13.11.2007
Tranche de vie
On est toujours lundi. Pas encore fait tout ce que j'ai à faire. J'ai discuté pendant deux bonnes heures avec Naïara dans la cuisine. Cette fille est amazing. Basque, déjà. Et puis, on a exactement les mêmes convictions. Pas les mêmes indignations, comme on peut partager avec tellement de monde, non, les mêmes convictions. Nous on veut pas perdre ce qu'on a. Nous sommes tous deux, nous nous plaçons tous les deux comme des héritiers actifs dans, nous avons tous les deux envie de jouer à la vie.
J'ai rarement connu ça. J'ai connu des gens qui avaient des émotions du même genre que moi, d'autres des idéaux du même ganre que moi, d'autres des croyances, des trips, des envies, des besoins... Ça m'a fait du bien de trouver cette Anne-Gab' qu'a envie de fumer deux clopes de suite tous les quarts d'heures, de défoncer Sarkozy avec elle... Je suis dans le présent, avec elle, et dans la pulsion, dans l'indignation, le trip et le plaisir. Avec Karo, je partage la croyance, l'envie de faire en sorte que tout aille bien, la folie, l'envie de s'éclater. On est dans l'envie. Tout le temps. Tout ça, là, je m'en tape avec Naïara. Naïara joue au foot quatre fois par semaine, va se coucher au lieu de boire et discuter si ça la gave, elle a pas besoin de social. Elle va pas faire le tour de l'immeuble pour trouver des voitures aux pétasses allemandes (ses amies) comme moi et Anne-Gab. On n'a pas les mêmes envies et besoins, dans le présent.
Elle est basque, 100 % basque, et même un truc. Elle est de Guernica. J'ai su ça aujourd'hui. Ça la fait bien marrer tout ce que ça peut provoquer dans l'esprit des gens. C'est où? Est-ce que t'es pour l'indépendance? Vous mettez des bombes? C'est détruit ta ville? Tu te sens pas trop latino, hein?
Enfin. Elle en dit pas trop. Elle fait attention, car elle a réfléchi à tout ça, elle adapte et mesure ses réponses, elle se place exactement où elle l'a décidé. Quand elle veut quelque chose, elle l'a. Elle a besoin d'un mot? Elle regarde dans le dictionnaire. Et puis elle l'utilise. Bon j'ai pas envie d'énumérer les convictions qu'on s'est trouvé en commun, juste dire qu'on a une connection sur l'avenir. Elle se dit c'est dégueulasse ce qu'ils nous ont pris, mais elle demande de comptes à personne: elle va chercher ce qu'on lui a pris, et elle le trouve.
Nous sommes des héritiers actifs, car l'héritage, non seulement on y a droit mais on le veut et on le prend, et on l'utilise. Et on veut jouer à la vie parce qu'on sait bien que si on ne joue pas, de toutes manières quelqu'un remportera les plis. Et on voit ce qu'il en fait. Alors on va jouer, pour voir.
Ça fait du bien. On se sent moins isolé, et on retrouve un peu d'espoir. Dans la capacité de ma génération à changer le monde. On est plusieurs, dans plusieurs pays et le jour où l'un d'entre nous avancera hors de l'ombre, on sera tous prêts à réveiller les autres, les mauvais perdants et les trouillards, les pas doués et les flemmards. Dans tous nos milieux. Moi l'apprenti-clodo, elle la footballeuse.
23/10
21:40 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, société, europe, solidarité, amitié, Résistance, Nouvelles et textes brefs
16.11.2006
L'espace etc. (II)
Situation: Idem.
On nous explique que les Etats-Uni, par un document officiel de ce jour signé par G. Bush, proclament pouvoir interdire à quiconque l'accès à l'espace.
Voilà pour Juliette.
Parallèlement à cela, la France collabore de nouveau avec la Russie pour ses projets spatiaux, après avoir decerné le prix nobel de la paix à V. Poutine. Rien à foutre de notre chère journaliste... Morte. Repensant à la citation de L'espace etc. Partie I, on comprend mieux comment ces enjeux scientifiques et géopolitiques importants dépassent les morts de Tchétchénie.
Bravo à tout militant de toute association locale; Bravo pour notre espoir. Et comme au-dessus de nos têtes, c'est la lune, c'est des planètes et non un Dieu, on ne peut même pas prier.
Comment croire encore que nous n'avons pas perdu?
Chom bev, mignon stourmer
Daoust d'ar feulster
Daoust d'ar poanioù
A dag 'anout a-bep lec'h
Chom war-sav, mignon stourmer
Daoust d'ar fallentez
Daoust d'ar spont
Ha d'an enkrez
Gwir eo ec'h omp bac'het
Gwir eo ec'h omp gloazet
Gwir eo c'h eo dañjerus
Stourm 'vit ar Frankiz
Ha doaust ma 'c'h eo padus
'Chom an drougoberoù
'N'em santez ket kablus
Sell diouzh tu ar gouloù
Bez soñj deus ar wirionez
Chom bev, mignon stourmer
Ezhomm 'n 'eus ar bed diouzhit
Daoust d'ar feulster
Ha daoust dit...
Ya chom war-sav, mignon stourmer
Taget out a-bep tu
Met dalc'h, dalc'h betek penn
Hag un deiz... Un deiz,
Goût 'ran, goût 'ran, 'varvo al Lu.
21/03/2006
Lanrédec, 'tro 1 eur.
Archerien o paouez herzel ar studierien 'oa o vont da Gemper war varc'h-houarn.
10:40 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stourm, espace, russie, USA, poème, Tchétchénie, résistance
12.11.2006
L'espace etc. (I)
Situation: Le téléphone sonne à France Inter, le 17/10, à 19h45... On discute des recherches sur Mars et Venus! Et puis, face à un auditeur qui s'interroge sur les sommes investies, sur tout ce qu'on pourrait faire avec cet argent, notamment au niveau des "pauvres"... Un intervenant du Centre National d'Etudes Spatiales:
"Les connaissances à acquérir dans l'espace sont plus importantes que les gens qui n'ont pas à manger."
Mais oui, c'est ce qu'il a dit. Textuellement.
Oups! On dirait que ça a débordé!
Il se passe des choses!
Il se passe des choses
Des choses importantes
Partout, tout le temps,
Il se passe des choses graves
Il se passe des choses.
Nanterre, 22 heures, Juliette est dans son salon
Juliette est sous protection
On la protège, on nous protège tous
Par des mesures efficaces
Juliette le sait bien, mais Juliette a la frousse
Les terroristes sont à ses trousses
Les délinquants sont dans la place!
Alors Juliette reste dans son salon
Loin de Yi, qui fabrique des chaussures
Loin de Boris qui agonise à terre
Loin de Bill, qui respire la poussière
Loin de Mouss, qui panse ses blessures.
Sait-elle qu'ils existent?
Elle ne voit pas, à quelques mètres
Dawda qui mendie pour du pain
Kevin qui peine à lire
Et puis ces autres êtres:
Brieuc qui lève le poing
Cyril que j'entends rire
Sait-elle qu'ils résistent?
Non.
Juliette, dans son salon,
Sait que l'homme à la crosse
Ne voulait pas dire ce qu'il a dit
Que Madame Figaro a des gosses
Et ce qu'un sondage décrit.
Elle ne voit pas, dans son fauteuil
Le noble et son cigare
Le noble qui ferme l'oeil
La main sur ses dollars
Oh! Lui non plus ne la voit pas
Mais il sait qu'elle existe
Et quand une Juliette lève le doigt
Il fait entrer sur la piste
Le clown de son choix.
Des clowns de métier
Des clowns qui s'ignorent
Chacun pourra parler
Aura raison ou tort.
Vieille comète
Vieille idéologie
Ecrase-toi sur ma planète,
Ecrase-toi je t'en prie.
Clos le 02/11/06 à Lanrédec.
11:05 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, résistance, poème, espace, dollars