19.11.2007

Allons dans la maison!

Alors voilà, la victoire du monstre se profile?
Il est toujours temps, vous savez, toujours.
Renoncer c'est mourir.
D'accord, pas pour l'éternité...
Mais mourir quand même.
Peut-être avez-vous besoin de la maison?

Ivi va vous ouvrir la porte...
Il y a Bette Midler qui chante et rit,
Il y a un Dieu qui souffle dessus,
Et pour vous y rendre, c'est Baudelaire qui vous guide.

La voix

Mon berceau s'adossait à la bibliothèque,
Babel sombre, où roman, science, fabliau,
Tout, la cendre latine et la poussière grecque,
Se mêlaient. J'étais haut comme un in-folio.
Deux voix me parlaient. L'une, insidieuse et ferme,
Disait : " La Terre est un gâteau plein de douceur ;
Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme !)
Te faire un appétit d'une égale grosseur. "
Et l'autre : " Viens ! oh ! viens voyager dans les rêves,
Au delà du possible, au delà du connu ! "
Et celle-là chantait comme le vent des grèves,
Fantôme vagissant, on ne sait d'où venu,
Qui caresse l'oreille et cependant l'effraie.
Je te répondis : " Oui ! douce voix ! " C'est d'alors
Que date ce qu'on peut, hélas ! nommer ma plaie
Et ma fatalité. Derrière les décors
De l'existence immense, au plus noir de l'abîme,
Je vois distinctement des mondes singuliers,
Et, de ma clairvoyance extatique victime,
Je traîne des serpents qui mordent mes souliers.
Et c'est depuis ce temps que, pareil aux prophètes,
J'aime si tendrement le désert et la mer ;
Que je ris dans les deuils et pleure dans les fêtes,
Et trouve un goût suave au vin le plus amer ;
Que je prends très souvent les faits pour des mensonges,
Et que, les yeux au ciel, je tombe dans des trous.
Mais la Voix me console et dit : " Garde tes songes :
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous ! "

(Les fleurs du mal)

 

Les prochaines notes, alors, ce sera La Maison, une nouvelle ni longue ni courte où nous mène la voix... C'est bon pour vous, car quand on y rentre, après, on peut en sortir.

16.11.2007

A la tête

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Partout, partout on entend, si l'on tend l'oreille, le bruit sourd, le grondement de la France ces temps-ci. Un coup d'oeil sur le Monde, première fois que je l'ouvrais. Mais ici c'est le seul à arriver. Alors bon, un tour rapide sur les mobilisations, étudiantes en particulier... Le Monde retransmet la coordination nationale!

Et puis allez, poussons le vice, voilà que j'ai regardé le journal en ligne de TF1. Quelle tristesse, la France, quel enfer.

Evidemment ça se mobilise de partout, mais voilà, les reportages sont très critiques, on met en valeur la mobilisation anti-mobilisation, Sarko dit "nous avons tous les éléments pour que ça cesse", les syndicats font encore tout et n'importe quoi en négociations, discours, désaccords, prises de positions... Un peu d'espoir dans l'international? Ma coloc doit rédiger une dissert sur les raisons qui font de la France un pays exemplaire et influent. Les étudiants allemands sont aussi en grève. Qui le sait? Non, ce qu'on sait, c'est qu'un flic italien a tué un de ses compatriotes. J'ai vu la vidéo de Nanterre, au fait... On sait aussi qu'un gouverneur américain, de quel état? Il y en a tellement! Qu'un gouverneur américain avait tout simplement organisé une prière géante pour faire tomber la pluie sur son état en sécheresse... Je le revois encore, devant des centaines de personnes, les mains vers le ciel, sortant son discours...

Et puis la cerise sur le gateau, l'espace. Il ne manquait que ça pour que tout soit noir. Une expédiation japonaise sur la lune, et puis, le commentaire, le message... « Faire rêver. »

Que veux-tu que je te dise, France?

J'espère, bien sûr, j'espère que tu vas réussir. J'entends que les étudiants s'associent aux cheminots, je sens que des choses sont possibles, que des forces émergent mais... J'ai peur, peur qu'il soit trop tard, que tu les écrases comme tu sais si bien le faire. Et ils le sentent, et leur rage augmente et ils perdent pied. Tu les broies, c'est ça, tu les fait bouillir pour qu'ils s'auto-consument, et qu'on n'approche pas, de peur de se brûler.

A toutes ces torches humaines, je veux dire:

Foncez, et bouffez-en tous.

Foncez.

Foncez droit devant!
Tentez, ruez-vous dans la France
La plus ténébreuse, celle qui suit la cadence
Et enfumez les gens!

Ouvrez-leur les yeux,
Retenez les paupières
Que ça les pique un peu
Qu'ils revoient comme hier!

Ne les détestez pas.
Prenez-les par la main,
Parlez-leur, soyez là,
Et qu'ils comprennent enfin...

N'allez plus au front, réparez le cerveau.

02.09.2007

Rozenn

Rozenn a bar dispaket diouzh beure
Rozenn oc’h huñvreal 'tal an heol da greisteiz
Rozenn, stourm 'enep an noz o kouezhañ
An noz a ray dit paouez da ganañ.

Rozenn, Rozenn, gaouiadez koant,
Perak bezañ flemmet ‘anon?
Me ‘oa laouen, me ‘oa drant
Gloazhet a’teus ma c’halon!

Rozenn, Rozenn, mignonez kriz,
Perak bezañ flemmet ma biz?
Dindan an heol o vont da guzh
Ev ’ta ma gwad, rozenn ruz.

Lanredeg, ’tro 11 eur
21/03/2006

23.08.2007

Bon allez, demain j'arrête la télé!

Tout à fait! J'ai encore regardé les Z'amours. Ben oui. Bon ben oui ça va! Ils étaient dans le public, mes jeunes de l'autre fois. J'ai vu Aurore. Ils doivent enregistrer je sais pas combien d'émission dans la foulée, avec à peu près le même public... Et cette fois, j'ai vu autre couple passionnant. Georges et Alice. Beaucoup moins beaux. Beaucoup plus vieux. Même pas des beaux vieux. Des vieux difformes, des vieux moches, répugnant les adolescent.

Pourtant ils m'ont plu. Pas tout de suite, il a fallu que je les écoute un peu... Ils étaient complètement décalés. Lents, décalés... Des Parisiens ayant quitté Paris pour s'installer dans un bled pourri d'une centaine d'habitants. Comme ça. Ayant fait un métier assez pourri à priori. Elle, Alice, elle était montée à Paris pour être prof de dessin. Mais elle a rencontré Georges, qui l'a emmenée au 42ème ciel, disent-ils, alors elle l'a suivi dans son affaire.

Elle est montée à Paris. Mais de où? Je vous le donne en mille: de Bretagne. Et voilà qu'elle y va, elle, la bonne vieille déformée, simple, tranquille, face au flot de clichés à la con que nous sort le brave Tex (« ah vous êtes Bigouden et gnagngagna... »... Ben non elle vient de Quimper. Abruti. Mais bon c'est pas de ta faute). Et elle balance « Peus 'ket mezh? » (t'as pas honte?) quand ce petit présentateur lui demande de nous sortir des instultes en breton. Elle n'avait pas honte, elle, contrairement à plein de vieux d'ici. Elle était ce qu'elle était, sans se poser de questions. Comme elle avait échappé à la Bretagne juste avant que l'Etat français atteigne réellement le peuple. Elle dira d'autres chose, après, poussée par son mari. Une langue brute. Ivi Kromm aurait bien fait un peu de dialectologie avec elle (Eh oui, Ivi a une petite formation universitaire...). En tous cas, autre chose que la présentatrice de la « Carte aux trésors » de l'autre fois... Elle disait qu'elle s'excusait auprès des « puristes » et puis avait déclamé quelque chose d'incompréhensible. C'était la base de l'indice. Elle aurait pu demander à quelqu'un de lui noter ça en phonétique... Elle a préféré s'excuser auprès des puristes. Vous croyez qu'elle aurait dit ça sur une autre langue, Allemand, Espagnol...

Allez, pour deux vieux sympas qui s'en foutront, et pour la culture de Nathalie Simon (qu'est pas si mauvaise que ça dans le fond...), la prochaine note sera un petit poème en breton. Ça parle d'une fleur... Alice ne savait plus comment on disait « amour » en breton, et bien voici la preuve qu'on peut faire des exercices de style cul-cul dans toutes les langues (et encore Ivi en est assez fier)!

22.08.2007

Chant

Vous avez les bras longs, vous pouvez tout atteindre
Mon argent, ma maison, je ne possède rien
Si tout n'est qu'illusion - car vous savez tout feindre
C'est que votre bastion est le plus vieux terrien.

Saison après saison, il a gagné en force
Aujourd'hui ses tours sont au-delà du possible
D'où vous voyez les fonds les plus creux de l'écorce:
Les ports sont des prisons, les refuges des cibles.

Mais il reste un domaine à l'accès tortueux
Invisible, intouchable, il résiste à vos ondes
Acceuille et s'enrichit, alimentant la fronde!

Ainsi s'il m'arrivait d'échouer à ce jeu
Qu'est pour moi d'échapper aux cachots matériels
J'échapperai encor, ressourcerai ma moelle!

Début août 2007

14.08.2007

Pénultième

Il y environ un mois et demi, Ivi vous racontait l'histoire de la belle, du chapelier et du tigron.
Cette trilogie n'avait pas vu sa fin, la voici.

Acte III (le tigron)

L'un à l'autre donné avec outrecuidance
Ma belle et moi prenions en charge les plus fous
Puis un jour elle me dit profitant de la transe:
« Ma maison va fleurir, et la fleur est de nous!

Ne reste pas ici, va chercher d'autres routes
Laisse l'histoire lire avec moi ce tigron
Il sera des chapeaux qui ont orné mon front
Va, mon amour bancroche, illuminer tes doutes »

Et me voilà parti, en faquin libéré
Pétuner chez les forts, dormir chez les goualeuses
Sachant qu'en mon refuge brille une veilleuse.

Et me voilà parti m'abreuver dans les sources
Où se trouve la force de mon nouveau-né
Que j'ai quitté d'un chant avant la grande course...

(Conclu à la Glycine, Guingamp, le 14 juillet)

Voir 1ère partie
Voir 2ème partie 

Fin août, le dernier sonnet. Fin de période pour Ivi.

09.08.2007

Le niais

Quelques heures de marche en plein soleil d'été
Un léger mal de tête et un peu fatigué
Ne sachant où aller pour rejoindre la ville
Je suis un jeune niais, jeune un peu trop tranquille.

Tranquille? C'est beaucoup dire et assez inexact
Vis-à-vis de moi-même j'ai bien trop de tact
« Imbécile » dira sans nul doute ma mère
Qui vient à mon secours de son sourire amer.

Oh, si c'était moi seul, j'aurais évité ça,
Je m'en serais rentré balançant mes deux bras,
Voir un peu de pays: voilà qui me fait vivre.

Mais la vie d'un jeune homme est faite d'amitiés
Et lorsque l'on m'appelle j'oublie d'hésiter
Voilà pourquoi ce soir je serai encore ivre.

 

"Chez Jacqueline", Cavan le 9/6/7 vers 19h.

08.08.2007

Y

Mon étrange initiale m'invite au voyage
Son nom même suscite la curiosité
Elle entraîne le rêve hors des classiques cages
Sous la protection d'Yves, le regard de Yahvé.

Concrète elle m'enchaîne au pays par mon nom
Pourtant ce qu'elle inspire ici est fou, magique:
C'est la grande et belle Ys, jetée dans l'Atlantique
Car ce « i » est liquide et soigne en Yverdon!

Il est d'important fleuves; Yalujiang, Yamuna;
Qui l'envoient vers Sydney, le Yemen, ou l'Afrique;
Il rayonne au Cameroun, peuple le Nigéria;

Nage jusqu'à Stanley, traverse l'Amérique;
Sort par le Yukon ou le Yucatán maya,
Pour l'Europe de Yourcenar plus que Yalta!

 

Aux alentours d'1h30
Le Bouguen
6/6/7

...

"Initiale, initiale, mais Ivi ça commence pas par un Y!
Ben... J'comprends pas là..."

07.08.2007

Vague sainte

Voilà trois ans ma vie qu'elle m'est apparue

Ma sainte dégueulasse à la voix dont l'essence
Dans la futilité, l'alcool, la négligence
Laisse traîner un feu d'origine inconnue.

Avec un bonnet noir elle avança humaine
En arrivant un soir devant nous sûre d'elle
Sous l'abri d'un hangar elle était vieille et belle
Invitant au butoir d'un ciel sombre, sereine.

Peace...
and Noise!

Jeune et laide sirène abondant de bonté
Elle sourit, séduit, remercie puis s'écrie
« Disperse-toi la mer de possibilités! »

Et puis prend sa guitare étreignant la lubie
De transmettre au hasard en courts regards perdus
Les briquets pour des feux d'origine inconnue!

Terminé vers 21h le 29/05/07 au Bouguen.
Ivi Kromm avait encore prit un an dans la face.

06.08.2007

Solitude

Ils sont partout autour de moi, je tends la main
J'en touche, inévitablement j'accède à d'autres
Et pourtant je suis seul, pour quelques temps au moins
Que me répugne l'herbe en laquelle ils se vautrent!

J'ai souvent tout le monde et là je n'ai personne
C'est voulu, c'est un choix, je serai l'hickory
Je serai l'Erebus si ma sonnette tonne
La prévarication est un plaisir gratuit!

Parlez donc de moi que j'occuppe vos esprits
La belle occasion de ne plus parler de vous
Je risque de vous perdre sortez-en grandits.

Je me relèverai bien que pensant à vous
Mais vous vous endormez et je vous veux cigales
Que le prix à payer soit violent, fasse mal.

Vers 23h30 le jeudi 24/05/2007 au Bouguen.