18.06.2008

La zone

De retour dans la zone, j’attends
On m’a fouillé, regardé
Sous toutes les coutures
Vérifié mes papiers
Observé ma figure
Et placé dans la zone où j’attends.
Au milieu d’un désert de déchets, de buildings
Qu’on ne traverse à pieds qu’en cas de catastrophe
J’ai été trimballé de parking en parking
A cet énorme endroit où l’on vent des étoffes,
Où l’on vent des produits luxueux et mondains
Au son de morceaux creux supposés à la mode
Qui apprécie ce monde où l’on respire en vain ?
Se voulant libre il est pourri de codes.

Je vais entrer dans la machine
Qui va me transposer
Sur une terre voisine où l’on va me sauver...
Et nous irons alors oublier ces moments
Dans un troquet en ville où d’innombrables gens
Des petits, des tranquilles parleront du temps.
Et sans entraves enfin je serai sans tourments.

Birmingham 04/05/08

28.02.2008

Un peu de soleil, et tout à coup quelque chose se passe... Bien sûr c'est un désastre écologique, mais tant pis, on a lutté, alors maintenant, vivons.

Partout sur la montagne, sur la ville qu'elle abrite, un soleil radieux illumine la vie. Une chaleur heureuse sur les rochers froids que la mer engloutit avant de disparaitre et partout sur la plage des gens vont et viennent; les parents aux pas tranquilles, les enfants qui gambadent et gravissent le moindre amas de graviers...
Des jeunes. Des lycéens aux pantalons courts, les pieds nus et la bière à la main tournent autour de nous le torse fier et la tête touffue. La jeunesse. Je me voyais vieillir, je l'avais oubliée, les bonheurs incroyables, le bien-être anodin de ces jours d'été dans l'hiver froid, cette sensation d'une vie facile et généreuse car après tout le monde se fout bien de nous et nous nous en foutons puisqu'on est heureux.
Et je suis là seul avec mes souvenirs, perché sur un coin d'herbe puisque je suis parti en explorateur, je suis là et soudainement me reviennent les douceurs d'un passé proche mais enfoui, Coco et Pierricko sur le rocher rouge, Rozenn à la terrasse d'un café, Chato et Elod dans l'herbe près d'une tente, Guylaine au volant de la liberté, Klervi bourrée qui délire et tant d'autres, Anno il y a longtemps, le sourire de Tang et l'insouciance, l'insouciance bien consciente que le monde nous appartient et que toujours on y trouvera un morceau de pain, un diabolo et une clope.
Mon foyer du moment pourrait bien s'écrouler sur tous mes objets...
Je suis là sur la roche entouré de cette odeur d'herbe folle, autour de moi l'essentiel: ma veste, mon stylo, mon sac à dos.
Je suis toujours vivant.

9/2/8 Constitution Hill.

21.09.2007

C'est reparti

Well, I've got to run to keep from hiding,
And I'm bound to keep on riding.
And I've got one more silver dollar,
But I'm not gonna let them catch me, no,
Not gonna let 'em catch the midnight rider.

And I don't own the clothes I'm wearing,
And the road goes on forever,
And I've got one more silver dollar,
But I'm not gonna let them catch me, no
Not gonna let 'em catch the midnight rider.

And I've gone by the point of caring,
Some old bed I'll soon be sharing,
And I've got one more silver dollar,
But I'm not gonna let 'em catch me, no
Not gonna let them catch the midnight rider.

"Midnight Rider"
Allman Brothers
Idlewild South, 1970


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"Fermez la porte, j'passerai par la fenêtre!"

16.08.2007

Le jeune homme

Chronique du jeune homme

De quoi as-tu peur, jeune homme?
Toi qui n'en finit plus de te construire?
Tu voudrais que l'on croque ta pomme
Savoir où mènent tes délires.
Comme il doit être gênant de te voir aujourd'hui!
Anxieux, tentant d'être discret
Mais toujours en avant, forcé à fuir!
Ton corps en qui tu n'as plus confiance
De ton zèle te fait payer le prix
Un prix bien sâle, puant à souhait
Le jour où tu te dis « J'avance! »...
Ta vie avance... et ton esprit?
Ton corps s'acharne, ton corps suit
Te rappelant que si tu dors
Tu n'auras rien fait, à ta mort.

17/07/07, train Brest-Guingamp

Mais oui tout va bien, même si le temps fait pas ce qu'ont prévu les mecs en costard. Ivi voudrait que chacun ait une vie utile, et comme dirait Chrissie, "I wanna die for something" et d'ailleurs on est tous des chats. Tu le crois ça? Ivi Kromm a l'air sérieux, il est complètement barj. Il fait des trucs qui veulent rien dire. Et ça tu le crois? La photo, c'est un mec qu'a pas forcément grand chose à voir avec Le Jeune Homme, mais c'est un loubard et il m'intéresse.

Le voilà.

29.06.2007

LE MOIS PROCHAIN

   La politique, l'actualité... C'est prenant, passionnant, énervant, fatigant. Dix mois déjà qu'Ivi s'y prend, se passionne, s'énerve et se fatigue pour vous composer ses commentaires, variables dans tous les sens..., et en piocher d'autres dans ses restaurants préférés. Alors au mois de Juillet, les ordinateurs se faisant plus rares pour cause de vagabondage accentué, et la tête se faisant plus légère, Ivi vous propose une série de sonnets plus personnels ou strictement artistiques qu'il a rêvé tout au long du printemps. Il n'oublie pas la revanche littéraire. Ses éventuels fruits de Juillet apparaîtront début Août, et clôtureront l'été.

   Que le charme et l'extravagance soient à vos rendez-vous!

   A bientôt. 

 

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05.06.2007

Heiligendamm, sept hommes, une dame.

FACE A LA FAIBLESSE, PAS D'EPUISEMENT!

Entre deux joggings présidentiels, Sarkozy va donc se rendre à Heiligendamm pour jouer au poker et au pouilleux avec ses collègues. L'endroit:

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Sympa, non? Dans un cadre aussi magnifique, ils vont bien finir par le trouver, ce point! Et à huit... Je vous raconte pas la bonne... Enfin, ils vont bien s'amuser, en tous cas c'est tout ce qu'on leur souhaite dans un tel endroit. S'ils pouvaient se contenter de ça!

Il y a longtemps bien sûr que l'espoir est mort
Que de résignation pointe la faible aurore
Matin après matin par la vitre embuée.
Pourtant son grouillement se fait toujours entendre...

Des anciens, des nouveaux réseaux têtus, bornés,
Anti-pédagogie, refusent de comprendre
La blanche vérité démontrée par l'Etat!
Mais qui peut croire encore au bien-fondé des lois?

C'est l'art qui ces temps-ci fait fleurir cet espoir
Il sort sans prévenir révélant sa puissance
Puis repart se cacher se prétendant inerte...

Et encor des milliers se rassemblent à perte
De vue! Des musiciens partis pour veiller tard
Que la Terre revoit le duel paix-violence!

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Face à la faiblesse, pas d'épuisement, Carhaix, après-midi du 02/06/07.

Contre le G8, une explication assez synthétique, qui vient d'Attac.
Ivi Kromm n'appartient à personne, il crée du lien quand ça peut être intéressant pour la compréhension des évennements.

18.05.2007

Une nouvelle couche sur l'exil.

Départ

J'ai pris ma voiture au matin
Ce matin froid, ce matin clair
Le givre sur la vitre arrière
Je l'ai dégagé au burin.
Je n'ai dit adieu à personne
J'ai quitté ma maison, ma ville
Jeté les clefs, battu des cils
La route m'avait à la bonne.
J'ai passé, dépassé les bornes
Les mains serrées, le regard droit
J'étais sincère j'avais foi
Dans le matin... Le matin morne.

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J'ai hurlé ma peine au volant!
Au bas côté, rendu ma rage
Comme je perdais tout courage
Pleuré ma honte en revenant!

Je ne vais pas abandonner.

Mon vieux pays je suis à toi
Je vais tenir le long combat,
A tâtons: retrouver les clefs.

11/05/2007
Le Bouguen.

Et puis d'autres fois...
J'ai rien fait, pourtant.

14.05.2007

Plus loin que la nuit et le jour

Voyage

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Voilà encor l'été! Mais pour rien je ne veux
M'évader dans le clos d'un chevaleresque âne
Avec de viles chiffes, gros colimaçons creux
Ironie de la fleur qui au soleil se fane!

Tant qu'à me retrouver sur le sol chérifien
Je ne vais pas moisir, faiblard au bord de l'eau
Je veux fouiller, chiader, les souks tôt le matin
Trouver le perroquet qui dit "Coco! Coco!"

Et dans cette chienlit je veux devenir fou!
Me mettre au chuintement, m'écorcher les genoux
Décorer mon falzar, me tartiner de fange

Et puis rentrer le soir, le regard fatidique
Compter mes vieux fafiots pour une chambre épique
Enfin pourvoir rêver à des fumées étranges...

Minuit, le 02/04/2007
Le Bouguen.