02.11.2007

VVVVVt'

Il semble que tisser une large toile fatigue l'araignée. Proportionnellement, ça fatigue aussi l'oeil de la mouche, qui est donc prompte à s'empétrer dans les fils. Il reste à l'araignée, alors, une tâche dont la difficulté est encore proportionelle à l'énergie qui lui reste. Sa toile a déjà fait tout le boulot. Avec la loupe, et avant l'arrivée de la mouche, nous allons maintenant observer quelques points précis de la toile, pour découvrir la base de la mort. On commence en haut?

Allez, on descend. VVVVVt'.

Alan en retirant son sweat, fait involontairement remonter son T-shirt et expose donc son long dos, durant quelques segondes, à l'attrouppement derrière lui.

VVVVVt'.

Stéphanie, les larmes aux yeux, entend les sirènes se rapprocher, puis l'ambulance freine brutalement devant la vieille maison.

VVVVVt'.

Au début de leur relation, Frère était le Sacha de Valérie...




Je t'espère et je t'aime,
Ô mon soleil, ma lune, mon roi
Ô mon mec, ah mon emblême
Je t'attends, je pense à toi
Ah oui la nuit sera belle
Et le jour sera grand
Ah que l'attente est cruelle
Et que le désir violent.

Je te guette et je t'aime
Ô mon soleil, ma lune, mon roi
Ô mon mec, ah mon emblême
Je t'attends, je pense à toilettage
Ah oui la nuit sera belle
Et le jour sera grand
Ah que l'attente est sensuelle
Et que le désir ardent.

Catherine Ringer a donc scellé à postériori l'union de Valérie et de Frère, qu'elle baptise avec talent. Et Fred Chichin fait VVVVVt'.

Léa crache sa purée de potiron sur son bavoir puis jette sa cuiller et se met à pleurer en agitant les mains.

Partons sur la gauche... VVVVVt'!

Sylvie, sur son lit d'hôpital, maudit cette satanée infirmière qui vient de lui apporter son repas repoussant. Comment manger avec quatre dents en moins? Quatre dents qui ne lui servaient à rien mais qui maintenant, par leur absence, lui font plus mal que si elle se plantait ce couteau en plastique dans le coeur.

 

31.10.2007

STUP: SEXE 4

 

Et c'est quoi, une « ultrabonnasse » au masculin? Comment qualifier le playboy beau gosse sexy tout en muscles et en gel dans les cheveux? Dégueu, c'est peut-être le mot le plus juste. Le beau mâle pur taillé en V, « comme moi mais dans l'autre sens » aime dire Gilbert en abusant un peu. Ce corps sain qui s'occuppe dans ces établissements hautement culturels aux noms si doux (« Garden Gym »; « Physic Form ») passe vraiment à côtés de tout un tas de merveilles. Est-ce qu'une éventuelle satisfaction peut justifier tant d'ennui? Eventuelle, car le pouvoir de séduction obtenu, et c'est la seule satisfaction, celle de se sentir à l'aise en permanence car sûr de son pouvoir, n'est pas en soi suffisant, et peut donc cacher des lacunes, des troubles bien plus graves: mal de vivre, problèmes de santé... De toutes façons, l'efficacité même de cette norme de beauté est remise en cause:

- Que voulez-vous, l'inspecteur Taverner et ses joyeux compères sont plutôt inquiétants! Quant à Laurence, il est liquéfié, probablement?
-  Le fait est qu'il n'est pas brillant. Je me demande comment une femme peut s'amouracher d'un type comme ça.!
-  Vraiment? Pourtant, il a beaucoup de sex-appeal.

Je restais sceptique.

  • Une mauviette comme lui?

Sophia rit franchement.

  • Pourquoi les hommes se figurent-ils qu'il faut être construit comme un déménageur pour séduire une femme? Du sex-appeal, Laurence en a bel et bien. Mais je ne m'étonne pas que vous ne vous en soyez pas aperçu...

 

Agatha Christie, La maison biscornue

Alors pourquoi passer du temps à la musculo-gym? Ils ont peur. Peur de ne pas être à l'aise, et leur seule garantie d'être à l'aise, c'est de s'approcher le plus possible d'un stéréotype. Ces gens sont bien des victimes stupides. Voilà de la stupeur. La stupéfaction viendra à l'identification du bourreau. A vous de jouer.

29.10.2007

STUP: SEXE 3

Alors, le sexe tout au long de la vie? Concrètement, non. Tante Madeleine en est l'exemple même. Mais idéalement? Des parties de jambes en l'air à la maison de retraite, c'est cohérent? Si on retire le blocage mental qui nous rend cette idée dégoûtante, rien ne s'y oppose. Chacun fait ce qu'il veut.

  • Oui mais redescends sur terre Corinne. On peut pas juger de ça, on l'a pas vécu, on peut pas...

  • Bien sûr, mais il faut bien avoir une opinion!

  • Et je me vois mal aller demander à mon père s'il a une activité sexuelle!

  • Oulah! J'imagine sa tronche...

  • Non, sérieux, c'est leur problème, et ce sera le notre ensuite. C'est quoi cette tendance à mettre le cul au centre de tout? T'as plus de sous? Baise un coup! T'as plus de boulot? Baise un coup! Tes collègues t'aiment pas? Baise un coup!

  • T'es tout seul... Baise un coup! Eh bien non. Célibataire = condamné à tout foirer.

  • J'aimerais bien voir Chirac dire: « Vous êtes au chômage, vous êtes célibataires et vous galerez... Tant pis pour vous, le gouvernement ne peut pas marier tout le monde! »

  • « Moi, si j'ai réussi, c'est grâce à Bernadette. Un sondage négatif? Hop là, un petit tour dans la chambre à coucher et c'est reparti. »

  • Un mars et ça repart.

  • Ceux-là, j'espère pour eux qu'ils ne baisent plus.

  • Ouais...

  • Enfin, c'est comme tout le monde. Même les cons évoluent, et apprennent à prendre du plaisir autrement. Faut pas oublier que le cul, malgré tout le plaisir auquel on peut l'associer, ça reste un truc qui sert juste à faire des enfants. A se reproduire. Si ils laissent faire tous ces trucs pornos et autres c'est toujours de la manipulation. Entre l'avancée dans l'entreprise, le foot et la chasse à la femelle, qu'est-ce que tu veux que les jeunes s'interessent à la politique?

  • Heureusement qu'ils sont irrésistiblement attirés par l'alcool, ça leur remet les pieds sur terre!

  • Buvez les jeunes, buvez!

  • Ahlala... Qu'est-ce qui faut pas entendre, j'te jure.

  • S'ils connaissaient le tiers des plaisirs non-sexuels qu'on a connu, nous, tu parles qu'ils feraient des études!

  • On était pile la bonne génération. Débarassés des trucs d'avant, et pas encore emmerdé par les principes de maintenant. On était libres. On faisait des trucs de fous. On était jeunes quoi!

  • On avait pas peur, surtout, tu crois pas que c'est ça? On tentait tout et n'importe quoi, le monde nous semblait pas dangereux comme à eux. Ils osent à peine sortir dans la rue... Ou alors après deux heures de préparations en tous genre! Enfin... C'était bien hein?

  • Sophie, je crois que je vais me réinscrire à la fac.

27.10.2007

STUP: SEXE 2

Impressionante la nuance entre tout ce que peut évoquer le mot « SEXE » en cette fin de première décennie de XXIème siècle (Platon! Dieu que le temps passe!) et ce qu'en dit notre petit dictionnaire de 1993. SEXE: 1. Caractéristiques physiques qui permettent de différencier le mâle de la femelle, l'homme de la femme. 2. Ensemble des individus de même sexe. 3. Organes génitaux externes.

Hugo est perplexe face à ces définitions. Alors la femme n'aurait pas de sexe? Quatre définitions, rien qui ressemble aux films interdits ou même aux clips de MTV. Approfondir le point 3... Seule piste interessante.

SEXUALITE: Ensemble des caractères et des comportements liés au sexe, à l'instinct sexuel. Voilà qui est plus clair. Quand la pauvre voix du R'n'B français parle de danser « façon sexe », c'est sûrement pour l'aider à repérer les « ultra-bonnasses ». Tout comme Super Zaza prend son super laser pour ratatiner les méga-méchants, une vraie bombe sexuelle, c'est une ultra-bonnasse, selon les racailles que cotoie Juliette. D'où peut venir ce terme? « Bonne », tout d'abord, permet de situer la chose: 1. Qui aime faire le bien [...]. 2. Qui réussit bien dans son travail. (Le rôle de la femme est donc de donner du plaisir à l'homme?) 3. Qui est d'une qualité satisfaisante. 4. Conforme aux règles morales et sociales. (Oui, il faut quand même être un peu à la mode et répondre aux critères physiques du moment... Patti Smith a bien été sex-symbol à son époque! Ce n'est pas universel!) 5. Agréable, savoureux. 6. Favorable. (Les mots parlent d'eux-mêmes...) 7. Juste, correcte, appropriée. (Pile poil ce qui me fait envie...) 8. Qui est important.

Moralité: si vous en trouvez une, ne la laissez pas s'échapper.

Ajoutons le suffixe -asse pour faire de l'adjectif un nom et en même temps y apporter un petit côté sale. Admirons au passage la proximité du terme « bonasse », soit « bon jusqu'à la niaiserie ». Terminons par le préfixe superlatif ridicule « ultra » pour obtenir... Un chat est un chat, une ultra bonnasse, pour celui qui utilise ce terme, est une grosse pute. Salope. Au moins potentielle. Que du bonheur. Impressionnant. Alan a bien compris l'idée, alors pour lui c'est devenu une insulte. Bien sûr vous vous retournez dans la rue en l'entendant dire « Espèce d'ultra-bonnasse! » à sa potesse pour se venger de la dernière vanne.

Autant de subtilité dans une telle vulgarité, c'est le serpent qui se mord la queue! Mais ce n'est pas fini, car on a toujours une face cachée, comme en témoignait Chantal la bourge. La plus complète dénigreuse d'ultra-bonnasses ne peut jurer n'avoir jamais, se laissant divaguer, rêvé de posséder le sex-appeal tout en courbes de Druuna par exemple (Druuna, Druuna, ...héroïne de BD bien sûr!). Vous ne la connaissez pas? Demandez à Hugo, voire à Alan, de soulever son matelas! Quoique, c'est quand même réservé au petit monde du dessin à bulles. Mais il y en a d'autres. Elles sont irrésistibles. N'importe quel jeune homme, même si c'est loin d'être le genre de personnes qu'il recherche dans la vie quotidienne, s'endort un soir de temps en temps en passant à l'une d'elles.

25.10.2007

STUP: SEXE 1

Alors tu n'es pas comme on voudrait que tu sois? Tu t'interesses à autre chose?

Sophie, elle, ne veut pas être la bourge pseudo-séduisante de la pub pour le soin des problèmes d'érection. On se remet en situation: la bourge est dans son salon, chic, propre, desinfecté et douillet si tu es toi même désinfecté, si tu ne pètes jamais et si tu n'as pas de salive dans la bouche... Car petit rappel, parfois on postillone, parfois même l'humain bave! C'est ça l'inconvénient avec la salive. Alors nous nous offrons la toute dernière invention des instituts Pharmacoma: Buccodry, pour des muqueuses sèches en permanence. Bref, vous l'aurez compris, la vieille bourge, sous ses aspects respectables, est une bête de sexe, une vraie chienne, une chaudasse aux courbes plus que généreuses. Vous pensez bien qu'avec sa fraîche cinquantaine est venue la maturité physique de laquelle toute minette rêve. Epanouie, Chantal sait tout de la séduction, et grâce aux progrès de la médecine et des cosmétiques, elle ravivrait la flamme de n'importe quel cadavre. Mais pas de ça! Elle est fidèle, la bourge! Fidèle à son mari, car ça sent le catho à plein nez, le faux catho, le catho du dimanche, la pétasse évoluée, donc, dans les deux sens de la locution: positif à l'horizontal, abject à la verticale. Méprisante, quand elle daigne faire attention à vous, mais vous ignorant dans le cas général. Chieuse, fière, mais avec une maison bien tenue, des enfants bien élevés, qui se sont fait une situation, comme on dit, et puis, les valeurs, les fameuses valeurs. On fait un petit chèque aux assos de charité quand on a le temps. Ah! Quel tableau alléchant pour Charles! Charles, le mari bien sûr, soit l'homme qui dégoûte Sophie. Mais le problème de Charles, hormis celui d'être l'équivalent masculin de Chantal (avec le bonus de l'homme, c'est-à-dire le costard, la classe élégante, l'argent, la stabilité, la sécurité qu'il incarne...), c'est qu'il a beau faire du sport, du tennis, du golf, son corps ne se conserve pas aussi bien que celui de son épouse. Il ne suit plus, le brave! Il ne peut plus assouvir tous les désirs de sa belle. « La première fois que Charles a eu des problèmes d'érection... » C'est la que le scénario s'éloigne de la réalité des personnages. Ils ne diraient jamais ça. Mais bon, c'est ça une pub, ça délivre un message, en l'occurence: « Vieux bourges! Libérez-vous! Osez! Et puis allez en parler à votre médecin, après tout c'est bien naturel! » Et de toutes façons, vous allez passer de plus en plus de temps avec lui dorénavant. Alors, dans la pub, Charles arrive derrière Chantal pour lui glisser un bisou dans le cou. On imagine bien sûr qu'il va ensuite lui arracher ses vêtements pour la baiser comme un fou! Mais pudeur, quand même. Autrement il faudrait aller à confesse.

Tout ceci pose de deux interrogations: le sexe... jusqu'à la mort? Et du coup: est-ce que le sexe c'est la vie?