15.10.2007
STUP: DROGUE 4
La totale, pour le jeune « alternatif »? Après un bon p'tit repas entre potes, un spice cake comme dessert, un bon rouge et un p'tit pèt' qui tourne. Allez, ajoutons une touche de peinture au patchwork: un disque de Peter Tosh.

Juliette, elle aime bien ça, mais pas que. Elle n'est pas une pure alternative, mais plutôt touche-à-tout. Elle peut accepter, pour rire, de mettre les pieds et de les agiter dans un endroit anti-artistique au possible: une boîte. Tant qu'il y a de l'alcool, elle est prête à tout, où du moins elle va l'être au cours des prochaines années, les années fac. Beaucoup de jeunes de sa génération l'apprécient, parce-qu'on rigole bien avec elle, mais bizarrement, elle intimide quelque rares personnes. Des amis, de vrais amis, elle en a bien sûr, mais étrangement... Elle a du mal à être totalement vraie, à s'offrir complètement. C'est une vraie girouette, qui parfois se rebelle contre le vent, bien qu'elle aime le suivre. Alcool, alcool, quand tu nous tiends, elle aura beaucoup de problèmes de coeur. C'est une fille qui se posera toujours des questions. Il y a des gens comme ça. Surtout des aînés. Ils cachent une morale solide sous une apparence complètement déviée, ou trompeuse. Les girouettes sont des caméléons. Et comme elle aura toujours des relations ambigües avec ses parents, ceux-ci se rendront parfois compte de quelque chose sans vraiment pouvoir y faire... Quelque chose. Un vrai comportement de droguée.
Et on pourrait analyser ainsi tout un chacun, ou presque. Presque, oui, car certains résistent au regards de l'observateur. Surtout les drogués. Ils ont une organisation mentale sur laquelle il est difficile de se brancher. Les vrais drogués ne sont pas ceux qu'on croit, voyez-vous. Et ça, il faudrait probablement l'expliquer aux douaniers. Alan et ses fumeurs de joints ne sont pas dangereux. Vous vous trompez de cible, et vous laissez passer le danger. Il est partout.
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13.10.2007
STUP: DROGUE 3
La question centrale, bien qu'on imagine la réponse, est: a-t-on l'O.C.B. en CDD ou en CDI? Dans quel sens tourbillonera l'harmonisation européenne qui sert de sauce à tout plat politique bien cuisiné? Va-t-on vers l'interdiction de fumer partout, ou vers la légalisation de la fumette? Ça a le mérite de lancer le débat dans la salle à café de la clinique, quand la parole est libre, c'est-à-dire quand Sylvie, droguée à la connerie, est partie draguer le jeune chirurgien-tennisman, un esprit puissant dans un corps puissant, du moins à travers le regard de la femme actuelle... Car à travers celui de Sophie, il est prétentieux et ultra-chiant, et dans celui de Valérie, il est lourd et effeminé. C'est sûr qu'il ne fume pas, lui, en tous cas.
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Moi je serais pour un système à la hollandaise, ça s'achète et ça se fume dans les bars.
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Déjà qu'on pourra bientôt plus fumer de clopes, dans les bars... Ouais mais c'est aussi le risque que ça devienne un vrai produit de consommation, comme les clopes, et du coup ils te foutent un tas de saloperies dedans, des agents de ci, des agents de ça...
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C'est toujours mieux que l'agent de police, excuse-moi.
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Ouais. Il paraît que les espagnols ont droit de faire pousser tant qu'ils le vendent pas après.
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Hum... J'voudrais pas voir mon fils dépenser tout son fric en matos ultra-perfectionné, les lampes spéciales et tout... Et puis savoir qu'il en aurait toujours à portée de main... Là, c'est le risque de devenir vraiment dépendant.
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Oh, tu sais... J'suis pas sûr qu'ça revienne à beaucoup plus cher que d'acheter toutes les semaines ou tous les mois au dealeur du coin... Ça évite les problèmes aussi...
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Quoi? Et le contact humain, qu'est-ce que t'en fais du contact humain? Ahlala... Ouais. Ben en tous cas c'est clair que pour moi, dépénaliser c'est ouvrir plus grand la porte aux drogues dures. Les jeunes veulent toujours dépasser les interdits, mais jusqu'à un certain point quand même. Alors si on légalise le cannabis, vers quoi ils vont se tourner?
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Faudra qu'on leur apprenne à se piquer.
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Hé... T'es conne. Tiens tu sais quoi j'en parlais avec Alan l'autre jour. Devine ce qu'il m'a dit... Il était énervé contre Chirac ou je sais plus qui... Bref il a finit par nous sortir que si les politiques fumaient du shit, ça éviterait pas mal de problèmes.
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Ah ouais?
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Ouais. Qu'ils seraient plus... qu'ils se monteraient moins la tête avec des histoires d'économie, de startagèmes à la con, qu'ils penseraient moins à « faire chier le peuple ».
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Ça se tiend, remarque.
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Ouais... Et puis il a étendu ça à tout le peuple, justement. Genre si tout le monde fumait, la vie serait moins stressante, on pourrait abolir le travail et l'argent, chacun s'occupperait que de ce qu'il a vraiment besoin et on serait trop fatigué pour construire des maisons dégueus partout et des grandes surfaces...
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C'est ça ouais... Par contre le jour où il sera hospitalisé, est-ce qu'il sera d'accord qu'on se fume un gros joint avant de s'occupper de lui?
Mais n'oublions pas, s'il vous plait, que la drogue, ça se mange aussi...
Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi
Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi
C'est le chant du psylo qui supplie
Qui joue avec les âmes
Et ouvre les volets de la perception...
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11.10.2007
STUP: DROGUE 2
Dieu merci, ça fait belle lurette que le dictionnaire est obsolète. Pour le commun des mortels, drogue se rattache à des substances bien précises: cannabis, ecstasy, cocaïne, héroïne... Quelques provocateurs, comme Corinne, considèrent que tout ce qui rend dépendant est une drogue. TOUT est donc drogue, car chacun peut s'accorcher à ce qu'il veut: un lieu, un aliment, une personne, un objet...
Les parents d'Alan savent bien qu'il boit, qu'il fume, clope et joints. Il l'assume entièrement. Maintenant en tous cas. Mais il a mis le temps, pour arriver à fumer une cigarette devant son père, premier échelon, Tante Madeleine, deuxième échelon, les maîtresses de l'école primaire ou il était, dernier échelon, le plus dur à atteindre.
Si Sophie a arrêté de fumer, comme Gilbert qui avait à peine commencé; il y a quand même des fumeurs autour d'eux. Juliette, tout d'abord, qui a commencé à treize ans et demie et qui continue, bien cachée. Sylvie, les soirs de fête, quand elle s'autorise un panaché, et Isabelle, l'aînée de tante Madeleine.
Bien sûr c'est amusant les gosses qui fument en cachette, mais il y a plus drôle. Les parents qui font mine d'avoir toujours été sages. Corinne en est l'exemple-type. Une vraie bonne femme dans la norme, intelligente et un peu con, qui sait cuisiner et qui sait épauler autant que donner des coups de morale. Aurait-elle oublié qu'il y a une vingtaine d'années, elle zigzagait régulièrement vers les toilettes pour y verser son repas du soir par la où il était entré pendant que de la cuisine s'échappaient des rires gras, des phrases obscènes, des bruits de chutes et surtout, un très épais manteau de fumée... Aurait-elle oublié les séances de nettoyage profond, éreintantes, stressantes, avant le retour de papa-maman?
Valérie et Frère évitent de trop boire en présence de leurs enfants, et attendent que ceux-ci soient couchés pour fumer le joint de l'année ou la clope du mois. Dans ces conditions, comment pourraient-ils reprocher quoi que ce soit à leur fils?
Donne-moi une latte et j'aurai de l'inspiration
J'en r'prendrais bien une autre pour la décontraction
Il paraît que c'est bon pour se faire un plan fion
Zappata en prenait pour sa révolution!
Il est de la génération qui a grandi, sans trop les comprendre, à l'écoute de ces paroles...
O.C.B. Occis Carton Blindé
O.C.B. Fais tourner, fais tourner, fais tourner.
D'ailleurs c'étaient bien les parents qui avaient acheté l'album.
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09.10.2007
STUP: DROGUE 1
DROGUE. Nom féminin. Pour Alan, tout ce qui est agréable est féminin, mais pas l'inverse. 1. Péjor. Médicament. Sophie donne des médicaments à ses patients, Sylvie, de la drogue. 2. Stupéfiant. L'autre jour, Juliette a su qu'une de ses meilleures amies avait pris de l'ecstasy avec son petit copain. Elles avaient pourtant toujours eu pour principe de ne pas toucher à ça. Juliette en est stupéfaite! Déçue, aussi... Mais tant que cette amie n'est pas droguée... – qui s'adonne aux stupéfiants – ça va encore. STUPEFIANT. Substance analgésique ou euphorisante dont l'usage peut entraîner une dépendance et des troubles graves. Des troubles tels que le stupre... C'est incroyable ce que l'on peut inventer en partant du dictionnaire. Mais certains points restent flous: ANALGESIQUE. Qui supprime la douleur. EUPHORIE. Sentiment profond de bien être, de joie. Un stupéfiant peut donc entraîner le drogué à se stuquer dans un stupa. Le drogué devient capable de tout et n'importe quoi! Le cheval, lui, peut avoir recours aux stupéfiants pour figurer au stud-book.
Ce thème peut mener n'importe où: c'est un vrai stretch. Il s'étend des stries du parquet au stratus de la stratosphère! Mais après l'euphorie, tentons de revenir à la simple euphonie qui entoure le mot DROGUE. Le DROGUISTE tiend la DROGUERIE – Commerce, magasin de produits d'entretien. Le droguiste n'est donc pas quelqu'un qui drogue, mais un honnête citoyen. DROGUER. 1. Donner beaucoup de médicaments à quelqu'un. 2. Donner de la drogue, un stimulant.
Est-ce le fait que la drogue soit illégale, et donc taboue, qui fait qu'une telle incohérence l'entoure? Il faut dire que l'euphonie n'est pas une science. Examinez la dernière définition. « Drogue », nous l'avons vu, peut vouloir dire « médicament ». « Droguer » peut donc signifier à la fois « donner beaucoup de médicaments » et « donner des médicaments ». Quelqu'un qui donne peu donne quand même, donc « droguer » signifie « donner des médicaments », en n'importe quelle quantité. Rien de moins fiable, en somme, que ce mot. D'autant plus qu'il s'applique aussi aux stimulants, et il faudrait refaire une démonstration avec le cheval.
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03.10.2007
STUP: ARGENT 2
Comment lutter contre cette dure réalité? Comment repousser les murs? En prouvant que l'argent n'est rien. Sa solution, à Alan, c'est le bénévolat. Il s'investit, s'investit encore, s'investit toujours et ne s'arrête que quand il sent qu'il va en vomir tellement il en a. Car dans le bénévolat, le cumul des mandats est récurrent. Quand on y entre, on n'en sort plus, comme dans un long couloir de multinationale en plein essor: il y a toujours une porte qui s'ouvre, de celle du PDG éclairé par les projecteurs à celle de la femme de ménage que tout le monde ignore. Chaque pièce, quand on commence à la connaître un peu, renvoit inévitablement à une autre, qui vous conviendrait mieux, qui vous permettrait de grimper les échelons, ou à l'inverse de faire votre petit business tranquillement... En admettant que l'axe du mal existe, nous venons de considérer ses deux côtés, mais de toutes façons il n'existe pas. Le problème, c'est que les personnes qui parcourent ce couloir sont toujous les mêmes. Au lieu de faire rentrer du monde, ils changent de pièces. Comme un piston involontaire. Et comme certains sont plus rapides que d'autres, on retrouve Alan dans tout un tas de bureaux.
Ceux weeek-end, deux bureaux à la fois. Il est secouriste à la Croix-Rouge, et ce dimanche matin, on a besoin de lui sur une course à pied. Le soir même, il retrouve l'équipe motivée d'animateurs d'un camp pour adolescents, et c'est parti pour quatre jours. Génial, non? Mais l'argent! L'argent! Toutes les chances de se retrouver avec des fumeurs, alors il achète un paquet de clopes. Il a arrêté mais tant pis. Ce sera plus simple comme ça. Avant de partir de sa chambre d'étudiant, il finit son joint d'hier soir... Ben oui, faut pas gâcher, et il part pour une semaine.
Mauvaise idée... Idées en vrac, il perd son paquet de tabac dans le bus. Six euros dans le cul. Cette expression n'a rien de sexiste et encore moins d'homophobe, c'est juste un moyen d'exprimer sa colère. Quand on perd quelque chose et que c'est énervant, ou la situer sinon dans le derrière humain? (Cette précision peut paraître inutile, mais non: ladite expression choque bien certaines personnes, aussi peu nombreuses soient-elles.) Et puis tout s'enchaîne, car il n'y a pas de cracheur du métal qui l'objet de ce chapitre, bien qu'il apparaitrait sous forme de papier, dans la gare ou Alan prend le train. Et comme au tabac, c'est dix euros minimum pour pouvoir payer par carte, c'est deux paquets au lieu d'un... Et, c'est ballot, quand il a pris son billet, Alan n'a pas vu que c'était les heures blanches... Le distributeur de billet s'en foutait, pas le contrôleur. Et quinze euros de plus. Bon, tant pis. Ah oui! Prévoir un peu de bouffe pour le repas de dimanche soir. On partagera. Quelques carottes, du fromage de chèvre, des crêpes.
Maintenant, dormir. Pas facile quand il fait deux degrés dehors et qu'on n'a pas les moyens de mettre du chauffage. Réveil très tôt... La nuit passe tant bien que mal. Difficile de sortir du lit, par deux degrés. Allez! Vite, vite, rassembler toutes les affaires pour partir dans cinq minutes... Et en route! Après la course à pied, Alan se rend compte qu'il a oublié toute la bouffe achetée dans le frigo... Et comme il ne rentrera pas d'ici ce soir avec ses collègues animateurs, il va falloir racheter... Six euros de plus là où vous savez.
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29.09.2007
STUP: Stupéfaction...
Le croirez-vous? Sophie a un frère. Notamment un frère. Frère dont la femme, Valérie, travaille aussi à la clinique! Aide- Soignante. Bien que Frère soit plus jeune que Sophie, Valérie et lui ont eu leur premier plus tôt. Alan a vingt ans, mais ne se croit pas invincible. C'est un jeune « bien » pensent les gens qui le connaissent, les vieux par exemple, malgré sa dégaine. Et si nous nous immiscions dans la vie d'Alan?
C'est une vie d'artiste. Une vie d'artiste en grève, car créer c'est travailler, et comme ce travail n'est pas payé, son syndicat intérieur a donné cette consigne: stoppez le travail, revendiquez vos droits. A la fac, les cours n'ont plus lieu depuis que lui et ses co-gribouilleurs de tables d'amphi la bloquent. Et quand Alan, enflammé comme lorsqu'il ouvre « Bridge over troubled water » et voit la stupéfiante photo sous le CD, lève la main pour voter en Assemblée Générale, il ne peut s'empêcher d'imaginer que Paul et Arthur vont sortir de leur prison de plastique pour clouer le bec à ces morceaux choisis de fils de riches, d'inconscients politiques, de pétasses et d'effeminés qui lève le poing en suppliant: « Laissez-nous aller en cours! ». Paul et Arthur s'approchent donc du mécontent ou de la mécontente et selon les jours, adaptent leur méthode de persuasion: caresses, coups de poing, baisers, insultes, sodomie... Ils y arrivent toujours. Et puis Bob Dylan débarque sur scène, car tout amphithéâtre est un peu une salle de spectacle, et chacun sans exception frappe dans ses mains au rythme de sa guitare: ça y est, le gouvernement va devoir céder. Bon d'accord, Alan fume quelques joints une fois de temps en temps.
Famille de fous? Peut-être. Mais cette famille a sa dose de propre-sur-soi. Elle a ses propres-sur-eux. Bon, c'est vrai qu'ils ne sont pas nombreux. Tante Madeleine, cousine de Gilbert... le mari de Sophie... Vous vous souvenez quand même! Oh! Madeleine, donc, cousine germaine de Gibert, est une prout-prout mais quoi de plus pardonnable: est est fleuriste. Enfin, plus pour longtemps: bientôt la retraite! Sa fille est une vraie jeune femme d'affaires qui vit dans une petite maison bien rangée. Elle est sympa quand même, ne tombons pas dans la caricature. Ah! Il nous manque le prénom qui aide à situer. Mettons... Stéphanie, d'accord? Et Isabelle, l'aînée, tout le contraire. D'autres cousins, de Rennes, sont un peu costard-tailleur aussi. De toutes façons, on n'est pas adepte des repas de famille dans cette famille. Les rendez-vous du dimanche, très peu pour Sophie. Chacun chez soi. Pourquoi se forcer? Si l'un veut voir l'autre, il y a va et puis c'est tout. Non mais! D'ailleurs il est hors de question de faire entrer des dizaines de personnes en scène en même temps. Ça ferait le coup des ronds-points, nous en avons déjà parlé. Et puis nous avons fait un tour d'horizon suffisamment large pour se lancer sur la voie express, non? Nous avons assez de participants, non? Sophie, Gilbert, Juliette, Hugo, Léa, Corinne qui nous est encore inconnue, Sylvie, Valérie, Frère qui n'est pas encore éclairé des feux de la rampe, Alan, Madeleine, Stéphanie et Isabelle. Vous noterez la forte présence de prenoms en S, environ 23%, un score parfait pour accéder au deuxième tour des présidentielles françaises. « Comment? » s'insurge-t-on au parti Socialiste, « un prénom en S? Alors que nous venons de voter la parité? Pas question! ». Le décalage entre l'époque de l'écriture et celle de la lecture nous montre ici que les insurgés sont toujours vaincus par les statistiques.
Rien n'est complètement inutile. Le tout est de savoir à quel type de lecteur on a affaire. S'agit-il de l'homme d'esprit avec des lunettes sur le bout du nez? S'agit-il du lecteur-téléspectateur? Aussi, doit-on mener plus loins les investigations spirituelles... Ou annoncer le programme: sexe, drogue, argent, guerre? Sophie veut bien être le sexe. Alan, par défaut, la drogue. Stéphanie, l'argent. Mais la guerre? Ah, Sylvie, peut-être. Quoique les rôles peuvent très bien être dispachés autrement: Madeleine peut avoir besoin de raconter sa jeunesse... Alors, comment vous allécher, lecteurs? Comment vous donner ennvie de garder l'oeil sur la serrure? Nous avons dit que rien, je répète: rien, n'est complètement inutile. Croyez-vous que votre oeil l'est? Alors optons pour les investigations spitituelles.
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16.09.2007
Spécial K
(Conclusion sur l'apparence)
La femme
Elle aime la robe, elle aime le bijou
De façon passionnée, profonde et étrange
Ses yeux ont alors le reflet métallique
Que prend l'oeil du chat pour la souris qu'il mange.
Le bijou sur son cou, le bijou sur sa main
C'est elle, c'est un peu d'elle incrusté dans sa chair
La robe est une peau qu'elle vêt pour se plaire
Elle palpe le tissu d'une chaude caresse
Puis elle va légère, heureuse et un peu fière
Et elle n'est plus du tout ce qu'elle était hier.
Yvonne Le Mage
Tuons cette femme!
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13.09.2007
Opéré
C'était pour la santé, et le confort, car elles ne servent à rien. Pour le sourire, aussi, pour pas qu'il soit endommagé par des déplacements stupides... Alors voilà, me voilà dans un pièce vide, sans décoration, avec des gens sans visages, allongé sur un lit de science-fiction, sur le billard du boucher.
Moi le chanteur, moi le hurleur,
Moi qui débat, moi qui rigole,
Moi qui a la voix sur le coeur,
Moi qui n'ai plus droit à l'alcool,
Vous me regardez, intrigués,
Vous ne voyez que des rougeurs
Vous n'imaginez le chantier
Juste derrière, à l'intérieur.
Lèvres bloquées, la langue immense,
Un goût de sang sur le palet
Je n'ai que quelques pas de danse
Pour m'exprimer car: je suis muet!
Me voici muet pour quelques heures
Pour être con, être moins laid,
Avant d'accéder aux douleurs
De quatre clous morts à jamais.
04/09/2007, Gare de Brest. Je n'ai même pas pensé à les récupérer. Alors là je la tiends, la beauté! Le visage déformé par deux grosses bosses! A bouffer du yaourt toute la journée! Cause toujours... J'aurai dû les garder. Trop tard. Et puis ça s'est bien passé. Allez, il y a des enfants qui meurent dans le monde...
18:00 Publié dans Micro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, fashion, poésie, société, santé, écriture, mode
