulu crier, chanter, ou simplement sourire. Nous l’avons fait et y avons pris gout. Nous sommes les drogués du Moi car le Moi va Nous sauver. En explorant le Moi, nous l’affirmons, dénichons la merde et les fleurs, gardons la bonne merde et coupons les mauvaises fleurs, rejetant l’évidence pour la facilité, écartant l’obligation pour l’inutile, crachant à tout va sur Eux car Eux n’existera plus.
Que Moi et Moi. Et Je. Parce que.
27/12/2007. ST IVI KROMM A PARLE.

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09.06.2007
MANIFESTE
Qu'on m'appelle "p'tit con", "punk", "altermondialiste"
Ou n'importe quel nom rimant avec "gauchiste"
C'est toujours de l'insulte et de la présomption
Que pointe ce tumulte? Ma grande agitation!
Agitation extrême: du gentil "utopiste"
A la nervosité de l'anxieux "anarchiste"
Comme si tel phonème en suffice collait
A ma peau pas lavée dès que l'on y crachait!
Pourtant je ne suis rien! Je ne m'appelle pas
On me voudrait du bien? Qui peut prétendre à ça?
Moi seul - montré du doigt - dirai ce que je veux.
On ne me gère pas. On se tait. On m'écoute.
Et l'on fera ensemble sinon - qui en doute? -
Comme la nation tremble elle sera toujours deux.
mardi 05/06/07, Brest.
18:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, poésie, france, langue française, aujourd-hui-autrement, décroissance, identité
02.12.2006
Vieux, toujours vieux!
Vieux, vieux, pas si vieux que ça...
Pas de contradiction, mais un "affinage en fût", ça, certainement.
Identité
Comment croire à la vie qui nous tue
Comment croire au destin qui nous brime
Si alors nous n’étions que des mimes
Qui une fois usés perdent leur vertu
Sans plus alors d’intensité maladive
Sans plus alors de choix, de décisions,
Plus de plaisirs, plus d’aventure, plus d’action
Mais une simple errance passive
Je réfute cette thèse insultante
Qui ferait de moi un robot dirigé
J’affirme par moi-même que ma braise est ardente
Et je veux l’hédonisme de l’identité.
2003
Carhaix
Avec la retouche du lundi 27/11.
Force et conviction font bon ménage.
Difficile de les détourner vers soi!
17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité, poème, vieux, destin