27.09.2007
STUP: Stupidité...
Après ce lancement sur les chapeaux de roue, nous allons ralentir pour mieux nous concentrer... Car l'histoire autrement risque de s'éloigner de Sophie en prenant toutes sortes de directions, comme un étranger qui, roulant dans la ville de Lannion, s'amuserait à prendre n'importe quelle sortie à chaque rond-point, juste parce-que telle route semble plus interessante que telle autre, sans aucun autre élément de jugement, puisque c'est un étranger qui roule sans but.
Là, il y a une solution. Arrêter la musique, si vous écoutez un album, pour brancher RFM, par exemple, mais ça marche pareil avec de nombreuses autres radios. Avec un peu de chance, vous tomberez sur Claude Dubois. Comment ça c'est qui Claude Dubois? « ...Pour pouvoir dire pourquoi j'exiiiiiiiiiiiiiiste ». Ça y est? Vous avez trouvé? C'est cet illustre chanteur qui chante, du moins en général car d'autres la chantent aussi, la chanson dont le titre n'est pas moins illustre: « Le blues du business man ». Les plus calés en variétoch polycloche ont compris, et se disent « Ah, il s'appelle Claude Dubois? ». Les autres ne comprenent rien à ce charabia. Et bien, les plus incultes auront droit à ce moment de radiophonie sur papier qui gonflera les premiers:
J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiiste
Pour pouvoir faire mon numéroooooooooooooo
Quand l'avion se pose sur la piiiiiiiiiiiiiiiste
A Rotterdam... ou a Riooooooooooooooooooo
STOP. Ça suffit. Mais nous noterons au passage la richesse des rimes. Car après tout, elle est plutôt sympa cette chanson. Et étrangement, elle nous permet de prendre un rythme plus lent... Plus lent... Très lent... Sentez-vous la lenteur? Lenteur... Lenteur... Si vous la sentez, tenez-la encore quelques instants... Profitez du plaisir d'être lent... Très lent... Si agréablement lent... Vous n'y arrivez paaas? Nooooon? Maaaaaaiiiiiiiis pouuuuuuuuurquoiiiiiiiiiiiii? Aaaaaapliiiiiqueeeeeeeeeez ceeeeeeeeette lenteuuuuuuuuur ààààààààà voooootre cooooooooooorps...
Ça y est? Tâchez de maintenir cette lenteur même si l'écriture ne la respecte plus. Plus de respect. Nous emmerderons ceux qui veulent nous emmerder y compris lorsqu'il s'agit du petit déjeuner. Car Sophie trouve honteux qu'on veuille lui imposer une forme de petit déjeuner. Globalement, vous avez le choix entre l'ami Ricoré, souriant et énergique, Nutella, bienveillant et familial bien que plus adapté au goûter, et les innombrables petits déjeuner du gosse qui court mais que maman rattrappe pour donner à Léo un fruit, un gâteau énergétique, un jus vitaminé ou un produit laitier... Aaaah, heureusement qu'Ovoooomaaaaltine ne fait pluuuus de puuuuuubs à la télééééé... Lent... très lent... très... très... très... très... lent... Vous êêêêtes preeesque àààààà vouuuuus endooooooooormiiiiiiiiiiiiiiiiir.
Fermez les yeux.
TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT TUTUDUDUT Blam.
-
Mmm...
Debout! Hop la bouilloire. Sophie s'habille vite fait et court aux toilettes. En sortant, elle allume France Info et, au rythme de la voix masculine rapide, elle avale de grandes cuillerées de « Forme Flakes » mélangés à du lait, du sucre de canne et du chocolat en poudre. Le bol à peine finit, elle y jette un sachet de thé puis de l'eau bouillante, deux sucres, met le tout près de la fenêtre ouverte pour que ça refroidisse plus vite. En attendant, elle remplit son sac, lasse ses chaussures, se demande pourquoi elle a arrêté de fumer puis se brûle les lèvres en en goûtant son thé. Trop chaud. Tant pis. Elle l'avale d'un trait, se lave les dents, passe un coup d'eau froide sur son visage histoire de provoquer le choc des températures et court à sa voiture pour partir au boulot.
Tu n'es plus qu'une pauvre épave
Chienne crevée au fil de l'eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau.
Sophie passerait bien sa vie dans sa voiture. Comment un lieu aussi agréable peut-il être aussi nocif pour l'environnement? C'est exactement la vache déguisée en fleur, la voiture. La bonne vache maladroite, laide et sâle mais pas méchante pour un sou, gentille, acceuillante! Si tout le monde allait travailler à dos de vache, l'environnement y gagnerait mais on y perdrait « la sono » comme dit le patron du café ou Sophie va boire son café avant d'aller à la clinique, le café St Charles. Ce qu'il appelle « la sono », c'est les deux ou trois baffles qui diffusent Nostalgie dans la pièce. Il n'en reste que malgré cet esprit vieillot, cet endroit est le plus agréable, et le plus proche aussi de la clinique, de tous les cafés de la ville. Mais il faut bien en sortir! Comme de la voiture! Cruauté des matins qui mènent Sophie dans la rue où le vent essaie de la ramener au café. Mais elle marche, déterminée, comme un guerrier partant au combat, luttant contre le vent. Cruauté disions-nous? Sadisme, n'ayons pas peur du mot! Car ce vent qui fait s'envoler ses cheveux et qui se prend dans son manteau ouvert donne à Sophie, enfant des années soixante-dix et femme dans le machin chose alternatif, des faux-airs de Lara Croft. Et ça lui plait en plus! « Pouh! » se dit Sylvie, infirmière et femme actuelle, en écartant de ses doigts deux lattes des stores de la salle à café du troisième étage duquel elle aperçoit notre héroïne qui s'ignore.
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25.09.2007
STUP: Stupeur...
Enfin! Revenons-en à nos chèvres et à Yvon le boucher. Yvon est donc gros, gras, sâle. Il lui manque des cheveux, et il a un genre de demi-tablier en caoutchouc vert autour de la taille, ainsi que les bottes assorties. Attention, ces détails sont importants pour qu'il ne s'agisse pas de Jérôme, de Laurent... mais bien d'Yvon.
Bref, Yvon et Gilbert (le mari à barbe de Sophie), attachent la blanche créature bêlante à une corde pendue au plafond de la grange. L'hurlante à présent est, plus précisément, attachée en l'air par la patte arrière gauche. C'est à ce moment que Juliette, la fille ainée en crise de la maison, fait une pause dans le spectacle: c'est vraiment atroce.
Mais à dix-sept ans, curiosité s'impose, et elle pousse cette dernière jusqu'à regarder à l'intérieur du seau que Gilbert vient de rapprocher de la maison... De options se présentent alors à l'esprit de Juliette: vomir sur son père ou partir en courant. Les boyaux. Le sang n'est pas, pour ainsi dire, sa tasse de thé. En plus il est bizarre: le sans caprin est un peu lacté... Berk, chassons cette idée de ce pauvre cerveau qui a mieux à faire à cet âge. Laissons-le aller se réfugier devant la télé, où Hugo, le second, et Léa, la petite dernière, suivent déjà les aventures de Bradley et Djézonne sur la côte d'Azur.
-
Quoi? Ce n'est pas toi qui a écrit cette lettre? Mais alors...
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...
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Mais qui cela peut-il bien être? Il faut absolument que j'appelle Kimberley.
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Kimberley? Mais elle embarque en ce moment même pour la Corse avec Kévin!
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Kévin? Mais bon sang (Juliette frôle le malaise), je comprends tout! Cette lettre, Djézonne, c'est Kévin qui l'a écrite.
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Il faut prévenir la police.
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Non, le commissaire Vardier refusera de nous croire. Vite, dépêchons-nous! Qui sait s'il ne lui a pas déjà fait du mal!
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Mais dépêchez-vous! se croit obligée d'insister Léa, stressée.
DRIIIIIIIIIIIIIIING! DRIIIIIIIIIIIIIING!
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Léa, va répondre.
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Mais non!
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Kimberley!
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DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING!
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Léa va répondre tout de suite!
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Pfffffffff..
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Oh! Ma chérie...
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DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING!
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Putain t'es chiante hein! Allô?
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Allô... Juliette?
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Oui!
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Salut c'est Corinne. Ta mère est là?
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Oui, je vais la chercher.
Clang. Et, sur le pas de la porte:
-
Maaaaaaamaaaaaaaaaaaaaan! Tééééééééééélééééééééééééphooooooooooone!
-
Ouais dis que j'arrive!
En revenant vers la maison, Sophie retire ses gants de jardinage, de bricolage et de découpage de chèvre, les jette à terre et marmonne « Ras-le-cul d'ce truc. Ça sonne toujours au mauvais moment! ». Et puis, à l'intérieur, elle empoigne le combiné.
-
Allô... Ah, salut Corinne. Ça va bien? Ouais carrément, on est avec le boucher là... Dans vingt minutes? OK, pas d'problème.
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23.09.2007
STUP!
(Stupeur, stupidité, stupéfaction)
Un roman jamais fini sur l'avantage du dictionnaire dans un monde incompréhensible et casse-gueule.
Le monde nous envahit. Regardez autour de vous: il est partout. Impossible de s'en débarraser. N'est-ce pas la preuve que la liberté humaine n'existe pas? Chaque être doit donc se construire sa propre liberté à l'intérieur même de ce monde. C'est ce que fit Sophie, quarante-deux ans, infirmière.
Et voilà que Sophie, fichée, cataloguée, est entrée en scène. Elle est entrée dans votre monde. Sans que vous l'ayez choisi... Le monde dans lequel vous êtes entrés vous l'impose. Mais comme rien n'est complètement sans intérêt, vous allez pouvoir regarder par le trou de la serrure comment Sophie s'est construite, se construit, oriente sa liberté, évolue dans le monde par choix ou par hasard. Dieu sait que le hasard fait bien les choses.
Ah! Beauté du monde! On se fiche de toi.

Stup, stupeur...
Il suffit, pour commencer, que Sophie ait un mari... qui, dans leur grand jardin (ils habitent à la campagne), élève quelques chèvres. Et puis quoi? Autant en profiter pour avoir de la bonne viande pas chère! C'est ce que leurs amis font en tous cas... Donc on tue les jeunes boucs, quand ils sont encore chevaux. Mais pour cela, car si on suivait le chemin légal, on n'aurait pas fini! Donc pour cela, on appelle le boucher, Bernard. Bernard le boucher. Bernard a la tête de l'emploi. Pas que la tête, d'ailleurs... Bernard, c'est le vrai Bernard. Le Bernard-type. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, beaucoup de Bernard n'ont pas le physique du vrai Bernard... Ils ne sont pas dignes d'être des Bébères... Ou des Nanards... Ils sont victimes de toute cette génération de jeunes parents qui ont pu voir la douceur, la joie de vivre, l'harmonie... dans ce prénom (les soirs de pleine lune surtout).
Remarquez que le boucher pourrait tout aussi bien s'appeler Yvon. Ça lui irait même mieux. Bien entendu, l'analyse du prénom Bernard est valable pou Yvon aussi... On peut même la compléter, Yvon a un avantage: le goût du terroir. Par exemple, le beau héros à la grosse trentaine de la saga de l'été peut s'appeler Yvon. Ce n'est pas choquant, ça donne du style. Par contre, le jeune de la série pour jeunes doit éviter Yvon et Bernard. C'est plus sérieux de s'appeler Bradley ou Jason (attention pour les puristes, nous parlons bien de Djézonne) quand on habite à St Trop'.
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18.08.2007
Attends, là...
Lui, il voudrait le faire tout le temps, dès que les petits sont couchés. Il n'arrête pas de l'appeler pour lui dire qu'il l'aime... Et il l'aime, j'crois bien. Il avait seize ans quand il l'a encontrée. Avec sa petite gueule de beau gosse, son visage... fin, ses traits bien définis, il avait dû en séduire déjà une bonne louchée, mais quelque chose a fait que cette petite blonde de quinze ans, il l'a trouvée belle et voilà, ça fait quatre ans.
Quatre ans dans la face, quatre ans d'un amour de jeunesse sans grand intérêt, croyez-vous? Quatre ans à se priver d'une vie plus vagabonde? C'est tout l'inverse. Vingt ans. L'âge où tant de petits fils et petites filles à papa sont encore en crise, ou tant d'étudiants glandent sur des terrases, ou tant de guignols s'habillent chez Nike et se donnent des airs ridicules pour traverser la rue. D'ailleurs les miens, là, ceux dont je vous parle, Aurore et Kevin, ils ont leurs petits côtés comme ça. Ils passent inaperçus dans ce flot de jeunes. Grands, beaux, habillés selon les derniers critères à la mode... Elle est maigre, bien coiffée, avec un pantalon serré et un « haut bleu azur » moche, étroit, qui met sa poitrine en valeur. Il a un genre de chemise large aux épaules pour les larges d'épaules et un jean bien droit, du gel dans les cheveux en brosse, on va dire. Il a l'air fin et musclé. Ils iraient bien en boîte. Et pourtant... Ce petit couple de petits cons sont des jeunes parents. Leur petite fille est née quand Aurore débutait son année de terminale, le petit garçon il y a dix mois, avant qu'elle ne décide de se lancer dans une fac de médecine. Cette pétasse qui rigole tout le temps est en fait une jeune femme courageuse, qui à dix-neuf ans se lance dans une filière sélective avec deux enfants en bas-âge dont une avec laquelle elle a passé son bac. Et l'air de rien, comme si c'était simple! Elle s'en fout, elle le fait, elle n'attend pas de compliments! Lui, il est cuisinier. Il a fait un CAP. Il ne connait pas le mot « culinaire », il a d'ailleurs peu de vocabulaire et s'exprime mal. Il est beau, très beau, il sourit, il rigole, il accepte qu'on se moque de lui, et il adore sa vie, on dirait, il aime son petit resto sympa pas trop près de Paris ou il fait des « plats du jour », des entrecôtes et d'autres viandes pour des menus à 9 et 15 euros. Ils ont un appart.
Alors je sais pas, peut-être qu'elle est ridicule de s'engager dans la médecine, peut-être que c'est leurs parents qui s'occuppent tout le temps des gosses, peut-être... Je ne connais rien de leur vie et ils illuminent ma pauvre télé. Ils ont juste l'air heureux. L'air de dire « On est amoureux, on est super bien ensemble, on a fondé notre famille alors qu'on à peine quitté la notre et c'est génial, on est vivant et on est bien, voilà. Et on va le rester. » Ils ont l'air magnifique.
Vous savez où je les ai vus ces gens? A la télé, oui, en prenant mon petit déj' vers onze heures et demie. A cette heure là, il y Joël Robuchon, Le destin de Lisa et Les Z'amours. Si je m'attendais à voir ça aux Z'amours. C'est con les Z'amours, non?
Et c'est con cet espèce de ton solennel que je prends dès que j'ai été émerveillé par quelque chose, par exemple aussi les échasses dans les festivals médiévaux ou autre. Vous voyez pas le rapport? Ça m'émerveille. J'me détends. Ben là, j'ai été émerveillé. J'ai eu envie de les connaître, comme d'autres ont envie de rencontrer les « stars », et en les voyant, ils se mettent les mains sur la bouche grande ouverte, comme leurs yeux sont prêts à verser une petite larme d'émotion. J'étais un peu dans cet état là, mais un peu plus amusé, parce-qu'ils rigolaient, je partageais sans les connaître. Etre dans cet état-là devant France 2 à onze heures et demie, je vous raconte pas, je dois être la pire victime de la télé au monde.
J'm'en fous. Ça fait du bien de voir des gens bien.
Mes chers Aurore et Kevin, si vous tombez sur ma note... Ouais, bon, si vous tombez sur ma note, par hasard, tout est possible après tout... Un grand salut de la part d'Ivi Kromm. Avec toute mon amitié.
18:10 Publié dans Par la longue vue... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, écriture, tordu, médias, amour, nouvelles et textes brefs, société
16.08.2007
Le jeune homme

Chronique du jeune homme
De quoi as-tu peur, jeune homme?
Toi qui n'en finit plus de te construire?
Tu voudrais que l'on croque ta pomme
Savoir où mènent tes délires.
Comme il doit être gênant de te voir aujourd'hui!
Anxieux, tentant d'être discret
Mais toujours en avant, forcé à fuir!
Ton corps en qui tu n'as plus confiance
De ton zèle te fait payer le prix
Un prix bien sâle, puant à souhait
Le jour où tu te dis « J'avance! »...
Ta vie avance... et ton esprit?
Ton corps s'acharne, ton corps suit
Te rappelant que si tu dors
Tu n'auras rien fait, à ta mort.
17/07/07, train Brest-Guingamp
Mais oui tout va bien, même si le temps fait pas ce qu'ont prévu les mecs en costard. Ivi voudrait que chacun ait une vie utile, et comme dirait Chrissie, "I wanna die for something" et d'ailleurs on est tous des chats. Tu le crois ça? Ivi Kromm a l'air sérieux, il est complètement barj. Il fait des trucs qui veulent rien dire. Et ça tu le crois? La photo, c'est un mec qu'a pas forcément grand chose à voir avec Le Jeune Homme, mais c'est un loubard et il m'intéresse.
18:25 Publié dans Chroniques de la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, poésie, tordu, voyage, garçons, écriture, rock
08.08.2007
Y

Mon étrange initiale m'invite au voyage
Son nom même suscite la curiosité
Elle entraîne le rêve hors des classiques cages
Sous la protection d'Yves, le regard de Yahvé.
Concrète elle m'enchaîne au pays par mon nom
Pourtant ce qu'elle inspire ici est fou, magique:
C'est la grande et belle Ys, jetée dans l'Atlantique
Car ce « i » est liquide et soigne en Yverdon!
Il est d'important fleuves; Yalujiang, Yamuna;
Qui l'envoient vers Sydney, le Yemen, ou l'Afrique;
Il rayonne au Cameroun, peuple le Nigéria;
Nage jusqu'à Stanley, traverse l'Amérique;
Sort par le Yukon ou le Yucatán maya,
Pour l'Europe de Yourcenar plus que Yalta!
Aux alentours d'1h30
Le Bouguen
6/6/7
...
"Initiale, initiale, mais Ivi ça commence pas par un Y!
Ben... J'comprends pas là..."
18:35 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, tordu, Littérature, dessin
01.08.2007
Sourires enivrés
Oh non, je ne veux pas être sur ta photo
Je m'en vais l'étranger, tu ne sais rien de moi
Je ne suis pas assez surprenant, drôle ou beau
Vois ces sourires enivrés, ils sont à toi.
Ne me poursuis pas, l'étranger, reste avec eux
Vois ces choses à partager, laisse moi fuir
Reste si tu cherches du plaisir, l'homme bleu
Car auprès de moi tu n'as qu'une chose à dire.
Qu'importe le contexte et vive l'émotion
Je ne suis que flammèches de vie, sensations
Alors aime-moi the earth and the sun above
Je suis une musique emporte moi l'esprit
Tu peux tout obtenir sans être mon ami
So take me in your arms and love me, love me, love...

04 heures du mat', retour de Liberté
Nuit du 16/05 au Bouguen.
Listening to Morrissey
Get feelings
18:55 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, tordu, amour, poème, musique, cinéma, poésie
09.07.2007
Par les artérioles
Avec l'aurore tôt se lève une voix claire
Une voix qui grandit et qui répend ses mots
Elle s'installe ainsi aux recoins de la Terre
Et résonne un peu fière: dans le bois des sabots.
Ainsi donc elle guide celui qui la foule
Le pénétrant parfois d'une brûlure acide.
La saillie hors-la-loi! "Qui es-tu qui me saoûle?"
Haletante s'écoule de la bouche avide.
"Je suis la sensation, mon amant sensoriel
Je suis la décision, je suis aussi le fiel
Je suis le fifrelin ou le fifre endiablé.
Je suis le lamparo mais questionne sans cesse
Je provoque et rassure, je profane et professe
Je suis toi mon enfant de prodigalité!"
1er Avril 2007, le Bouguen.

But Tom shot her in the right place
Now she doesn't need money anymore...
She works.
She hides.
She defies everyone, even herself
And mostly:
She lives.
27/06/07
13:20 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, Art
05.07.2007
Résurrection
Je commence à fatiguer, je remercie l'hôte
Je salue les invités et quitte la pièce
Mais dès la porte fermée - Ô mon coeur, ne saute! -
J'entends mon nom s'élever. Dieu! Qu'il disparaîsse!
Ah, le salop, l'infâme, comment peut-il oser?
Le traître fou sans âme! Assassin! Meurtrier!
Je ne demande rien, on me condamne à mort:
Voilà un trou rouge dans le dos de mon corps.
Puis-je me relever? Je veux combattre encor
Prouver au monde entier que me tuer est un tort
Qu'il faut me soutenir! Que j'ai déjà souffert!
Qu'importe si l'usage et mon coeur à la fois
Me disent "Tu ne sais rien! Va-t-en! Méfie-toi!"
J'attrappe la poignée pour regarder mon frère.
22/03/2007 le Bouguen.
17:20 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, catholicisme
01.07.2007
Le funambule
Sourire aux lèvres, tu évolues dans la ville
Sans soucis, les mains dans les poches, regarde en l'air:
Je suis le funambule, me vois-tu sur mon fil?
Regarde-moi courir: vais-je tomber à terre?
Ainsi donc tu t'interroges. Qui puis-je bien être?
Je t'aurais répondu avec plaisir, hélas...
Comment se parler, quand nous séparent ces mètres?
Une force me pousse mais aussi me lasse.
Je t'aurais répondu? Soit, je suis malhonnête
Mais sais-tu quelle idée me passe par la tête?
Il me vient une envie de la fuir en tombant!
Pourquoi serait-ce toi plus qu'une autre en ce monde?
Si tu ouvres tes bras dans ma chute profonde
Je trouverai la réponse en te découvrant.
Brest-même, le 20 mars 2007.

16:35 Publié dans Trève de Juillet | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ivi kromm, juillet, poésie, poème, amour, tordu, funambule
