10.04.2008

Poésie éphémère d'orientation

Culture

L'art est travail. Si parfois
L'artiste n'a rien fait ou n'existe même pas
Le travail est ailleurs, dans nos têtes
Nous allons le trouver, l'accepter ou le fuir
Le laisser transformer nos douleurs et nos rires
Ou réveiller nos nerfs tout en gâchant la fête.

L'art est réflexion.
La beauté est sensation.
Et si l'artiste est beau c'est pour mieux nous traverser.

Un jeune homme bien fait
Fera meilleur effet
Que ton parfait discours...
Ainsi si tu es laid
Tu ne sauras jamais le pouvoir de l'amour!
Pas son pouvoir sur toi, non, pas ce qu'il te donne
Ça tu y goûteras tôt ou tard si chacun
A quelqu'un qui l'attend et qui le trouve enfin
Quand dans un brouillard sombre un rayon l'illusionne.

"Je n'avais défailli depuis tant de matins!"

La culture... Du cerveau, de la terre...
Tout est travail et exigence
Tout est nouvelles expériences
Et connaissance après les heures de guerre.

Ainsi nous sommes tous destinés au bonheur
Bonheur qui éclabousse et parfois qui fait peur
Aux fraîches jeunes pousses
Qui cherchent leur labeur

Mais viens donc toi ma rousse
Avant que le vieux... ne meure.

Alex, 29/02/2008
Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, interview par Leslie Bedos 1994,
Charles Bukowski, Nouveaux contes de la folie ordinaire.
Photo : Jacques Dutronc.

19.11.2007

Allons dans la maison!

Alors voilà, la victoire du monstre se profile?
Il est toujours temps, vous savez, toujours.
Renoncer c'est mourir.
D'accord, pas pour l'éternité...
Mais mourir quand même.
Peut-être avez-vous besoin de la maison?

Ivi va vous ouvrir la porte...
Il y a Bette Midler qui chante et rit,
Il y a un Dieu qui souffle dessus,
Et pour vous y rendre, c'est Baudelaire qui vous guide.

La voix

Mon berceau s'adossait à la bibliothèque,
Babel sombre, où roman, science, fabliau,
Tout, la cendre latine et la poussière grecque,
Se mêlaient. J'étais haut comme un in-folio.
Deux voix me parlaient. L'une, insidieuse et ferme,
Disait : " La Terre est un gâteau plein de douceur ;
Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme !)
Te faire un appétit d'une égale grosseur. "
Et l'autre : " Viens ! oh ! viens voyager dans les rêves,
Au delà du possible, au delà du connu ! "
Et celle-là chantait comme le vent des grèves,
Fantôme vagissant, on ne sait d'où venu,
Qui caresse l'oreille et cependant l'effraie.
Je te répondis : " Oui ! douce voix ! " C'est d'alors
Que date ce qu'on peut, hélas ! nommer ma plaie
Et ma fatalité. Derrière les décors
De l'existence immense, au plus noir de l'abîme,
Je vois distinctement des mondes singuliers,
Et, de ma clairvoyance extatique victime,
Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
J'aime si tendrement le désert et la mer ;
Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
Et trouve un goût suave au vin le plus amer ;
Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous.
Mais la Voix me console et dit : " Garde tes songes :
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous ! "

(Les fleurs du mal)

 

Les prochaines notes, alors, ce sera La Maison, une nouvelle ni longue ni courte où nous mène la voix... C'est bon pour vous, car quand on y rentre, après, on peut en sortir.

31.10.2007

STUP: SEXE 4

 

Et c'est quoi, une « ultrabonnasse » au masculin? Comment qualifier le playboy beau gosse sexy tout en muscles et en gel dans les cheveux? Dégueu, c'est peut-être le mot le plus juste. Le beau mâle pur taillé en V, « comme moi mais dans l'autre sens » aime dire Gilbert en abusant un peu. Ce corps sain qui s'occuppe dans ces établissements hautement culturels aux noms si doux (« Garden Gym »; « Physic Form ») passe vraiment à côtés de tout un tas de merveilles. Est-ce qu'une éventuelle satisfaction peut justifier tant d'ennui? Eventuelle, car le pouvoir de séduction obtenu, et c'est la seule satisfaction, celle de se sentir à l'aise en permanence car sûr de son pouvoir, n'est pas en soi suffisant, et peut donc cacher des lacunes, des troubles bien plus graves: mal de vivre, problèmes de santé... De toutes façons, l'efficacité même de cette norme de beauté est remise en cause:

- Que voulez-vous, l'inspecteur Taverner et ses joyeux compères sont plutôt inquiétants! Quant à Laurence, il est liquéfié, probablement?
-  Le fait est qu'il n'est pas brillant. Je me demande comment une femme peut s'amouracher d'un type comme ça.!
-  Vraiment? Pourtant, il a beaucoup de sex-appeal.

Je restais sceptique.

  • Une mauviette comme lui?

Sophia rit franchement.

  • Pourquoi les hommes se figurent-ils qu'il faut être construit comme un déménageur pour séduire une femme? Du sex-appeal, Laurence en a bel et bien. Mais je ne m'étonne pas que vous ne vous en soyez pas aperçu...

 

Agatha Christie, La maison biscornue

Alors pourquoi passer du temps à la musculo-gym? Ils ont peur. Peur de ne pas être à l'aise, et leur seule garantie d'être à l'aise, c'est de s'approcher le plus possible d'un stéréotype. Ces gens sont bien des victimes stupides. Voilà de la stupeur. La stupéfaction viendra à l'identification du bourreau. A vous de jouer.

18.09.2007

Retour sur l'insécurité

 

LES MEMES, SANS MARY

MME MARTIN – Ça m'a donné froid dans le dos...
M. MARTIN – Il y a pourtant une certaine chaleur dans ces vers...
LE POMPIER – J'ai trouvé ça merveilleux.
MME SMITH – Tout de même...
M. SMITH – Vous exagérez...
LE POMPIER – Ecoutez, c'est vrai... tout ça c'est très subjectif... mais ça c'est ma conception du monde. Mon rêve. Mon idéal... et puis ça me rappelle que je dois partir. Puisque vous n'avez pas l'heure, moi, dans trois quarts d'heure et seize minutes exactement j'ai un incendie, à l'autre bout de la ville. Il faut que je me dépêche. Bien que ce ne soit pas grand-chose.
MME SMITH – Qu'est-ce que ce sera? Un petit feu de cheminée?
LE POMPIER – Oh même pas. Un feu de paille et une petite brûlure d'estomac.
M. SMITH – Alors, nous regrettons votre départ.
MME SMITH – Vous avez été très amusant.
MME MARTIN – Grâce à vous, nous avons passé un vrai quart d'heure cartésien.
LE POMPIER se dirige vers la sortie, puis s'arrête. –– A propos, et la cantatrice chauve?
Silence général, gêne.
MME SMITH – Elle se coiffe toujours de la même façon!
LE POMPIER – Ah! Alors au revoir, Messieurs, Dames.
MME MARTIN – Bonne chance, et bon feu!
LE POMPIER – Espérons-le. Pour tout le monde.
Le pompier s'en va...

Eugène Ionesco, La cantatrice chauve, Scène X.

Hey Eugene! Do you remember me?

08.08.2007

Y

Mon étrange initiale m'invite au voyage
Son nom même suscite la curiosité
Elle entraîne le rêve hors des classiques cages
Sous la protection d'Yves, le regard de Yahvé.

Concrète elle m'enchaîne au pays par mon nom
Pourtant ce qu'elle inspire ici est fou, magique:
C'est la grande et belle Ys, jetée dans l'Atlantique
Car ce « i » est liquide et soigne en Yverdon!

Il est d'important fleuves; Yalujiang, Yamuna;
Qui l'envoient vers Sydney, le Yemen, ou l'Afrique;
Il rayonne au Cameroun, peuple le Nigéria;

Nage jusqu'à Stanley, traverse l'Amérique;
Sort par le Yukon ou le Yucatán maya,
Pour l'Europe de Yourcenar plus que Yalta!

 

Aux alentours d'1h30
Le Bouguen
6/6/7

...

"Initiale, initiale, mais Ivi ça commence pas par un Y!
Ben... J'comprends pas là..."

29.06.2007

LE MOIS PROCHAIN

   La politique, l'actualité... C'est prenant, passionnant, énervant, fatigant. Dix mois déjà qu'Ivi s'y prend, se passionne, s'énerve et se fatigue pour vous composer ses commentaires, variables dans tous les sens..., et en piocher d'autres dans ses restaurants préférés. Alors au mois de Juillet, les ordinateurs se faisant plus rares pour cause de vagabondage accentué, et la tête se faisant plus légère, Ivi vous propose une série de sonnets plus personnels ou strictement artistiques qu'il a rêvé tout au long du printemps. Il n'oublie pas la revanche littéraire. Ses éventuels fruits de Juillet apparaîtront début Août, et clôtureront l'été.

   Que le charme et l'extravagance soient à vos rendez-vous!

   A bientôt. 

 

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15.06.2007

Deuxième tour, et encore deuxième tour!

Intention de vote

Le monstre gagne en force utilisant la flemme
Et l’on s’indigne, on crie « Mais mobilisez-vous ! »
Bien… Que pourrais-je faire, il est vieux votre thème
Il est flasque, il est traître, il me met à genoux.

Je m’exclame haut et fort « J’aime la liberté ! »
Il me répond « Il n’y a pas d’amour heureux. »
Je hurle « Maintenant ! Et sans la négocier ! »
Il dit « La nuit porte conseil, ferme les yeux. »

Votre système car vous le reconnaissez
Fais que je ne peux voir mes idées obtenir
Un seul petit micro et ceci me fait dire :

Qu’alors non, je ne serai pas mobilisé
Je ferai mon devoir, passerai à la caisse :
Chierai dans l’isoloir, puis serrerai les fesses.

Terminé vers 14h30 le 11/06/2007 au Bouguen.

28.05.2007

Complément

Lagad

 

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Lagad a wel.

Lagad a sell ?

Lagad a gomz

Met gwir pe gaou ?

Setu e foñs

Al lagad don

Un doare laou

Hag a cheñch atav

Keloù an nervenn

Kuzhet er fovea

Na gredez ket ‘nezhañ !

Ar gevier eo...

Hen lakas da vevañ

Hen lakas da ganañ

Hen lakas da gannañ

Luc’hoù al lagad

An aour war ar gwad.

01/10/2003

03.04.2007

Kontadenn vrezhoneg a-vremañ

Ar priñs ruz ha Pobl Frañs (1/3)

Pe glevfet pe glevfet ket
An istor-mañ a vo kontet
Met ma selaouit memestra
'Vo ket bet kontet 'vit netra.

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    Gwezhall e oa en Frañs ur roue kozh-kozh ha n'en doa mab ebet. Ne oa den evit kemer e blas. Un deiz ma santas ar marv o tostaat diouzh e gastell ken na grene an tourioù anezhañ e lakaas da vezañ embannet penaos e rofe e rouantelezh, hag e verc'h war memes tro, d'an hini a rafe ar muiañ a vad d'e bobl karet.
    Diouzhtu e welas o teredek deus a-bep korn ar vro pe zoken deus al lez priñsed ha priñsezed yaouank:
- Ô Sir! a lârent, Me eo an hini barrekañ evit dont war ho lerc'h. Kas a rin ho pro gant ar skiant ho peus diskouezhet abaoe kement a vloavezhioù.
- Kerzhit kuit, genaoueien! N'ho peus mann ebet da gaout diganin! Ma fobl an hini eo en do ezhomm ac'hanoc'h. Kit dezhañ, ha da c'houde e welfomp piv eo an hini barrekañ!

    Neuze ec'h eas ar priñs Bearn en hent. Goude bezañ bet baleet 'pad tri devezh ha teir nozvezh ec'h erruas dirak un tiig-soul e-kreiz ur c'hoad. Naon a oa deut dezhañ ha d'e varc'h, ha c'hoant kousket ivez. Skeiñ a reas war an nor.
- Piv 'zo 'tont da direnkañ ac'hanon? eme ur vouezh raouliet 'drek an nor.
- Me eo ar Priñs Bearn! Ha dont a ran da glask annez evit an nozvezh, kar ur c'hefridi bras am eus da gas da benn: ober ar vad e-mesk pobl Frañs.
- Ha petra 'refet evit dont a-benn? eme adarre ar vouezh displijus a-dreuz an nor.
- Unaniñ a rin ar bobl a-dreñv din! eme ar priñs Bearn. Holl asambles e vefomp ur bobl kreñv ha mont a refomp da glask pinvidigezhioù all er bed a-bezh gant rouantelezhioù an Europ!
    Gwelet a reas neuze an nor o tigeriñ, hag ur wrac'hig-kozh a dremenas he fenn dre an toull. He hini 'oa ar vouezh raouliet.
- Tremenit ho hent, priñs Bearn, n'eus gwele ebet evitoc'h amañ. Skampit kuit!
- Keuz 'po, mamm-gozh, diouzh ar pezh emaout o paouez lâr din. Pa vin Roue Frañs e lakain deviñ tout tier ar gwrac'hed kozh eveltout, rak n'eo ket just 'pefe ar gwir da chom en un tiig-soul koant ha sioul e-kreiz ar c'hoad hep asantiñ lojañ an dudjentil.

    Adkemer a reas neuze an hent evit kuitaat ar c'hoad, met a-barzh berr amzer e savas an avel hag e kouezhas ar gwez a-bep-tu war ar priñs Bearn hag e varc'h, ouzh o lazhañ kerkent.

Tamm 2