08.05.2008

Travelling

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Cette fois c'est la fin des haricots, c'est plus la saison pour regarder le monde et le cher payé de notre enfance. Je suis à l'écoute des Pretenders, dans mes baskets, je ne prétends plus trop: je vais. Je suis dans la nouvelle ère du Moi, je suis et je ne serai plus que dans mon ventre pour un bout de temps.
Suivez-moi, attendez mon retour, où faites du stop, à la prochaine, quoi.

Ivi Kromm, jeudi 8 mai 2007, 03H52.

11.02.2008

Sur le terrain.

Qu’est-ce qu’ils sont chiants ces « techniciens de surface » - comme il faudrait qu’on les appelle, la bonne blague, enfin – tu crois pas qu’ils se baisseraient pour ramasser les papiers non, ils diront qu’ils ont pas vu, bien sûr… Et alors ne parlons pas de la serpillère, hein, je sais pas où ils ont appris à la passer, surtout le petit con qui arrive toujours cinq minutes en retard en m’obligeant à m’arrêter dans mon tour des rayons pour aller lui ouvrir, et qui me regarde en soupirant là, celui-là j’te jure je le casserais si j’étais son patron ! Je sais pas combien il est payé mais de toute manière c’est toujours trop pour un travail aussi mal fait, franchement. Mais je disais, la serpillère... Si je lavais comme ça chez moi mais j'aurais jamais personne à dîner! Ils sont mais ils sont… Et alors va leur faire une remarque à ces imbéciles… Ils comprennent pas un mot ! Ils bafouillent un bonjour le matin et c’est tout ce qu’ils savent ! On trouve vraiment de tout dans ce pays. S’il y a bien une chose qui me fait sortir de moi c’est de me lever à six heures du matin pour voir leurs sales gueules d’analphabètes à chaque coin de rayon à faire semblant de bosser quand je passe !

Ça me fait bien rire quand j’entends les petits apprentis politiciens de gauche extrêmiste là, de… Parce que quand t’y réfléchis ils prétendent s’exprimer au nom des gens comme ça, comme mes techniciens là ! Non mais… C’est grotesque ! Déjà faudrait qu'ils sachent s’exprimer, si je peux me permettre un peu d’humour, encore que! Encore que! Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien vouloir de plus ? Attends... Ils sont payés à rien foutre, ils bossent deux heures par jour ! Et ils seraient encore foutus de se plaindre ? En plus la plupart ils prennent un deuxième boulot, hein, ils ont le temps, évidemment ! Ils se font des couilles en or en sachant à peine parler c’est hallucinant, excuse ma vulgarité, tu sais que c'est pas mon genre mais franchement... Ils ont aucune espèce de responsabilité, aucune, rien. Des fois je me dis vraiment, il y a vraiment des profiteurs.

(8/2/8 Alex hall, un peu avant onze heures)

11.12.2007

La maison, onzième et dernière partie.

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie
Dixième partie

Le pinçant entre son pouce et son index, Catherine écrase son mégot dans le joli cendrier de la table qui n’a pas été débarrassée, puis jette son paquet vide à la poubelle. Ceci fait, dansant toujours au son de Valentin, elle entreprend de rejoindre son grenier… Elle pousse la porte. Du coin de l’œil, alors qu’elle avance vers les tas de vêtements, elle aperçoit Hannah et Samson, entrelacés et à demi couverts par les draps, terminant dans la joie et les cris leur étreinte passionnelle. Catherine, elle, sort d’un coin perdu un large chapeau noir sur l’avant duquel trône une grosse rose rouge en tissu. Après l’avoir posé sur sa tête et consulté, avec un sourire, le miroir, elle se retourne vers le couple qui, encore tout essoufflé, s’assoit pour la regarder et comprendre ce qu’elle fait. Ce qu’elle fait ? De l’un des cartons qui jonchent le sol, elle sort un paquet de tabac et revient vers Samson et Hannah.
-  Cigarette ?

Ensuite, comme ils tirent leurs premières bouffées, elle va chercher quelques mètres plus loin un tabouret et le ramène devant eux. Puis c’est le chevalet, la toile, les pots de peinture et les pinceaux.
-  A présent, oubliez-moi !

Le piano s’est fait plus doux mais les entoure comme un nuage. Fumant en toute tranquillité, la blonde et le brun se regardent amoureusement, blottis l’un dans les bras de l’autre. « Toc toc »… C’est Tim, il n’a plus de chemise. Il entre. Dans ses mains, il tient le collier qu’il vient de faire à partir de perles vertes et roses. Lentement, il s’avance vers le couple, s’agenouille juste devant eux, et passe le collier au cou d’Hannah. Interloquée, cette dernière pose sa main sur sa joue… puis la passe dans ses cheveux, jusqu’à lui attraper la nuque, et l’embrasser subitement. Mais elle revient se blottir dans les bras de Samson, qui prend la main droite de Tim et y dépose un baiser.
-  Demain, tu y verras plus clair et tout ira bien, dit-il.
-  Ecris, écris tout ce que tu crois, ajoute Hannah avec aplomb.

Lentement, Tim tourne la tête alors que le piano joue de plus en plus fort et que ces deux corps si proches se diluent dans l’air et dans ce décor de grenier. La bouche de Catherine s’entrouvre, s’ouvre, s’ouvre de plus en plus grand alors que tout se mélange, que tout tangue, elle ouvre grand la bouche, elle va crier…

 

-  Maintenant, disparais !

 

FIN

09.12.2007

La maison, dixième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie
Neuvième partie

C’est presque uniquement cette dernière phrase qui fait fondre Samson, qui lui donne envie d’essayer de lui faire vivre le contraire. Il relève donc le visage mouillé de larmes de la blonde en jupe fendue – fente qu’il élargit rapidement – et, après l’avoir longuement regardé dans les yeux, il l’embrasse passionnément. Comme elle semble plutôt apprécier la situation, il n’hésite pas à retirer son poncho, dévoilant son corps fin et musclé. Elle s’accroche tellement à ses épaules, gardant ses lèves, que c’est lui aussi qui fait disparaître la jupe fendue, le pantalon de toile, et l’immense pull rouge, comme tous les sous-vêtements. C’est lui enfin qui la traîne sur le matelas tout proche pour unir leurs corps dans les draps fins… Samson bouge comme un médecin fou amoureux d’une droguée, alors qu’un piano résonne magnifiquement dans toute la maison. Car pendant ce temps, les autres n’ont pas perdu le leur : Valentin, ayant finit de fumer, est monté dans sa chambre où, plein d’énergie, il s’est assis face à son piano, se lançant dans un Mozart qu’il n’avait pas joué depuis des années… Et c’est réussi, car la maison entière prend une dimension magique à mesure qu’il appuie sur les touches de son instrument majestueux.

Il n’est en effet pas le seul à y trouver son bonheur… En haut, on va jusqu’à se caler sur son rythme, en bas, Catherine, sa cigarette à la main, se laisse ballotter par la musique, les yeux fermés… Tim, lui, retombe en enfance, bouleversé par la question que lui a posé Samson tout à l’heure. Instinctivement, il a attrapé un bocal contenant des perles de bois multicolores, et se met à en faire un collier…

...Onzième et dernière partie.

06.12.2007

La maison, neuvième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie
Huitème partie

-  Je m’appelle Hannah Falsburry, et voici mon histoire.

Comme elle se lance dans un long récit, Samson s’agenouille à ses côtés et la regarde, attendri et à l’écoute.

-  J’ai grandi dans une riche famille américaine qui ne m’a jamais rien appris d’intéressant. N’étant pas franchement douée pour les études, j’ai vite abandonné pour devenir la secrétaire particulière de mon père… Jusqu’à ce que je comprenne que je n’était pour lui qu’un appât à clients, car il suffisait que je me laisse draguer par un jeune homme qu’il aurait aimé voir dans ses associés pour qu’il m’encourage au lieu de me dire de me méfier. C’est donc le cœur brisé par ce constat et d’innombrables échecs amoureux que j’ai quitté mes parents à vingt-trois ans pour aller m’installer chez le premier garçon venu. J’ai vécu ainsi d’homme en homme jusqu’à rencontrer Henry Falsburry, un riche homme d’affaires que j’ai épousé. Je croyais avoir enfin trouvé la sécurité. Belle erreur ! J’ai réalisé que pour lui non plus je n’étais rien, rien qu’une jolie fille sage pour le distraire. En cas de divorce ou de décès, il avait tout prévu pour que je me retrouve sur la paille. Il se trouve que cet homme avait deux fils : Dick et Raphaël, vingt-six et vingt-et-un ans. J’ai eu une idée folle pour m’en sortir : mettre de l’argent de côté au cas où, et cet argent, le voler. Pour cela, j’ai séduit le cadet des frères, et l’ai convaincu de me voler une grosse somme dans une banque où son père avait rendez-vous. Il y parvint. Malheureusement, Dick avait compris notre stratagème et me vola la valise remplie de billets pour la remettre à mon mari, tout cela sans que je m’en rende compte, jusqu’à l’arrivée des policiers. Je m’en souviens comme si c’était hier : ils étaient cinq, deux femmes et trois hommes. L’un de ceux-ci me fit tout avouer en me séduisant… Au procès, je n’ai eu qu’une amende. Le divorce a été prononcé et Henry a été obligé de me verser des sous… J’ai pris un appartement, mais ma vie ne s’est pas stabilisée du tout. J’ai rencontré un homme, un médecin, Mark. Il était génial… Mais Raphaël est revenu vers moi. Bien sûr, au départ, je ne l’avais séduit que pour parvenir à mes fins, mais finalement c’est lui qui m’a eue. J’ai été conquise par sa jeunesse, son corps magnifique, son côté aventureux… Mark nous a surpris, il a été blessé et j’ai dû le quitter, car je savais pertinemment que d’autres hommes encore pourraient venir à bout de toute ma bonne volonté, comme Sam, le policier qui s’était occupé de moi, ou encore Fred, le fils de l’inspecteur. Ma vie a toujours été un énorme désordre sentimental, les hommes m’attirent dans leur filets et je cède car j’ai besoin d’eux, de leurs corps… Je suis programmée pour le plaisir, mais pas pour l’amour.

...dixième partie.

04.12.2007

La maison, huitième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Septième partie

... 

Reculant sa chaise, Catherine se lève, se tourne vers Hannah et lui tend la main. En la serrant, elle dit le plus naturellement du monde :
-  Hannah, bravo ! et se rassoit dans les applaudissements.
-  Je vous propose de finir le repas avec ce petit blanc, dit tout à coup Samson.
-  Pendant que tu nous sers, répond Valentin, je vais préparer un petit plaisir que je ne me suis pas accordé depuis longtemps.

Face au sourire général, il sort de sa poche un petit sachet transparent dont le contenu est indéfinissable et une petite boîte bleue, de laquelle il extrait un papier transparent et du tabac. Comprenant la situation, Tim se penche vers Samson :
-  Est-ce bien raisonnable à son âge ?
-  Son âge ? Mais le connais-tu, toi ?
-  …Non, mais tout de même…
-  S’il y a une chose qu’il faut respecter, Tim, c’est bien l’ancienneté. Ce vieillard est le seul à avoir le droit de décider de ce qui va lui arriver. Et s’il doit mourir, je préfère de loin qu’il meure heureux, et non frustré.

Une grande quantité de fumée s’échappe tout à coup de la bouche de Valentin.
-  Tu es de loin le meilleur goûteur de vin que je connaisse, Samson, mais goûte-moi ça et dis-moi si je n’ai pas gardé mon talent de rouleur !
-  En effet, tu es toujours aussi doué. N’es-tu pas d’accord, Catherine ?
-  Non. Il roule mieux ! dit-elle en recrachant la fumée. Hannah ?
-  Non, moi je me suis suffisamment étourdie la tête pour ce soir. D’ailleurs je vous quitte, j’ai du courrier à terminer.
-  Et toi, Tim, qu’en penses-tu ? demande Valentin d’une voix chevrotante.

Timidement, le jeune homme prend la grosse cigarette pleine d’herbe et tire une petite bouffée, puis se met à tousser…
-  Peut-être es-tu encore un peu jeune pour cela. Fume donc, Samson ! Fume donc jusqu’à ne plus en avoir envie.

Quatre ou cinq bouffées plus tard, Samson est complètement chamboulé. Il se tourne vers Tim et lui demande :
-  Qui es-tu, Tim ?
Pas de réponse.
-  J’attends, Tim. Qui es-tu ?
Tim, visiblement gêné, est incapable de répondre et s’en rend compte, ce qui lui fait baisser les yeux mais énerve Samson, qui hausse le ton.
-  Alors, gamin ! Répond ! Je veux savoir !
Il crie tout à fait maintenant :
-  Qui es-tu ? Qui es-tu ?
-  Je… Je ne sais pas ! répond ce dernier, au bord des larmes.
-  Ah oui ?

Samson reste un instant à le dévisager, puis quitte la pièce en s’exclamant : « C’est vraiment n’importe quoi ! ». Puis il monte les deux étages quatre à quatre, arrive en trombe dans le grenier de Catherine et Hannah, se plante devant la blonde qui est à genoux par terre, en train d’écrire, et dit :
-  Et toi, Hannah, qui es-tu ?

...

Neuvième partie

La maison, septième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie

... 

Un quart d’heure plus tard, la bouteille est terminée, et Hannah apporte l’entrée.
-  Vous m’excuserez de ne pas vous avoir prévenu, mais j’ai rajouté du basilic, je pense que tout le monde appréciera…

Et Valentin se met à rire. C’est bien simple, chaque bouchée qu’il avale augmente son rire… Mais personne ne semble le remarquer, tout le monde écoute Samson expliquer pourquoi il pense que les carottes arriveront cet hiver.
-  La feuille gagne chaque jour en intensité. Je la vois s’épaissir, devenir plus verte, et sa tige s’allonger.
-  Ça sent le brûlé, non ? s’inquiète tout à coup Tim.
-  Si, répond Catherine.
-  Oh ! Le riz ! Continue, Samson, je reviens.

Et le rire de Valentin s’amplifie encore à la vue de Hannah, la jolie Hannah, à qui la maturité de la très proche trentaine donne un air de magicienne aux pouvoirs infinis, qui tournoie vers la cuisine.
-  En attendant, je vous propose un verre de ce grand cru que j’ai goûté tout à l’heure.

Valentin, après un dernier éclat de rire, retrouve son sérieux pour déguster le vin. Hannah ramène le plat…
-  J’ai rajouté du persil pour enlever de petit goût de trop cuit. Cela va-t-être délicieux ! Et elle sert la tablée.
-  En effet, dit Samson en terminant son assiette, c’est délicieux. Je vais vous chanter une chanson.

Alors il se lève et fait entendre sa voix grave et mélodieuse aux convives pendant quelques minutes, puis se rassoit et reprend son explication sur les carottes.
-  Je n’en reviens pas, dit Tim. Où est le beurre ?
-  Sur le bar. Je te le prendrais en allant chercher le dessert !
-  Merci, Hannah.
-  Il n’y a pas de quoi, répond-elle avec un clin d’œil.
-  Tout de même, c’est sympathique. Si nous mangions le dessert ?
-  Pas avant d’avoir terminé le vin qui allait avec le plat ! répond Samson. Vous prendrez bien un dernier verre !
-  Oui ! dit Catherine.

Mais le riz au lait finit quand même par arriver. Il est tellement bon que tout le monde se préoccupe plus de le manger avec délectation que de Tim qui sanglote, la tête entre les mains.
-  J’aimerais tellement qu’il pleuve ! répète-t-il.

Malgré cette émotion, il finit son assiette en même temps que les autres.

-  Je n’ai qu’une chose à dire, commence Catherine d’une voix rapide, c’est que ce repas était l’un des meilleurs que j’aie eu l’occasion de manger depuis longtemps. On voit bien que tout y a été pensé et réfléchi en profondeur, l’harmonie des aliments, leur cohérence en valeur énergétique, leur présentation, tout. Et c’est ce qui me conduit à dire que Hannah est une grande cuisinière. Bien qu’elle n’ait pas le talent scientifique – car la cuisine est une science – des plus grands chefs qui vous concoctent des repas composés d’aliments dont vous connaissez à peine l’existence, elle a exactement ce qu’il faut pour une soirée originale et réussie : l’imagination, c'est-à-dire la faculté d’inventer et de comprendre à la fois ce qui plairait aux participants sans les consulter à l’avance et sur la seule base des déductions de son cerveau qui prouve ici le talent qu’on lui prêtait tout en faisant découvrir sa plus fascinante et efficace capacité cachée en dehors de lui-même. Il est vrai que mes assertions ne sont pas le fruit d’un débat ni même d’un échange mais simplement d’un mélange entre mon sentiment et mon expérience, cependant je les crois justes et adaptées. Non seulement Hannah mérite le respect, mais elle a également droit à des félicitations clairement exprimées.

...

Huitième partie

30.11.2007

La maison, sixième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie
Cinquième partie

Comme elle met le couvert, Catherine regarde les autres arriver. Tim porte un large Jean’s savamment déchiré et une chemise blanche, sans oublier un anneau resplendissant à son arcade. Valentin a soigné ses cheveux, qui lui retombent sur la nuque comme une longue crinière grise. Là-dessous, un long habit de moine, marron et orné d’une ceinture de cuir, lui donne un air bienveillant. Samson, lui, n’a qu’un pantalon de toile sous un long poncho de laine noire et blanche. Ils sont tous assis à table quand arrive enfin Hannah, vêtue d’une jupe fendue aussi serrée en haut que large en bas, elle semble tournoyer dans son énorme pull de laine rouge qui laisse son nombril découvert. Ses cheveux blonds, retenus en arrière par un fil noir, mettent en valeur ses grands yeux verts.

-  Si nous buvions un verre de porto en attendant que tout soit chaud ? propose Samson en servant tout le monde.
-  Je lève mon verre aux carottes de cet hiver ! s’exclame Tim.
-  A moins que tu n’aies quelque chose de spécial à fêter, Hannah ? demande Samson.
-  Oui, que nous vaut donc cette invitation ? insiste Valentin.
-  Mais… Rien, simplement le plaisir de m’attabler avec vous autour d’un bon repas et d’une bonne bouteille. N’êtes-vous pas de cet avis ?
-  Si ! répond Catherine.
-  Alors levons notre verre aux carottes ! dit Hannah dans un sourire. Et les cinq font se toucher leurs flûtes bien remplies.
-  Qu’allons-nous donc manger ? demande Valentin.
-  Oh ! Le menu est un peu spécial… L’entrée est une de mes inventions. Il s’agit d’une salade de riz avec concombres, miettes de thon et de pain, pommes, le tout imprégné de jus de citron et disposé sur cinq tranches de saumon fumé.
-  Du jus de citron ? Tu es sûre de ce que tu vas nous faire avaler ? s’inquiète alors Tim en regardant Hannah droit dans les yeux.
-  Certaine ! Et je pense que vous allez adorer… Ensuite nous mangerons du poisson pané avec du riz, et pour finir, un excellent riz au lait aux framboises vous attend.
-  Hum… Je sens que je vais me régaler… Si on reprenait un verre en attendant ? propose Samson.
-  Oui ! répond Catherine.
-  Comme ce porto est fruité ! dit Valentin.
-  Il pleut ? demande Tim qui tourne la tête vers la fenêtre.
-  Non, répond Catherine.
-  Il est même délicieux ! continue Valentin, Cela va vous choquer, mais je propose un troisième verre !
-  Tu as raison Valentin ! à ton âge il ne faut pas se laisser abattre. Et qui pourrait refuser d’un tel porto ?

Septième partie.

29.11.2007

La maison, cinquième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie
Quatrième partie

... 

Quelques préparatifs plus tard, Hannah monte à son tour se préparer… Dans le grenier, elle trouve Catherine vêtue d’une énorme jupe bouffante vert foncé qui s’étale facilement à plus d’un mètre autour d’elle, cachant ses pieds. Au-dessus, elle porte une veste de costume d’homme, noire, et une cravate verte qui s’étale tranquillement sur son corps fin.

-  Oh, Catherine ! Comme tu es belle !

Le visage de Catherine s’éclaire tout à coup, dévoilant un visage souriant orné de cheveux châtain roux magnifiques. Elle les a détachés, transformant son chignon bordélique en mèches élégantes ; joli tableau, où ses dreads ajoutent encore un peu plus de gaîté.

-  Oui, répond-elle.
-  Je les voyais plus longs…
-  Non… Jusqu’aux épaules seulement…

Du haut de sa fraîche quarantaine, Catherine en fait ce soir dix de moins.
-  Et je ne t’ai emprunté aucune de tes crèmes, ma chérie.
-  Tu me surprendras toujours.
-  Veux-tu que je fasse quelque chose pendant que tu te prépares ?
-  Hum… Oui, mets le couvert si tu veux, j’arrive.

En descendant, Catherine n’omet pas de crier :
-  C’est l’heure, Valentin, dépêchez-vous !
-  Oui ! J’arrive !…

Sixième partie.

26.11.2007

La maison, quatrième partie

Première partie
Deuxième partie
Troisème partie

Une heure plus tard, elle redescend comme Samson entre dans la maison.
-   Nous aurons des carottes pour cet hiver !
-   Merveilleux.
-   Peux-tu prévenir les autres, je vais goûter le vin.
-   Oui.

Tous deux descendent donc à la cave. Catherine ouvre la première porte et Samson la seconde…
-   Catherine ?

Depuis la chambre de Tim, on entend Samson crier « Il est bon ! Il est bon ! », ce qui retient l’attention de Catherine.
-   Catherine ? Oh !
-   Oui ?
-   Eh bien? Qu’y a-t-il? Que fais-tu dans ma chambre ?
-   Ah ! J’étais venue te prévenir que nous aurions des carottes pour cet hiver.
-   Ah, merci…  Penses-tu qu’il me faille une cravate pour ce soir ?
-   Non.

Et Catherine fait volte-face pour remonter prévenir Hannah. Elle retraverse la grande pièce du bas, monte les deux angles droits… Premier étage.
-   Valentin ? Vous m’entendez ?
-   Oui, je t’entends.
-   Nous aurons des carottes pour cet hiver.
-   Ah ! Bonne nouvelle !

L’escalier vers le grenier a exactement la même forme que celui qu’elle vient de monter. A nouveau deux angles droits, et la voilà arrivée. Le briquet est vide, elle craque une allumette, allume sa cigarette et balaye la pièce du regard. A gauche, un matelas et une couette , puis du matériel de peinture, des livres, des tas de vêtements, un bureau, un autre matelas et des draps, un fauteuil. Pas de Hannah en vue, en tous cas à la lumière des trois vasistas bloqués depuis des années qui donnent une belle vue sur les nuages.

-   Hannah ? Hannah ? Hannah ? répète Catherine en redescendant les escaliers. Quand elle arrive en bas, la blonde aux longs cheveux décoiffés et aux lèvres pulpeuses l’entend enfin et sort de la cuisine.
-   Oui, Catherine ?
-   Nous aurons des carottes pour cet hiver, a dit Samson.
-   Oh ! Mais c’est génial ! Tu verras, je vous préparerai de bons plats de carottes !
-   Oui.
-   Je prépare le repas, je n’en ai plus pour long. Tu crois que tout le monde sera prêt à huit heures ?
-   Oui.
-   Tout le monde est dans sa chambre ?
-   Non. Samson goûte le vin.
-   Ah ! Parfait. Allez, ajoute-t-elle en riant, vas te préparer toi aussi. Avec tes trois gros cheveux, là, tu as l’air d’une diplomate.
-   Oui…

Et Catherine remonte au grenier se préparer. Hannah, elle, ouvre la porte qui donne sur l’escalier de la cave et hurle :
-   Samson ! Dépêche-toi ! On mange dans une demi-heure !
-   Tu as besoin d’aide ? Tu as besoin d’aide ? demande Tim qui vient d’ouvrir la porte de sa chambre à toute vitesse.
-  Non Tim, répond la blonde aux formes généreuses, c’est une surprise ! Tout ce que je vous demande, c’est d’être prêts à huit heures.

Cinquième partie.